LES SYNDICATS AGRICOLES ET LES DÉPOTS D'ENGRAIS
Mais il est une chose sur laquelle nous voudrions appeler l'attention des membres des syndicats, chose qui d'ailleurs fonctionne déjà dans bien des arrondissements et départements, notamment dans la Mayenne où elle produit d'excellents résultats pour ce qui a trait aux quantités vendues ; nous voulons parler des dépôts d'engrais dans les principales communes ressortant à un syndicat quelconque.
On comprend très bien que lorsqu'il n'existe pour un syndicat qu'un seul dépôt central, soit au chef-lieu de département, soit dans un canton quel qu'il soit, les cultivateurs éloignés de ce centre hésitent à parcourir une longue kyrielle de kilomètres pour faire l'acquisition de 2 ou 3 quintaux de nitrate de soude. Le jeu n'en vaudrait pas la chandelle; cela entraînerait à des frais hors proportion a\ec le résultat espéré de l'achat. Le petit cultivateur aime mieux alors y renoncer ou, ce qui ne vaut pas beaucoup plus, se confier à des commis-voyageurs qui sentendent parfaitement à le tromper sur la teneur de la marchandise ou à lui vendre les substances beaucoup plus chères qu'elles ne sont dans les mercuriales du commerce.
Tandis que si dans toutes les localités où se tiennent des marchés importants, les syndicats avaient des entrepositaires, le cultivateur ne se trouverait pas en face d'une des deux alternatives que nous venons de citer : renoncement aux engrais chimiques ou achat de ces matières près de commerçants plus ou moins susceptibles de le faire se fourvoyer.
Les quantités actuellement vendues seraient certainement bien augmentées. Et l'agriculture n'y perdrait pas. J. Pérette,
Professeur à l'École des Mercliines (Meuse).