Egouttoir, du système Ray
2.000 francs. M. Debonno étudie en ce moment un type un peu plus petit pour être commandé par manège.
M. Ray, constructeur à Montpellier, a de son côté demandé à la vis de faire l'égouttage des vendanges, mais un simple égoutlag.^ et il a imaginé un appareil qui tient à la fois du pressoir Debonno et du pressoir Françon. Il est formé (fig. 63) d'un fouloir à broyeurs striés F, tournant à vitesse d.fférentielle, mû à bras, audessous duquel se trouve, comme dans le pressoir Debonno, l'appareil d'égouttage. Une vis V, de 2 mètres environ de longueur, de 0 m. 27 de diamètre et de Om. 13 de pas, parallèle aux cylindres broyeurs, tourne horizontalement dans une auge A demi circulaire, à claire-voie, en bois ; cette auge est formée de lames de bois, analogues à celles des claies de pressoir, parallèles à l'axe de la vis. La vendange tombe dans l'augo, en tète de la vis, et elle est promenée sur toute sa longueur. L'exirémiié de la vis porte des filets de diamètre décroissant et s'engage dans un ajutage tronc-conique B, concentrique à la vis, formé de lames en fer, reliées à leur extrémité par des cercles de fer, rappelant par son aspect extérieur la bouche du pressoir Françon. Avant de pénétrer dans l'ajutage, la vis est recouverte d'une plaque de tôle P sur une longueur de quelques spires, pour éviter le remontage de la vendange. Le mouvement de rotation est donné à la vis par engrenages ; il est pris sur l'arbre de commande du fouloir. Une longue gouttière G-, placée sous l'instrument, reçoit le moût qui est conduit aux pompes par une canalisation appropriée. Le marc asséché tombe, à sa sortie de l'ajutage, sur un porte-fruit T ou bien directement dans une cuve.
L'appareil est monté sur un bâti métallique et repose sur des traverses de bois par quatre pieds. Il serait avantageusement pourvu de roues, ce qui permettrait
de le déplacer dans le cellier suivant les besoins de la vendange, peut-être même de le transporter dans les vignes pour opérer sur place, conformément au vœu exprimé par M. de Grozals, propriétaire à Narhonne, l'extraction du moût, au fur et à mesure de la cueillette des raisins. On éviterait, par ce moyen, la coloration du liquide qui se fait déjà dans les comportes ou dans les pastières pendant le trajet de la vi^ne au cellier, lorsque la vendange est très mûre. La presse serait installée à côté de la pastière, les hênes ou les hottes seraient vidées dans la trémie du fouloir; une pompe remplirait de moût des futailles, tandis que la pastière serait chargée du marc asséché. L'installation serait facilement réalisée grâce à la simplicité et à la légèreté de l'appareil de M. Ray, grâce aussi à la commande à bras du mécanisme.
Tels sont les appareils nouveaux qui ont fonctionné aux vendanges dernières ou dont la construction a été décidée, à la suite d'essais entrepris dans diverses exploitations. Ils constituent un progrès réel dans l'outillage mécanique des celliers et font faire un pas à la question si difficile de l'égoullage et de l'assèchement des vendanges fraîches. La solution du problème est évidemment autant dans le perfectionnement des procédés anciens que dans l'application de principes différents. Elle ne se fera sans doute pas attendre longtemps et sera favorablement accueillie par les viticulteurs méridionaux. P. Ferrouillat.