‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 257 sur 691 · EN HAUTE PRIMEUR DANS LA RÉGION MÉDITERRANÉENNE. — II · texte numérisé non relu

EN HAUTE PRIMEUR DANS LA RÉGION MÉDITERRANÉENNE. — II

Examinons maintenant les éléments que la nature met à la disposition de l'horticulteur, sous la zone de Nice, pour opérer le forçage du fraisier en haute primeur dans de bonnes conditions. Nous avons souvent répété que, sous cette zone, tout végétal soustrait à l'influence des arrosages était, par l'effet de la sécheresse prolongée, complètement arrêté dans sa végétation, et qu'elle reprenait un nouvel essor à l'époque des pluies, c'est-à-dire en octobre. La période de repos provoquée dans le Nord parle froid, a pour cause, dans le Midi, la chaleur combinée avec la sécheresse; ces deux éléments si opposés F un à l'autre, n'ont cependant, en cette occurrence, qu'un même résultat, /ere/;os ou l'arrêt momentané de la végétation; et, pour prolonger cet état au delà du mois d'octobre dans la culture du fraisier forcé, voici comment on procède :

Education des plants à forcer dans le Midi. — En octobre, ou de bonne heure au printemps, des planches de 1 m. 30 de largeur sur lesquelles on trace six lignes, sont plantées avec des stolons bien enracinés; ils végéteront pendant tout l'hiver et, au printemps, se développeront avec vigueur; on les maintiendra à l'arrosage jusqu'en mai, puis, ceux-ci seront progressivement diminués jusqu'à suppression complète, depuis juin jusqu'en octobre; toute production et développement de stolons devront être rigoureusement supprimés et le sol tenu très propre. Sous l'influence de la sécheresse, la végétation sera promptement arrêtée, les plus vieilles feuilles pourront même se dessécher. Que l'on ne s'effraie pas outre mesure de cet état de souffrance; que l'horticulteur se garde bien surtout de le faire cesser, au moyen des arrosages, car plus cet état s'accentuera et plus aussi les chances de réussite au forçage seront certaines.

Avant les pluies d'octobre, on placera sur les planches des panneaux à chevalets, comme ceux représentés parla fig. 42 ; ils seront constamment tenus ouverts. J'insiste sur ce point essentiel de placer ces panneaux à chevalets, parce que, dans ce mode d'installation, les sentiers garnis de zinc font l'office de gouttières entraînant les eaux à distance ; si les plants étaient recouverts de châssis ordinaires, l'eau des pluies tombant très souvent à cette époque avec violence, imbiberait le sol par infiltration, les plants entreraient immédiatement en végétation, et c'est précisément ce qu'il faut éviter, au moins une huitaine de jours avant la mise en marche. Il n'est pas nécessaire d'avoir double matériel de chevalets ; ceux qui servent à abriter en octobre, peuvent servir au forçage puisqu'ils sont construits de façon à pouvoir être facilement démontés.

Dans le Nord, quelques primeuristes, soucieux de maintenir leur réputation de producteurs précoces, commencent au ]" novembre une première saison de peu d'importance. L'époque de la floraison qui a lieu en décembre, c'est-à-dire aux plus mauvais jours de l'année, devient un obstacle pour la fécondation, et pour que celle-ci puisse s'opérer

dans de bonnes conditions, on est obligé de recourir à la fécondation artificielle quand on peut saisir un moment favorable pour faire cette opération avec succès.

Dans le Midi, des plants ayant été traités de la manière décrite plus haut peuvent être commencés en première saison en octobre ; ils produiront en janvier; ceux commencés au 1" novembre, arriveront à maturité en janvier-février; et ceux du T"" décembre mûriront leurs fruits en février-mars. Il faut quatre-vingt à quatre-vingt-dix jours, en suivant méthodiquement cette culture à l'aide du thermosiphon, pour amener les fruits à maturité avec une somme totale de 1 ,200 à 1 ,400 degrés de chaleur, répartis pendant cette période de temps selon les différentes phases de végétation. Toutefois, la mise en marche des saisons doit être terminée au 15 décembre, afin que la récolte soit à peu près achevée lorsque les cultures du Nord commencent à produire.

Matériel de culture. — Avant de nous occuper du forçage proprement dit, nous croyons nécessaire de décrire d'abord le matériel de culture (fig. 42) : A, chevalets en fer, dont les montants sont unis par deux

Fig. 42. — Serre pour le forçage du fraisier.

traverses; l'une B, soutient les planches du sentier C, recouvert d'une feuille de zinc, et l'autre D, à la partie inférieure, supporte les tuyaux du thermosiphon E, munis de gouttières F, remplies d'eau pour entretenir dans l'air ambiant de la bâche un degré d'humidité suffisant.

Ces tuyaux gouttières qui peuvent être en zinc, sont remplis chaque jour au moyen du tube G ; il peut avoir son embouchure au dehors pour en faciliter le remplissage. Ces gouttières doivent fonctionner pendant le temps que durera le forçage, sauf un cas extrême d'humidité, causée par plusieurs jours de pluie et pendant la floraison, époque où ils devront être rigoureusement supprimés : afin d'en arrêter le fonctionnement immédiat, un tuyau de vidange devra être ménagé.

Ces chevalets A, d'une longueur de 4 mètres, servent de support aux châssis I, de 1 mètre de large, sur 1 m. 60 de longueur; ils sont assemblés entre eux par des planches doubles H, dépassant de quelques centimètres les chevalets A. La base de chaque chevalet repose sur de petits socs en brique, qui devront être parfaitement de niveau. Sur le derrière, sont également montés en briques des supports K, sur le sommet desquels est fixée une barre de fer L, passant longitudinalement dans le sens delà bâche ; sur les socs de devant, une autre barre L,

de même est posée. Sur ces deuxbarresL, sont posées transversalement des fersàï, M, garnis de tuiles, formant plancher destiné à supporter la terre dans laquelle on plante directement les fraisiers à forcer. Les planches 0 de 25 centimètres de large servent à maintenir la terre du plancher sur les côtés. La hauteur totale de la bâche est de 95 centimètres hors du sol, elle peut être enterrée sans difficulté de 40 à 50 centimètres ; le chauffage n'en sera que plus facile.

Cette disposition évite complètement l'emploi du fumier comme producteur de la chaleur; car nous l'avons déjà dit, dans l'une de nos précédentes études, l'intervention du fumier en culture forcée dans le Midi devient complètement impossible pour une exploitation d'une certaine importance, elle coûte trop cher, trop de main-d'œuvre sans pouvoir procurer la régularité de production comme par l'emploi du thermosiphon.

Cette installation paraîtra aussi coûteuse que celles du Nord ; c'est exact, mais nécessaire; l'appareil de chauffage ne fonctionnera pas avec la même régularité, il y aura incontestablement économie de combustible, mais là se bornent les avantages relatifs au climat, et lorsqu'il arrivera des alternatives de mauvais temps (car le soleil de Nice est inconstant comme tout autre), l'horticulteur se trouvera très heureux d'avoir sous la main un matériel suffisant pour les combattre et pouvoir parfois sauver sa récolte. On remarquera aussi que, par ce mode d'installation, je supprime complètement la poterie; les praticiens connaissent les difficultés qui résultent de son emploi et la maind'œuvre exigée pour les arrosages si difficiles à faire par les mauvais temps. Le forçage du fraisier, dans les conditions où je le place, est aussi à l'aise, sinon plus, que cultivé en vases sur couche de fumier ; je le soustrais complètement à l'humidité par l'intervention du plancher, la chaleur produite par les tuyaux de chauffage enveloppant indistinctement toutes les parois de la couche de terre, elle en maintient la température de fond à un degré de chaleur plus régulier que ne peut le faire une couche de fumier la mieux conditionnée.

La disposition des tuyaux de chauffage placés sous les sentiers préservera les derniers rangs de fraisiers de la grise^ maladie qui les attaque très souvent lorsqu'ils se trouvent placés trop près des tuyaux dans les installations ordinaires. Cette maladie est provoquée par l'aridité de l'atmosphère de la bâche, inconvénient auquel je remédie par l'emploi des gouttières F, placées directement sur les tuyaux de chauffage, qui, lorsqu'ils sont chauds, évaporent une certaine quantité de vapeur d'eau très favorable au développement des plantes, sauf pendant la floraison.

Loin de moi la pensée de blesser en quoi que ce soit l'amour-propre des horticulteurs qui, sous la région du Midi, débutent dans cette culture, en prenant la liberté de leur donner un conseil, celui de changer leur façon d'opérer pour l'éducation de leurs plants à forcer, car nous croyons qu'un stolon, fût-il même de première force, s'il vient d'être détaché du pied-mère et soumis immédiatement au forçage, ne peut donner une récolte suffisamment rémunératrice ; qu'en pratiquant ainsi, si l'importance de leur culture leur permettait l'expédition sur la place de Paris, ils ne trouveraient sur ce marché qu'un

prix peu élevé de leurs produits. — Sur place, à proximité d'un centre important, si la consommation peut devenir régulière, ils auront toujours plus d'avantages d'y écouler leur production ; — mais, s'ils peuvent se procurer des fumiers propices à cette culture, à très bas prix (ce qui est rare dans le Midi), et qu'ils puissent se procurer des feuilles en quantité suffisante (ce qui est plus rare encore), pour les mélanger par moitié avec leurs fumiers, le climat leur permettra de commencer leur première saison en décembre, en renouvelant souvent les accots, qui entourent les coffres; dans ces conditions, ils pourront produire de beaux fruits, et tenter l'expédition sur Paris, si leur production dépasse la consommation locale.

Réhabilitation du theiinosipfion, au sujet de son application à la culture du fraisier forcé sous la région du Midi. — Ce titre est prétentieux, j'en conviens ; mais comme ces lignes passeront sous les yeux des praticiens, je les prie de se rappeler que je n'ai pas l'intention de froisser leurs idées à ce sujet; — je respecte toutes les convictions d'autrui, ce qui me permet d'émettre les miennes, et si elles ne peuvent pas faire pencher la balance de leur côté, elles n'en sont pas moins le fruit d'une certaine expérience.

On a dit et répété bien souvent : « le fraisier en culture forcée, dans le Midi, ne peut supporter l'application du thermosiphon ». — Pourquoi cela? — Je ne sais pas, me fut-il invariablement répondu. — Mais cette réponse pourrait faire supposer que l'usage de cet appareil n'est pas familier à tous; — moi, je n'en comprends la suppression, dans cette culture, qu'à la condition d'avoir à bas prix d'énormes quantités de fumier, s'il s'agit d'une exploitation d'une certaine importance, et encore!! — Il est évident que l'installation de cet appareil est coûteuse; mais si, d'une part, pendant quelques années, on met en ligne de compte l'achat, transports, manipulations multiples qu'on est obligé de supporter; et que de l'autre, on y place la sécurité de la réussite obtenue par le degré de chaleur régulier, selon les différents besoins de la plante, je crois que l'avantage restera au thermosiphon, car, par son emploi, étant bien gouverné, on peut dire le jour de la mise en marche : dans quatre-vingts jours, je commencerai à récolter, et si, pour une cause quelconque, la vente est active à ce moment, je puis augmenter sans danger le degré de chaleur et avancer la maturité. — Est-ce par l'emploi exclusif du fumier que l'on peut compter d'une façon aussi précise? — Il reste entendu, que ces appréciations n'ont de rapport qu'avec la culture de haute primeur.

Du forçage proprement dit à l'aide dii thermosiphon. — Vers le mois d'octobre, les plants à forcer ayant subi une période de repos par les moyens que nous avons décrits (voir: Education des plantes à forcer)^ seront copieusement arrosés pour en faciliter l'arrachage. — Les bâches à forcer ayant été préalablement garnies d'un compost de terre que nous décrirons plus loin, — on mettra immédiatement les appareils de chaufîage en marche, si à ce moment la chaleur de la terre n'atteignait par 15 degrés; — ce degré obtenu, ou même s'il était dépassé naturellement, c'est-à-dire, sans l'intervention de l'appareil, ce qui arrivera très souvent, on procédera à la mise en place des plants dans les bâches.

Les plants arrachés, on ne leur laissera qu'une motte de moyenne grosseur; — les plus vieilles feuil'es seront supprimées; quant aux autres, quel que soit le mauvais état où elles se trouvent, par suite de la sécheresse, on doit les conserver momentanément, parce qu'elles concourent à l'émission immédiate de nouvelles radicelles ; plus tard on les supprimera, lorsque les plants en auront développé de nouvelles.

La plantation sera faite à raison de 30 plants par châssis en évitant de les placer sous les barres. Dès le début du forçage le thermomètre ne devra jamais dépasser 12 degrés pendant la nuit, c'est dire en même temps qu'à cette phase du débourrage, le thermosiphon restera souvent inactif. — Pendant le jour on aérera, à 1 5 degrés dans la bâche, et proportionnellement à l'élévation du thermomètre.

La réverbération des vitres, causée par l'éclat du soleil, ne convient pas au fraisier, il est donc nécessaire, dès le début du forçage, d'ombrer légèrement les châssis au moyen d'un lait de chaux. — Quinze jours après la mise en marche, on élèvera la chaleur pendant la nuit de deux ou trois degrés, et à 18 degrés le jour. Ce degré de température coïncidera une quinzaine de jours plus tard avec la première phase de végétation : la floraison, qui doit commencer 35 à 40 jours après la mise en marche ; — c'est la phase de végétation la plus critique pendant laquelle le fonctionnement des gouttières F, doit être complètement arrêté, en raison de la vapeur d'eau qu'elles évaporent dans la bâche, celle-ci s'y répandant sous forme de rosée maintiendrait une trop grande humidité sur les fleurs, deviendrait nuisible à la fécondation.

Pendant cette phase delà floraison, le thermomètre ne devra jamais dépasser pendant la nuit 1 5 degrés (ce degré serait même trop élevé pour les cultures du Nord), et le jour à 18 degrés.

On aérera suffisamment, pour que le thermomètre ne dépasse pas 18 à 20 degrés. — C'est aussi pendant cette phase de végétation que l'horticulteur doit prendre toutes les précautions pour se prémunir des effets désastreux du mistral, lorsqu' il est accompagné d'un soleil éclatant; — à cet effet, l'aération devra toujours être faite à rebours vent afin d'arrêter la brusque arrivée de l'air dans la bâche en accolant devant l'ouverture destinée à l'aération des toiles ou des paillassons. — La violence du vent empêchera parfois d'aérer comme il conviendrait; dans ce cas, il est de toute rigueur d'ombrer plus fortement afin d'éviter une trop grande élévation de chaleur. — A l'aide de ces précautions, la fécondation dans le Midi s'opérera en novembre et décembre, aussi facilement qu'en mars et avril dans le Nord.

Lorsque les fruits seront complètement noués, on organisera à nouveau le fonctionnement des gouttières, et si par suite de l'aridité de l'atmosphère, elles n'étaient pas suffisantes pour permettre que le matin chaque feuille ait sa gouttelette de ^rosée, le soir, on donnerait un léger bassinage sur les feuilles avec de l'eau à 18 degrés. — Ces bassinages devront être faits au moment de rabattre l'air.

Après le nouage, la température sera élevée à 18 degrés pendant la nuit, et à 20 à 22 degrés le jour; — on aérera aussitôt que le thermomètre arrivera à ce point ; malgré l'aération, s'il avait tendance à s'élever davantage, on serait obligé de recourirà l'ombrage, pour qu'il ne s'élève pas plus haut.

Avantages des premières saisons. — Lorsqu'elles sont bien conduites, les saisons du 1" octobre, V novembre et l'^'' décembre sont d'un écoulement très facile, en Angleterre surtout; il en serait de même pour la Russie, si les communications sur le territoire russe étaient plus rapides. — Elles ont, en outre, l'avantage d'être récoltées de bonne heure, ce qui permet de recommencer une autre saison, qui produira bien avant la pleine terre. — En culture forcée les secondes récoltes lorsqu'on peut les faire à temps, sont d'un grand avantage, en raison de ce qu'elles permettent le double emploi du matériel dans une seule année. — Dans le cas qui nous occupe, on peut y faire encore une saison de fraisiers en renouvelant la dose d'engrais, ou une saison de tomates hâtives qui, dans le Midi, sont d'un écoulement facile et rémunérateur. — C'est là un grand avantage, dû au thermosiphon, qui permet de renouveler promptement les récoltes sans trop de maind'œuvre, ce qui est impossible d'obtenir par l'emploi exclusif des fumiers ; pour ces deux raisons, nous conseillons d'arrêter au 15 décembre la dernière saison, Çparce^qu'elle sera récoltée assez tôt pour

recommencer une autre culture,

^^^^ et parce qu'elle produira avant

(^"^^^^^^ les grosses productions sous bâ-

"^^^X^it^r^^f^^^^ ches du Nord, contre lesquelles

-^^^v|^^^^^^ l'horticulteur méridional ne peut

^fc^^^J^i^ v^^^^ Tutelage des rameaux à fruits. —

^:? ^^^te^^/^^^^^^^^' V Lorsque les fruits ont acquis une

^\f^^^^^^^^^^^^^^^^-; certaine grosseur, la pesanteur fait

^^^^^^^^^^^^^^^^0' pencher les pédoncules, les fruits

'^■^■'.r^^^:^^\£-..<r^^, tombent à terre ou entre les pots,

Fig. 43. - Tampons de paille pour soutenir il» §6 trOUVCUt assujettis à la pOUr-

les rameaux. riturc et la partie qui touche le sol,

quand bien même celui-ci est recouvert d'un paillis, n'a jamais un beau coloris. — Certains horticulteurs laissent les fruits dans cette situation : c'est un tort et même une perte considérable; — d'autres attachent les pédoncules sur de petits tuteurs, c'est une opération longue, qui devient même impossible dans une grande exploitation, en raison du temps qu'elle nécessite, qui, de plus, ne peut être faite que par un temps permettant l'enlèvement complet des châssis.

Des industriels ont imaginé des supports métalliques; remercionsles, en passant, de leur innovation, mais gardons-nous bien de la mettre en pratique, car, outre qu'ils sont d'un prix assez élevés, ils possèdent tous les inconvénients des tuteurs. — Nous nous sommes toujours bien trouvé de remplacer ces deux systèmes d'attache par le procédé suivant :

Pendant les jours de mauvais temps, avec de la paille fraîche, nous fabriquons de petits tampons (fig. 43), liés par le milieu ; par une belle journée, nous les plaçons sous chaque rameau à fruits, ceux-ci se trouvent maintenus à une hauteur suffisante du sol pour éviter la pourriture et l'attaque de plusieurs insectes. Ce procédé ayant l'avantage de faire supporter la charge des fruits par le tampon, soula ge le pédon

cule du poids qu'il aurait à supporter, ce qui facilite l'élaboration de la sève dans les fruits. Ces tampons peuvent servir plusieurs années; mais à chaque saison, il faut avoir soin de les désinfecter. Le procédé que nous employons pour cette opération est tout simplement de les placer pendant l'été au milieu d'un tas de fumier en fermentation, ou de les jeter dans l'eau bouillante. Quelle que soit la méthode employée, la désinfectation est très-urgente.

Arrosages. — Les arrosages en culture forcée de haute primeur devront toujours être modérés ; avant d'y procéder, on doit s'assurer du degré d'humidité au fond de la bâche, s'il est suffisant, et que la surface de la terre soit sèche, on arrosera de façon à ce que cette partie seulement soit humectée; dans le cas contraire, on arrosera plus copieusement. La culture en pleine terre telle que nous la décrivons offre cet avantage de diminuer la quantité d'arrosages nécessités par la culture en pots, et de pouvoir être reculée d'un jour ou deux, si le temps ne permettait pas défaire cette opération convenablement.

{la suite prochainement). Vray.

Dans le dernier compte rendu des travaux de la Société nationale d'agriculture, le secrétaire perpétuel disait à propos de l'intérêt que notre compagnie témoignait à la pisciculture et des encouragements quelle venait de lui accorder : C'est aujourd'hui de la mer que nous est venue la bonne nouvelle avec la découverte des frayères de morue surla côte occidentale d'Afrique et l'étude des nouvelles zones de pêche par M. Guillard. Sans nous exagérer les faits, car tout est maintenant dans le parti qu'en saura tirer la grande pêche, et comment l'administration de la marine, nos armateurs et nos pêcheurs les utiliseront.

Un fait d'un tout autre ordre nous touchant de bien plus près par son application et ses résultats possibles est enfin en ce moment aussi lui, à l'ordre du jour. L'étude de nos côtes ou leur aménagement, la connaissance raisonnée de leurs richesses, basée sur l'application scientifique des faits physiques, géologiques, zoologiques; l'étude des mœurs et habitudes de nos poissons de rivage en un mot, sont l'objet des plus vifs encouragements de la science et de l'administration.

Au doute, à l'indifférence, à l'incrédulité même ont succédé, comme par enchantement, la curiosité et la meilleure volonté de tous puisque partout sur nos trois mers on est à l'œuvre.

Nous marquerons d'abord le point par l'historique de cette évolution, car il est de ces faits qu'on ne saurait trop répéter, nous verrons les surfaces immenses qui sont son champ d'action, 5,488,000 hectares d'après de Cherville, c'est-à-dire la dixième partie du territoire national; et les résultats économiques et politiques découlant de ces études et de leurs applications.

Ce fut avant 1885 qu'en présentant un travail de M. Gobin, professeur d'agriculture à Auxerre, que la science et l'enseignement départemental viennent si malheureusement de perdre (voir Journal n°' 802, 849, 918), nous abordions cette grande et belle question de l'assolement de nos côtes et l'étude des courants marins.

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