SUR L'EXPOSITION DE VINS DE TOULOUSE
Vins blancs. — A l'exception de Gaillac, nos contrées ne produisent guère de vins blancs. Les vins de Gaillac possèdent delà finesse et du moelleux, et prennent aisément la mousse. S ils étaient convenablement champagnisés, ils se montreraient tout à fait limpides et dégagés d'un goi^it de lie qui en masque le charme. Le Cavalié entre, pour la grosse part, dans leur production; c'est un cépage distingué, laissant loin derrière lui la Ghalosse et le Mauzac, si répandus dans la Haute-Garonne ; mais je n'ose pourtant le mettre sur la même ligne que le Sémillion, le Sauvignon et la Muscadelle, qui, sur jeunes vignes, ont produit chez M. d'Hébray, au Mas-Grenier (Tarn-et-Garonne), des vins excellents, rappelant les Barsac et les Sauterne. Le vin de Sémillion seul, de M. Mailhos, est aussi fort agréable.
Si l'on considère que le Sémillion, à maturité plus hâtive que le Mauzac, est aussi fertile que lui, l'hésitation entre les deux n'est pas possible.
M. E. Hébrard nous a présenté un vin de Riesling, frôle et très délicat, qui donne bien à l'œil et au palais l'impression d'un vin du Rhin, et un autre vin de Marsanne et Roussanne, ayant du corps et du moelleux, qui, quoique récolté sur les côtes de Fronton, ne paraît pas sensiblement différer du vin des mêmes cépages de Gôte-Rotie.
Ne faut-il pas en conclure que, sans méconnaître l'influence. du sol, du climat et de l'exposition, les cépages transmettent aux vins qui en dérivent le goiit qui leur est propre et que, par suite, leur rôle est tout à t'ait prépondérant ?
Pour en revenir à notre Mauzac, je dirai que, s'il convient de le garder comme raisin de conserve pour la table, il serait avantageux, pour les cuvées, de lui substituer le Sémillion, qu'on fera bien d'accompagner d un quart de Sauvignon et Muscadelle.