I. — La situation
La première quinzaine du mois de février a été une bonne période pour les terres. Quelques légères gelées, survenues après que le sol avait été complètement dégelé, saut* dans les régions élevées, n'ont pas atteint dans des proportions sensibles les jeunes céréales. Celles-ci paraissent avoir généralement bien résisté aux froids rigoureux du mois de janvier; sans doute, il y a comme chaque année, des places atteintes ; mais, dans l'ensemble des champs, si les feuilles ont jauni, le pied a conservé sa vitalité, et l'on peut compter sur une reprise vigoureuse de la végétation. Celle-ci sera aidée par l'excellente pratique, qui se généralise de plus en plus, de pousser cette reprise par l'épandage d'une certaine quantité de nitrate de soude. Mais, comme nous l'avons dit déjà à maintes reprises, on doit user de la plusgi^ande prudence dans l'emploi de cet engrais, pour ne pas donner la prédominance à la végétation herbacée, prédominance qui provoque la verse et, tout au moins, retarde la maturité. Des doses de 75 à 100 kilog. par hectare sont suffisantes dans la majorité des cas, et ce n'est qu'exceptionnellement qu'on pourrait dépasser, sans danger, celles de 125 à 150 kilog., surtout dans les terres qui ont été préalablement bien nourries.
Quand les terres seront bien égouttées, les travaux de labour reprendront, et l'on peut espérer que les gelées auront eu pour résultat de purger le sol d'une grande partie des larves et des insectes qui y trouvent abri pendant l'hiver. Pour peu que l'hiver n'ait pas de retours trop offensifs, la préparation des terres pour les semailles de printemps se fera dans de bonnes conditions, circonstance primordiale pour l'avenir des cultures.