‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 222 sur 691 · EUG. POUILLET · texte numérisé non relu

EUG. POUILLET

Avocat à la Cour de Paris.

UNE EXPLOITATIOxN AGRICOLE EN RUSSIE

On nous a décrit bien souvent les immenses exploitations agricoles du Far- West américain qui comptent 25,000, 50,000 hectares, etc., ces grandes cultures du Dacotah, du Manitoba, etc., ne sont qu'un phénomène momentané destiné à disparaître à mesure que ces contrées se peupleront davantage.

Plus près de nous, en Moravie, en Bohême, en Hongrie et surtout en Russie il y a des domaines immenses où sont appliquées toutes les découvertes de la science et dont la production est bien supérieure aux exploitations des Etats-Unis et du Canada.

Grâce à la construction des chemins de fer et à l'exploitation des richesses minérales, la Russie méridionale a fait d'immenses proi^rès dans l'agricalture et dans l'industrie. « C'est laiévélation d'un monde nouveau, disait un ministre anglais de retour de l'exposition de Moscou, on ne se doute pas du monde qui grandit là-bas. »

Les terres noires de la Russie : tzernoziem, occupent d'après M. Elisée Reclus, une surface de 100 millions d'hectares, soit le double du territoire de la France. C'est une vaste plaine formée d'alluvions qui se sont lentement déposées au sein d'eaux tranquilles des lacs et des marais; ces terres sont d'une fertilité extraordinaire et inépuisable.

Rien de monotone comme ces longues distances à franchir au milieu de plaines coupées de rigoles au fond desquelles coulent les eaux des rivières et des fleuves presque sans plis et sans ondulations de terrains. On comprend la tristesse et la désespérance de Tolstoï et des écrivains russes quand on parcourt la Russie à travers les forêts de sapins et de bouleaux. « On achevait les labours sur cette bonne terre, pleine dévie.

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