‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 189 sur 691 · II. — Marché du bétail sur pied · texte numérisé non relu

II. — Marché du bétail sur pied

S* quai.

Ir.

qualité,

Animaux amenés. Invendus,

Poids

moyen gênerai kil.

Cours officiels

Cours des commissionnaiiee en bestiaux.

qjal. quai.

Bœufs..

Vaches 566 64 233 1 44 1.2 >

Taureaux... 231 26 4iO 1.22 1.14

Veaux 1,072 42 80 2.10 1.90

Moutons 11,536 875 20 1.92 1.78

Porcs gras.. 4,735 74 78 1.54 1.50

— maigres. . » » » » »

Vente calme sur le gros bétail, bonne sur les veaux et les porcs, difficile sur les moutons.

quai.

Prii extrêmes.

quai.

quai.

3" quai.

extrêmes.

BOITE AUX LETTRES

A. L., à D. {Ardèche). — C'est Lien à cette époque qu'il convient, comme vous le pensez, de procéder aux traitements d'hiver contre l'anthracnose de la vigne. Le procédé à suivre consiste à badigeonner les ceps et les rameaux avec une solution de sulfate de fer concentré à 50 pour 100. On l'applique à l'aide de chiffons ou d'épongés, en ménageant les bourgeons. La solution étant caustique, on doit la manier avec précaution.

M. P. (Marne). — Vous demandez s'il serait utile de marner une terre que vous vous proposez de mettre en prairie, et s'il conviendrait de faire un fort marnage. Il est toujours utile de procéder au chaulage d'une terre calcaire que l'on se propose de mettre en pré ; d'après M. Joulie, le chaulage à raison de 2,000 kilog. de chaux par hectare est

la règle indiquée dans ces circonstances. Quant à la quantité do marne qu'il convient d'employer pour atteindre ce résultat, elle dépend de la nature môme de la marne et de la proportion de calcaire que celle-ci renferme; cette proportion peut varier, en effet, depuis 50 pour 100 jusqu'à 95 pour 100, suivant les marnes. — Vous demandez, en outre, quelles sont les graines à semer et quelle en est la proportion pour une terre un peu fraîche. Voici une formule qui peut convenir dans un cas semblable; elle ne renferme que les meilleures plantes à introduire dans une prairie.

On sème, par hectare, un mélange de 5 kilog. de ray-grass anglais. 5 kilog. de pâturin des prés, 2 kilog. 500 de vulpin des prés, 2 kilog. 500 de ray-grass anglais, 2 kilog. 500 de fétuque des prés, 2 kilog. de dactyle pelotonné

BOITE AUX LETTRES

500 grammes de fléole des prés, 3 kilog. 500 de trèllo blanc, l kilog. 500 de trèfle hybride et 1 kilog. de trèfle des prés. La proportion en poids est de 40 pour 100 de graines de légumineuses et de 60 pour 100 de graines de graminées.

E. D. [Seine-et-Marne). — Vous dites qu'ayant fait analyser vos terres, elles manquent d'acide, et vous demandez par l'emploi de quel engrais on peut y remédier. Nous regrettons de ne pas pouvoir donner de réponse à uoe question ainsi posée, car elle est trop obscure. S'il s'agit d'acide phosphorique, comme la chose nous paraît probable, la réponse est tout indiquée : on doit avoir recours aux engrais phosphatés, soit sous la forme de phosphates tribasiques, soit sous celle de superphosphates. Le choix à donner à l'une ou à l'autre de ces formes d'engrais phosphaté dépend de la nature du sol et des récoltes à obtenir : en règle générale, les superphosphates donnent les meilleurs résultats pour la culture des céréales dans les terrains argilo-calcaires ou calcaires ; les phosphates peuvent donner de meilleurs résultats dans les terres de landes, et dans celles qui ont été récemment défrichées.

E. i?., à C. {Alf/érie). — En ce qui concerne l'élevage des oiseaux de bassecour et l'emploi des couveuses artificielles, vous pouvez consulter les ouvrages sur la basse-cour de M. Er.

Lemoine, de M. Rouiller etde M. Yoitellier, que vous pouvez vous procurer à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Grermain.

E. R., à G. [Marne). — ■ Vous avez eu, à quatre reprises depuis un mois, des cas d'avortement dans votre étable; ces cas paraissent dus à l'avortement épizootique. Dans ces circonstances, la méthode à suivre est celle qui a été indiquée par M. Nocard. Lorsqu'une vache avorte, on doit la délivrer immédiatement à la main, détruire par le feu ou l'eau bouillante le fœtus elle délivre, irriguer la cavité utérine à l'aide d'un long tube en caoutchouc conduit jusqu'au fond de l'organe, avec huit à dix litres d'une solution tiède composée comme il suit : eau distillée, 20 litres; glycérine, 100 grammes; alcool à 30°, 100 grammes; bichlorure de mercure, 10 grammes. On doit isoler les bêtes malades, et chaque semaine gratter et

nettoyer à fond le sol de l'étable, et l'arroser avec une solution de sulfate de cuivre (non de sulfate de fer) à 40 grammes par litre. On doit, chaque semaine aussi, pratiquer sur les vaches pleines une injection, avec une seringue à cheval pleine de la solution tiède indiquée plus haut; enfin, chaque matin, au moment du pansage laver soigneusement la vulve, l'anus et la face inférieure de la queue de toutes les vaches pleines avec la même solution. On a, dans diverses circonstances, obtenu d'excellents résultats, dans des étables infectées, par l'emploi de cette méthode. Votre propriété est close, d'ur^ côté, par un mur mitoyen, élevé à frais communs; votre voisin a pratiqué, de son côté, des fouilles qu'il a négligé de remplir; la poussée des [erres, jointe à l'action des gels et dégels, affaiblit la base du mur qui menace de tomber ; vous demandez si le relèvement sera à la charge des co-propriétaires ou de celui qui en aura provoqué la chute, faute d'entretien. Les co-propriétaires doivent entretenir le mur mitoyen en bon état; celui qui aura négligé de faire cet entretien est responsable des conséquences que sa négligence peut entraîner; mais il est prudent de faire constater cette négligence, en le mettant en demeure d'eft'ectuer les réparations qui lui incombent.

A. T., à C. (Nièvre). — Vous vous trouvez bien, depuis quelques années, de la culture du blé noir comme fourrage dérobé, et vous désirez en faire l'ensilage pour la consommation hivernale ; vous demandez si cette pratique serait bonne. Les essais de l'ensilage du sarrasin, qui ont été faits, n'ont pas donné d'aussi bons résultats que les maïs, les luzernes et même les herbes de prairies ; il arrive, en effet, que le sarrasin ensilé se transforme facilement en une masse visqueuse que les animaux refusent de consommer. Ce ne serait cependant pas un motif absolu pour ne pas tenter de nouveaux essais; mais il faudrait veiller avec soin à éviter toute introduction d'air et à obtenir une pression bien régulière.

Avis. — Les lettres et communications relatives à la Boîte aux lettres doivent être adressées à la Rédaction du Journal de l'Agriculture, 2, carrefour de la Groix-Rouge, à Paris.

Le Gérant : A. Bouché.

CHRONIQUE AGRICOLE (25 février 1893).

Publication, par la direction générale des douanes, des résultats du commerce de la France pendant le mois de janvier. — Comparaison des importations et des exportations pendant les mois

f correspondants des années précédentes. — Accroissement dans la valeur des e.xportations. — Le mouvement des métaux précieux. — Nouvelles protestations contre les dispositions de la loi sur le régime des boissons. — Pélilion adressée au Sénat par le Syndicat de l'arrondissement de Pont-Audemer (Eure). — Visites du Ministre de l'agriculture à l'Institut agronomique, à l'Ecole nationale d'agriculture de Grignon. à l'Ecole nationale d'horticullure de Versailles et à l'Ecole vétérinaire d'Alfort. — Les dates des exposilions de bétail à l'Exposition universelle de Chicago. — Mesures prises par le Gouvernement américain. — Protestation du Comité du bétail français. — La lièvre aphteuse et le concours général de Paris. — Lettre de M. le marquis de Poncins. — Vœu de la Société d'agriculture de la Nièvre relativement à la tuberculose. — Le 3= bulle:in du herd-book de la race bovine de Tarentaise. Récente exposition de raisins à Toulouse. — Extrait du rapport de M. de Malafosse. — Les effets de la grêle sur les raisins. — Publication de M. Landa sur le greffage de la vigne. — Leçon de M. Aimé Girard au Conservatoire des arts et métiers sjr la fabrication du cidre. — Etude de M. Gaston Lavergne sur les orobanches. — L'agitation agricole en Allemagne contre les traités de commerce. — Constitution d'une Ligue des agriculteurs.

I. — Le commerce de la France pendant le mois de janvier, 11 y a quelques semaines (Jowna/ du 28 janvier, p. 121), nous avons donné ici un aperçu du commerce de la France pendant l'année 1892; il en est résulté que, contrairement aux prévisions pessimistes de nos adversaires, l'application de la réforme douanière n'a apporté aucune perturbation dans la marche générale du commerce de la France avec les autres nations. C'est un fait corroboré encore par les documents que la Direction générale des douanes vient de publier sur le commerce de la France pendant le mois de janvier; il importe d'en dégager la leçon. Un examen superficiel tendrait à faire conclure que le commerce de la France a diminué considérablement pendant le mois de janvier; en effet, les importations se sont élevées à 260 millions contre 470 millions en janvier 1892, et les exportations à 226 millions contre 238 millions. Mais il importe de remarquer que, comme chacun s'en souvient, le mois de janvier 1892 a été absolument anormal, car il a été le dernier qui ait précédé l'application du nouveau régime économique. Il faut donc comparer le mois de janvier 1893 aux périodes antérieures; c'est ce que nous allons faire rapidement.

De 1884 à 1887, les importations avaient été, en moyenne, de 271 ,083,000 francs pour le mois de janvier de chaque année; de 1888 à 1891, elles ont été de 305,722,000 francs; en janvier 1893, elles n'ont étéquede 260,109,000 francs, en diminution de 11 millions sur la première période et de 45 millions sur la deuxième. Cette diminution a porté surtout sur les objets d'alimentation et sur les produits fabriqués ; c'est un fait dont ni l'agriculture ni l'industrie ne songeront à se plaindre. Si une diminution est constatée pour les matières premières nécessaires à l'industrie, la cause en est toujours exclusivement dans la répercussion des énormes importations faites avant l'application de la réforme douanière.

En ce qui concerne les exportations, voici la situation : elles ont été, pour le mois dejanvier, pendant la première période, de 1884à 1887, de 165,762,000 francs, en moyenne; pendant celle de 1888 à 1891, de 221,554,000 francs, en janvier 1893, elles ont atteint 229,433,000 fr. L'accroissement a porté sur la plupart des natures de produits, notamment sut" les objets fabriqués, pour lesquels l'exportation est passée de 1 1 3,782,000 fr. pendant la période de 1 888 à 1 891 à 1 1 5,533,000fr. en janvier 1893. — L'excédent des importations sur les exportations, qui avait été de 85 millions pendant la période de 1888 à 1891 , est des-

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cendu à 31 millions en janvier 1893. Sont-ee là les signes d'une situation commerciale affaiblie? Les faits, dans leur simplicité, répondent mieux aux sophismes que les meilleurs arguments théoriques.

Si l'on considère maintenant le mouvement des métaux précieux, on constate que les excédents d'importation de l'or et de l'argent, qui avaient été, en janvier, de 12 millions en 1891 de 15 millions en 1892, se sont élevés à A3 millions en 1893. Si l'on rapproche ce résultat de cet autre fait que l'excédent d'importation des métaux précieux a été de 293 millions pour toute l'année 1 892, contre 1 57 millions en 1 891 , on ne pourra pas en tirer la conclusion que l'application de la réforme douanière ait commencé l'appauvrissement du pays. On peut donc en attendre toutes les conséquences avec une confiance que les faits justifient complètement.

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