‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 41 sur 691 · LA CRISE PHYLLOXÉRIQUE EN CHAMPAGNE · texte numérisé non relu

LA CRISE PHYLLOXÉRIQUE EN CHAMPAGNE

et que le foyer connu le plus voisin est encore à grande distance. Il y a deux ans, on pouvait encore espérer que cette condition serait réalisée en Cbampagne ; aujourd'hui, le doute à cet égard n'est plus permis ; on se trouve en présence d'une vaste invasion, dont les limites sont absolument incertaines et sont probablement très étendues. Dans ces conditions, ce serait une erreur é\idente que de s'attarder aux traitements d'extinction, sans autre perspective que de cruels déboires.

Serait-ce une raison pour abandonner la Inlte'^ Au contraire, on doit travailler, par tous les moyens, à conserver les vignes existantes. L'expérience d'autres régions viticoles montre que les traitements entrepris à temps, bien conduits, maintenus avec persévérance, peuvent donner d'excellents résultats. Jamais personne en France n'a eu à sa disposition les moyens d(mt le Syndicat de défense de Champagne pourrait user pour poursuivre cette œuvre ; et cependant les succès existent et se maintiennent depuis de nombreuses années; nous avons eu l'occasion d'en citer ici de caractéristiques. On pourrait entrer dans de longs développements à cet égard ; les bornes de cet article ne nous le permettent pas. Disons seulement que la simple inspection de notre carte montre combien est erronée l'opinion que le grand vignoble champenois est exclusivement en terrain crétacé ; la plus grande partie des 10,000 hectares de vignes qu'il renferme se trouve, au contraire, en terrains tertiaires, bien plus propres à l'efTicacité de la défense. Ce fait est également d'un bon augure pour la reconstitution en plants américains, si celle-ci devenait nécessaire. Il y a là des études très importantes à poursuivre avec suite et avec méthode.

Les 25 délégués des vignerons au Comité directeur du Syndicat de défense ont donné leur démission ; des élections devront avoir lieu prochainement pour les remplacer. Ce serait là, à notre avis, une excellente occasion pour rétablir la paix dans un pays troublé. Le Comité directeur du Syndicat de défense aurait, s'il était reconstitué sur des bases légales, une force énorme pour poursuivre une œuvre de salut qui s'impose et qui doit réunir toutes les forces. Les dissensions doivent disparaître dans l'application réelle d'une loi bienfaisante ; car la légalité seule donnera le droit d'agir efficacement.

C'est pour répondre au désir qui nous a été exprimé par des agriculteurs troublés par l'agitation qui règne autour d'eux, effrayés d'un avenir sombre, que nous exprimons cette~ opinion, dictée par un examen sincère et consciencieux de la situation. Henry Sagnier.

Bulletin du 4° trimestre de 1892.

Agriculture. — Jamais autant de plaintes contre les insectes nuisihles n'avaient été portées depuis dix ans par les cultivateurs de toutes les parties de la France. De tous côtés on a constaté celte année une augmentation considérable de ces ennemis de l'agriculture ; des insectes qui jusqu'alors n'avaient produit leurs dégâts que sur de petits espaces, étendent actuellement leurs ravages sur des centaines d'hectares.

La cochylis attaque tous nos vignobles, la chématobie détruit les feuilles de nos pommiers, les taupins pullulent par toute la France; nous pourrions citer ainsi 40 ou 50 insectes dont les dégâts ont pris des proportions inquiétantes.

D'après nos observations personnelles, nous croyons pouvoir donner la cause

de la multiplication des insectes nuisibles en 1892, augmentation que nous avions prévue dès le printemps.

La cause est dans la disparition presque complète des oiseaux insectivores. L'hiver très rigoureux de 1890-1891 a fait périr la majeure partie de ces oiseaux; on en trouvait dans tous les bois morts de faim ou mangés en partie par les rapaces. Au printemps suivant, les couvées auraient pu réparer les désastres de l'hiver, malheureusement tous les arbustes : lierres, genêts, joncs-marins, genévriers où nichent d'ordinaire ces oiseaux, avaient été tués par le froid et n'avaient pas reverdi au printemps, de sorte que les nids déposés dans ces arbustes par les oiseaux étaient très visibles; ce qui a permis aux écoliers de faire une ample récolte d'œufs et de jeunes oisillons, aidés en cela par les chats errants, plus dangereux encore.

Il était de toute nécessité de prendre une mesure énergique pour sauver les quelques oiseaux survivants; cette mesure n'a pas été prise et il en est résulté pour notre aa^riculture une perte irréparable qui se fera certainement sentir pendant plusieurs années.

Dans les différentes chasses aux insectes que nous avons faites au printemps de 1891 nous avons trouvé onze nids d'oiseaux insectivores; tous ont été dénichés pas des gamins, et nous n'avons pas eu la satisfaction d'eu voir un seul arriver à bien, tant les nids étaient faciles à apercevoir.

Désirant publier un travail intitulé : La Mésange, petite charbonnière, est-elle utile ou nuisible à l'agriculture, nous aurions voulu tuer quelques-uns de ces oiseaux pour examiner le contenu de leur estomac, il nous a été impossible de faire ce travail n'ayant pu nous procurer les quelques mésanges dont nous avions besoin, et pourtant la plupart des fermes de Bois-Gruillaume nous étaient ouvertes pour nous permettre de chercher ces oiseaux.

Nous avons été les premiers à crier de toutes nos forces : « protégeons les petits oiseaux » ; aujourd'hui nous ne pouvons même plus pousser ce cri, car il n'existe plus de petits oiseaux et dans quelques départements privilégiés oià il y en a encore, on leur fait une chasse impitoyable. En voulez-vous la preuve, la voici :

Dans certains départements tels que les Landes et la Gironde, il n'est pas rare de voir dans chaque commune cinq ou six chasseurs au lacet et on apprécie qu'ils prennent ou prenaient une moyenne de 20 douzaines d'oiseaux par jour. En étendant ce chiffre aux communes du département, on arrive au total énorme ae cent vingt mille petits oiseaux détruits en un jour, et pour les quatre mois de la durée de la chasse, au nombre fantastique de 14 millions.

Or, nous estimons à 100 le nombre d'insectes (larves, chrysalides, chenilles, pucerons) que détruit par jour un couple d'oiseaux.

C'est exagéré, dira-t-on peut-être? Lisez plutôt : d'après les chiffres officiels fournis par le chemin de fer des Landes, il a été expédié par voie ferrée dans les mois de septembre et octobre 1885 de quatre stations seulement, près de 16,000 kilog. d'oiseaux pris aux pontes et aux lacets.

Si, à ce chiffre on ajoute environ 8,000 kilog. transportés par les voies ordinaires, on arrive à un total de près de 25,000 kilog. d'oiseaux détruits, qui représentent, à 33 grammes par oiseau, le chiffre fabuleux de 800,000 détruits dans quatre ou cinq localités seulement.

Le 30 juin dernier, un projet de loi a été déposé sur le bureau du Sénat par M. Bizot de Fontenay signé par MM. Darbot, de la Sicotière, Brunet, Danelle- Bernardin, Jules Gazot, et tendant à réprimer d'une manière absolue la chasse des petits oiseaux.

Ce projet n'a pas encore été voté et nous le regrettons d'autant plus que plusieurs arrêtés viennent d'être pris autorisant la chasse aux alouettes et à d'autres protecteurs de nos récoltes.

— En Normandie, les poiriers ont eu à subir, en outre de la tavelure, les ravages d'un grand nombre d'insectes.

A Bressuire (Deux-Sèvres) les poiriers ont été attaqués par le Tiiif/is pyri.

Cet insecte mesure de 2 à 3 millimètres de long. Il est d'une couleur brune ou brunâtre avec les dilatations foliacées du corselet et des élytres d'un jaune très pâle aux branches, ces dernières sont marquées de chaque côté vers la base d'une tache brune et d'une autre semblable vers l'extrémité. Ces taches se prolongent souvent de manière à imiter une croix. Cet insecte fait dans certaines localités

beaucoup de tort aux poiriers, principalement à ceux qui sont en espaliers, il est plus rare sur les pyramides. Il se tient en familles plus ou moins nombreuses sous la face intérieure des feuilles qu'il crible d'innombrables piqûres, elles semblent brûlées et sont sèches et galeuses.

En examinant à la loupe une de ces feuilles, on y voit des insectes de tous les âges : des petites larves venant d'éclore, d'autres un peu plus fortes, d'autres à l'état de nymphes et un certain nombre d'insectes parfaits qui se promènent avec agilité.

Les Tingis volent parfaitement bien lorsqu'on les inquiète; si l'on secoue une branche, ils s'envolent par centaines pour revenir bientôt reprendre leur place.

Moyens de destruclion. — D'abord la sève circulant très peu dans les feuilles malades, nous conseillons de les couper à la chute du jour et de les brûler immédiatement; à C3tte heure là les tingis ne s'envolent pas, et on en détruit une grande quantité à l'état de larves et d'insectes parfaits.

Puis au printemps pulvériser sur les nouvelles feuilles attaquées une solution composée de : savon noir, 500 grammes; pétrole, 500 grammes; eau, 10 litres. Le tout bien délayé.

— Aux environs de Rouen, la teuthrède limace a rongé la plus grande partie des feuilles de poiriers.

Cette larve est noire, gluante comme une petite sangsue ou une petite limace, d'où le nom de ver limace qu'on lui a donné. Elle est très commune dans les jardins fruitiers, pendant les mois de septembre et d'octobre où elle apparaît presque collée sur les feuilles. Lorsqu'à la fin de l'automne elle a acquis toute sa taille, elle ressemble un peu, avec sa tête retirée sous le premier anneau et son extrémité postérieure amincie, à un petit têtard de grenouille. Elle est pourvue de 20 pattes, mais il faut la décoller de la feuille pour les apercevoir. JElle n'entame pas les feuilles de poirier par les bords, elle ronge le parenchyme par le milieu, ne laissant que les anastomoses des plus petites nervures et l'épiderme de la face opposée intacts, de sorte que les feuilles qu'elle a attaquées ressemblent à une très fine dentelle. Après avoir changé quatre fois de peau, elle devient d'un jaune orangé, elle descend de l'arbre et se fait une coque avec des grains de terra réunis à l'aide de quelques fils de s-oie.

Cette larve très curieuse à observer est souvent très nuisible aux espaliers; elie se montre sur les poiriers au moment où les fruits sont à moitié, ou aux deux tiers de leur grosseur. Le ravage qu'elle exerce sur les feuilles en détruisant leur parenchyme nuit beaucoup à l'élaboration de la sève, la végétation s'arrête, les poires cessent de mûrir et tombent.

Moyens de destruction. — Ces larves adhérant aux feuilles, il suffit pour les détruire de projeter sur les feuilles avec un soufflet de la chaux vive éteinte. Les larves atteintes sont tuées infailliblement.

Si le sol renferme des chrysalides ou des adultes, arroser avec une solution de sulfocarbonate de potasse.

— A Vannes, les poiriers ont été grav ement atteints par VOrgya antiqua^ de l'ordre des lépidoptères.

Le mâle a les ailes supérieures d'un brun roux avec deux bandes transversales si nuées d'une couleur plus foncée et dont l'extérieur plus large se termine en bas par une lunule d'un blanc pur, ses ailes inférieures sont d'un jaune roux.

La femelle est aptère ou plutôt elle n'a que de petits moignons d'ailes à peine visibles, elle est de la grosseur d'une araignée moyenne, d'une couleur grisâtre.

La chenille du mâle ditïere de celle de la femelle non seulement par une plus petite taille mais encore par des couleurs plus foncées ou plus sombres. La chenille du mâle est d'un brun noirâtre avec des tubercules rouges d'où partent en divergeant des poils grisâtres ou jaunâtres ; son dos est surmonté de quatre brosses de poils placées sur les quatrième, cinquième, sixième et septième anneaux. Ces brosses sont blanchâtres à leur base et noirâtres à l'extrémité. Elle est ornée en outre de cinq aigrettes ou pinceaux de poils noirs dilatés à leur sommet, savoir deux sur le cou et dirigées en avant et latéralement comme deux antennes, deux placées obliquement comme deux nageoires de chaque côté du corps vis à vis de la seconde brosse et enfin la cinquième plus fournie que les autres et penchée vers l'anus sur le onzième anneau. La tête est noire et toutes les pattes sont jaunes. Le ventre est de couleur livide.

La chenille de la femelle est d'un gris bleuâtre ou cendré sur le dos et d'un jaune pâle sur les côtés avec une ligne de points noirs, qui sépare les deux couleurs : du reste elle offre les mêmes tubercules, les mêmes brosses et les mêmes aigrettes que celle du mâle, seulement les brosses sont d'un beau jaune entourées de noir à leur base. Cette chenille se trouve depuis le mois de mai jusqu'en octobre sur presque tous les arbres fruitiers où elle est quelquefois si commune qu'elle les dépouille entièrement de leurs feuilles.

Les œufs provenant de la ponte d'automne passent l'hiver et éclosent au mois de mai. Les petites chenilles qui en sortent se dispersent après la première mue.

Pour se métamorphoser, ces chenilles se filent une coque blanchâtre d'un tissu lâche et entremêlé de ses poils.

La chrysalide du mâle est d'un noir luisant et hérissée de poils roux, celle de la femelle est glabre, molle et de couleur jaunâtre.

Le papillon se montre en juin pour la première époque et en août, septembre et octobre pour la seconde, il vole l'après-midi à 2 ou 3 mètres du sol en décrivant des zigzags à la recherche de sa femelle qui se tient toujours sur le cocon d'où elle est sortie.

Le moyen le plus pratique de destruction consiste à rechercher dans les gerçures de troncs des pommiers et à les écraser les œufs de ce papillon qui sont très faciles à apercevoir n'étant recouverts d'aucune enveloppe ; car contrairement aux autres individus de son espèce, {"Orgya anliqua pond ses œufs non pas dans l'intérieur du cocon, mais à l'extérieur sur le cocon même.

— Plusieurs journaux agricoles viennent de publier un article de M. Chavée Leroy de Glermont-les-Fermes (Aisne) intitulé : Le plii/lloxéra en Normandie. On pourrait croire au premier abord que le svignobles?? normands sont attaqués par le phylloxéra; pas du tout, il s'agit des pommiers attaqués par le phylloxéra? M. Cliavée-Leroy a découvert le phylloxéra des racines de pommiers, et fait grand bruit de sa découverte; c'est la première fois, à notre connaissance, que le puceron lanigère est confondu avec le phylloxéra.

A propos du puceron lanigère, voici le résumé d'un arrêté spécial pris par le chef du département de l'agriculture et de commerce en Suisee.

On ne se contente pas d'abandonner aux particuliers le soin de détruire autant que possible le ravageur du pommier; la vente des arbres contaminés sortant des pépinières est défendue sous peine de punition sérieuse.

Il est prescrit aux municipalités de faire exécuter d'office aux frais des propriétaires les traitements reconnus nécessaires. Il est défendu aux pépiniéristes et aux cultivateurs de badigeonner à la chaux le tronc des arbres atteints par le puceron lanigère; ce badigeonnage est considéré comme pouvant servir à cacher le puceron.

Pour détruire celui-ci, il faut procéder à une désinfection complète et spéciale des places atteintes et employer l'une des substances suivantes : kondaline, mélange de savon blanc et de pétrole, huiles diverses, sopocarbol, mélange de savon et d'alcool amylique. Le remède est appliqué une première fois au printemps ; il est répété dans le courant de l'année chaque fois que l'on retrouve des colonies du pu.eron lanigère. Le gui, cet autre ennemi du pommier et qui est répandu un peu partout, est l'objet également de la surveillance des autorités locales en Suisse, celles-ci doivent fixer un délai pendant lequel les propriétaires sont obligés de procéder à l'enlèvement du gui.

— Le Journal des fabricants de sucre vient de publier un article de M. E. Raoul, sur les ennemis de la canne à sucre.

Les principaux insectes signalés sont parmi les coléoptères : Calandra palmatrurn^ Calandra sacchari ; parmi les hyménoptères .• Formica omnivora ; et enfin parmi les lépidoptères : Cyllo leda, Pamphila augias, Lesania albicil" lata. Tortrix saccharifaga.

— L'Algérie semble cette année encore menacée par les invasions de cric{uets Aussi l'étude de ces insectes et des moyens de les détruire est-elle à l'ordre du jour.

M. Durand propose un nouvel engin devant remplacer les appareils chypriotes trop coûteux et trop lourds.

M. H. Dessoliers préconise pour la destruction des sauterelles en Algérier l'emploi d'un filet semblable aux filets de pêche de 10 à 50 mètres de haut su,

des longueurs allant de 50 à 350 mètres, en fil de lin, à mailles de 0 m. 02 de côté. Ce filet est placé de champ en travers de quelque petite vallée naturelle, col, cours d'eau, tranchée faite de main d'homme, etc. Il paraît que l'amas des sauterelles qui se dépose à la base de ce filet exerce une sorte d'attraction sur celles dont le vol est, cependant assez élevé pour franchir la ligne supérieure et que ces dernières viennent se poser au pied du filet avant de l'avoir atteint.

Quant aux sauterelles ainsi arrêtées, on peut essayer de les détruire soit en leur donnant à brouter de la coriaire, plante vénéneuse pour les acridiens, d'après M. de Malglaive, soit en les emprisonnant à l'aide de contre filets, soit en les mettant en sac, le soir venu, quand elles sont engourdies.

M. Dessoliers a expérimenté ce procédé â Ténès avec succès. Ajoutons que le poids du mètre carré est de 20 grammes avec les accessoires. Un filet de 50 mètres mètres de hauteur pèse donc 1 kilog. par mètre courant.

Enfin, M. le docteur Trabut, professeur à l'école de médecine d'Alger, vient de constater la présence dans plusieurs acridiens de la larve d'une petite mouche parasite Y Agrio punctata qui semble en détruire des quantités notables et rendre ainsi autant de services que ['Idia fasciata observée également comme parasite des criquets, Paul Nohl,

Directeur liu laboratoire.

La Sologne inculte, insalubre et dépeuplée, est restée longtemps

mme une tache de 500,000 hectares au centre de la France.

A la (în du dix-huitième siècle, on n'y rencontrait que d'immenses plaines de bru^/ères humides parsemées d'étangs marécageux, avec des restes de forêts ruinées par une exploitation défectueuse, l'abus du pâturage et de fréquents incendies.

L'assainissement du grand plateau à sous-sol imperméable, qui consittue la région, nécessitait des travaux d'ensemble assez considérables; la mise en valeur des terres, uniquement composées de sable et d'argile, comportait préalablement l'apport coûteux de l'élément calcaire, indispensable à la végétation ; on hésitait à faire de pareilles dépenses pour cultiver des terrains généralement peu profonds, où l'on n'était pas assuré d'obtenir des récoltes suffisamment rémunératrices.

Aussi la Sologne restait abandonnée et misérable; l'on n'y trouvait plus qu'une population clairsemée, découragée par les privations, et décimée par la maladie. On en était arrivé à désespérer du pays et à considérer sa déchéance comme définitive, ce qui formulaitce vieux dicton : « Laude tu as été, lande tu es, lande tu seras. «

C'est seulement vers le milieu de ce siècle, que la Sologne s'est réveillée, s'est mise en marche sous l'impulsion d'hommes de cœur et de résolution.

Le premier des présidents de notre Comité central agricole, l'éminent M. Vicaire, osa un des premiers formuler des espérances et des encouragements; le 7 mai 1859, après avoir lait une description peu séduisante de la contrée, telle qu'on la connaissait alors, il ajouta ;

« Le tableau que je viens de tracer de la Sologne commence déjà à ne plus être ressemblant.

ce Des améliorations importantes ont été réalisées, depuis quelques années, et si Arthur Young traversait de nouveau cette contrée, je suis certain qu'il ne s'écrierait plus, comme en 1787 : « Grand Dieu, accorde-moi la patience quand je vois un pay^ amsi négligé et pardonne-

1. Conittiunication faite au Comité central aarricole de la Soloo^ne le 23 octobre 1892.

moi les jurements que je fais sur V absence et l'ignorance des propriétaires. »

M. Vicaire avouait que tout récemment encore, il avait entendu de bons esprits douter de l'avenir de la Sologne et l'appeler : une terre morte, mais il ajoutait : « que cependant, aujourd'hui (1859), on commençait à penser qu'il n'était pas impossible, avec de l'intelli- 2;ence, de la persévérance et des capitaux judicieusement employés, d'y introduire les cultures qui font la richesse de la Beauceet de laBrie. >>

Ainsi, nous le voyons, la Sologne de 1859 était encore l'antique Sologne, mais on sent qu'elle s ëhranlQ, qu'elle est partie, selon le mot de M. Boinvilliers. Il y a de cela 33 ans!

Je me propose, prenant ce point de départ de 1859, de constater les transformations opérées et les progrès accomplis pendant ce tiers de siècle, sous les divers points de vue de la population, de la culture, de la sylviculture, de la viticulture et enfin de nndmtrie.

I. De la population. — Numériquement, la population de la Sologne a augmenté de moitié. Dans bien des villages, elle a plus que triplé. De simples bourgades de quelques centaines d'habitants sont devenues des villes importantes, comme la Ferté St-Aubin (3,500 hab.), Lamotte-Beuvron (2,500 hab.), etc. En outre, et ce qui a plus d'importance que Taccroisseinent du nombre, il s'est produit un changement considérable dans la santé de toute la population.

Beaucoup d'entre nous ont connu cette race du Solognot, débile, rachitique, de petite taille, sans courage, sans énergie au travail, obligée, comme Ta encore dit M. Vicaire de dépenser la meilleure partie de ses forces à lutter contre les fièvres paludéennes. Dans ces conditions, il y a vingt-cinq ans, on n'arrivait pas, dan s la plupart des cantons, notamment dans celui de Neung-sur-Beuvron, aujourd'hui si prospère, à fournir le contingent militaire, tant étaient nombreux les cas de réforme par suite de rachitisme.

Actuellement, tout cela est changé. Il existe pour ainsi dire deux races solognotes, la vieille génération composée d'habitants âgés de plus de 50 ans, chez lesquels on retrouve tous les défauts signalés plus haut, et une jeune génération, si différente de la première qu'on a peine à croire qu'elle lui doit son origine, tant elle est vigoureuse et pleine d'énergie.

Cetle rapide transformation est due aux défrichements des bruyères, à l'emploi de la marne et de la chaux pour la culture des meilleures terres, au boisement effectué principalement en essences résineuses, et enfin aux plantations de vignes. Les fièvres ont disparu avec les bruyères et les queues d'étangs. Avec le travail et les salaires sont venus le bien-être, la santé et la vigueur.

II. De l'agriculture. — Qu'était l'agriculture en Sologne, lorsqu'on a commencé la régénération du pays?

La petite culture n'existait guère qu'autour des villages et dans les rares locatures situées auprès des grandes fermes. Tousses efforts se bornaient à cultiver d'anciens jardins qui la faisaient vivre.

A côté, et presque sans transition, on trouvait la grande culture avec ses fermes immenses de 150 à 300 hectares, où l'on ne cultivait guère que les terres maigres des hauteurs, parce qu'elles étaient faciles

à assainir et qu'elles donnaient moins de mal à travailler. Le seigle et le blé noir en étaient à peu près tout le produit ; ils suffisaient à grand'peine à faire vivre la famille du fermier et à nourrir les animaux de la ferme.

Les prairies artifieielles étaient inconnues; on avait seulement un pré naturel auprès de la ferme et quelques prés de rivière plus ou moins éloignés qui ne fournissaient souvent qu'une herbe rouclieuse et sans valeur.

Avec une semblable culture, les bestiaux ne pouvaient être que d'une qualité très médiocre. Dans l'écurie, quelques juments poulinières, saillies par les chevaux du pays, foLirnissaient des produits durs à la fatigue, mais sans élégance et sans valeur marchande; — à l'étable, on avait des saches plus médiocres encore, grandes, osseuses, mauvaises laitières et peu recberchéespar la boucherie; — la porcherie était sans importance; — les volailles, poules, oies, dindes, nourries de blé noir, représentaient ce qu'il y avait de meilleur à vendre.

Le fermier payait un prix qui ne dépassait guère dix francs par hectare et qui souvent restait inférieur à ce chiffre.

Ce tableau, si sombre et si décourageant, s'est complètement modifié pendant la période de trente- cinq ans qui s'est écoulée depuis la fondation du Comité central : l'assainissement de la Solosrne, le marna^e et le chaulage des terres, l'amélioration des cultures ont transformé le pays.

L'étendue des fermes a été diminuée par la plantation en pins des terres inférieures, et à mesure que s'opérait cette réduction, le sol, étant mieux cultivé, devenait plus productif.

Les bâtiments d'autrefois construits en colombage de bois et en terre, ont en grande partie disparu pour céder la place à de confortables constructions en briques ou en pierres.

Les terres assainies par les drainages et de nombreux fossés, amendées avec la marne et la chaux, pourvues suffisamment d'acide phosphorique, grâce à l'emploi des phosphates, sont devenues aussi productives que celles de la Beauce; on y récolte aujourd'hui du bléfroment, de l'avoine, de l'orge. Les légumes et les racines, tels que pommes de terre, topinambours, carottes, rutabagas, y donnent d'abondants produits. Les prairies naturelles réussissent dans presque tous les sols, si on leur donne le calcaire qui leur manque.

Avec l'amélioration des terres, celle du bétail est venue tout naturellement, comme une conséquence forcée.

La Sologne est devenue productive de chevaux. Les dépôts d'étalons établis par l'Etat à Blois et à Pierrefitte ont amené, avec la vieille race du pays, des croisements remarquables qui se vendent bien. Cette année même, au C-omice agricole de la Ferté-St-Aubin, près de 60 chevaux solognots étaient exposés au concours, et la plupart ont fait l'admiration du jury qui n'avait pas encore rencontré, dans ses réunions annuelles, un ensemble aussi satisfaisant.

L'ancienne race des vaches solognotes, fortement charpentée, mais peu laitière et peu disposée à l'engraissement, n'existe plus guère que dans une faible partie de la contrée; de nombreux croisements avec des taureaux normands ou de la race du Mans ont introduit des élé-

TRANSFORMATION DE LA SOLOCiNE. 67

ments nouveaux qui rappellent les bonnes races de la France. Le laitage est devenu plus abondant et les veaux sont rechercbés par la boucherie.

Le mouton solognot, très apprécié des gourmets, mais peu avantageux pour le producteur, a été aussi l'objet de nombreux croisements, particulièrement avec les dishley-mérinos qui ont donné d'excellents résultats. La race solognote pure s'accommodait mal de la suppression des immenses pâturages d'autrefois à travers les bruyères et les bois.

Enfin, depuis vingt-cinq ans, l'élevage des petits porcs vendus pour l'engraissement s'est considérablement développé en Sologne et y est devenu un des meilleurs produits; on cite des fermiers qui paient leur fermage avec le revenu de leur porcherie. Le pays se prête admirablement ''à cet élevage qui se pratique non seulement dans les grandes fermes, mais chez les plus modestes locaturiers.

A côté du bétail, nous ne devons pas oublier la basse-cour qui fournit abondamment des volailles de toutes sortes, et particulièrement les poulets, les oies et les dindons qui, chaque année, vont approvisionner les marchés de Paris et de Londres à l'époque des fêtes de Noël.

H. BOLCARD,

(La suilapruchainementA. Ancien inspecteur général des forêts, membre du Conseil supérieur

de ragriculUire, Président du Comité central agricole de la Sologne.

PLANTES POTAGÈRES NOUVELLES

chaque année, de nouvelles variétés de plantes de grande culture ou de plantes potagères sont offertes aux cultivateurs; il est utile de faire connaître celles qui sont présentées après des essais permettant d'en contrôler la valeur. Tel est le cas pour les variétés que nous allons décrire, qui sont mises au commerce cette année par M. Forgeot, marchand-grainier à Paris.

Voici d'abord deux sortes de chou-navet. Le chou-navet blanc à feuille entière (fig. 6) est une variété hâtive, qu'on peut semer de bonne heure pour en obtenir des produits en saison ordinaire, et qu'il suffit de semer en juillet pour l'approvisionnement d'hiver; sa racine lisse, renflée et charnue, reste presque complètement enterrée, et on peut, par suite, en faire une culture serrée. Le chou-navet rutabaga à feuille entière, autre variété nouvelle, est aussi une plante très hâtive; il diffère surtout de la plante précédente par la teinte jaune-clair de sa chair.

Quelques nouvelles variétés de haricots se recommandent aussi par leur précocité et leur fertilité. Tel est notamment le haricot baptisé Roi des noirs, lequel est une excellente variété pour la culture forcée de ce légume, aujourd'hui si répandue. Le haricot Flageolet noir à feuille gaufrée (fig. 7) est le produit, remarquable par sa précocité, d'une sélection du haricot Flageolet noir à longues cosses, connu déjà pour sa grande production et la longueur extraordinaire de ses filets. Les aiguilles de cette nouveauté sont minces, cylindriques, longues et droites ; elle a toutes les qualités de la variété dont elle est issue, avec un feuillage moins abondant et une hauteur moins grande. Le grain, d'un noir luisant, est fin et un p'eu plus court que celui du haricot

PLANTES POTAGERES.

Flageolet noir. Le haricot Flageolet jaune à feuille gaufrée est une variété naine de première saison, haute de 0 m. 30, à feuilles gaufrées; hâtive, très productive, elle donne des cosses entièrement vertes, sans marbrures, longues de 0 m. 30, excessivement tendres. On peut cueillir pendant six semaines consécutives sur la même saison. Le haricot

Fii,'. 0. — Gliou-navet Ijlanc ù leuille enliùru.

l"ig. 7. — FiuiL du liaricot llageolel noir à feuille gaufrée.

de Soissons vert à rames est une autre variété précoce, qui diffère surtout de la variété-mère par ses grains d'une belle couleur verte, au nombre de six à sept par cosse.

La laitue Mignonnette (fig. 8) est une plante compacte, à feuilles

cloquées, à pomme bien ronde et extrêmement dure, restant longtemps en parfait état et très lente è monter, On peut la planter très serrée, et eile convient très bien pour les cultures intercalaires. Semée sur terre en février et abritée seulement d'un châssis, elle s'est montrée, parmi la plupart des sortes hâtives, aussi précoce que celles-ci, et elle a tenu sa pomme comme les meilleures et les plus dures laitues, dites « lentes à monter. »

Au pois Serpette express, que nous avons eu l'occasion de signaler déjà, M. Forgeot ajoute, cette année, le pois Mangetout géant beurre à Heur violette.

Signalons aussi deux nouvelles variétés de pomme de terre : la pomme de teri'e (réante mm pareille, variété d'un rendement

Laitue Mignonnck

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énorme, propre surtout à la grande culture, dont les tubercules ont un volume exceptionnel, et la pomme de terre à feuille pamachée^ curieuse et intéressante variété, issue de l'Early rose dont elle possède tous les cnrnctères ; le feuillage en est gracieusement et régulièrement panaché de blanc. J. de Pradel.

Carnac, le 7 janvier 1893

L'année qui vient de finir a été bien naauvaise pour la culture, surtout pour les récoltes en foin et racines, ce qui rend difficile la nourriture du bétail pendant cet hiver. La sécheresse excessive que nous avons eue et le manque d'eau pour abreuver les bestiaux leur ont nui considérablement. La récolte des navets a été pour ainsi dire nulle et les trèfles incarnats ont été semés très tardivement à cause de cette sécheresse prolongée, et il est à craindre qu'ils ne puissent supporter convenablement les froids rigoureux que nous éprouvons en ce moment.

Les frouients sont levés très rapidement, ils poussaient même trop vite et, sous l'action d'une chaleur humide, ils étaient infestés de mauvaises herbes, qui vont être détruites heureusement par ces fortes gelées.

Les boutons des arbres à fruits qui sont très nombreux, grossissaient trop rapidement; ils sont maintenant fort heureusement arrêtés, et il en étaittemps.

Nous n'avons pas encore eu de neige, mais il menace d'en tomber.

Tous les produits agricoles sont à vil prix et sont loin d'être rémunérateurs, c'est donc une triste année qui vient de finir; il est bien à désirer que celle qui commence soit meilleure. Jules Gy (de Kermavic),

Defernez (Benoît) cultivateur à Vieux-Condé (Nord), membre du Comité de l'uniou agricole de Condé : expériences cullnrales.

Chérubin (Ctiarles) cultivateur à Maing (Nord) : plusieurs récompenses.

DoRviLLE (Gustave-Henri), professeur au Lycée Michelet à Vanves (Seine) : création d'un jardinécole.

HuET (Edouard-Louis-Lucien), professeur-adjoint à la faculté des sciences de Caen (Calvados) : études sur les parasites du pommier.

GiLLET (Marie-Victor), propriétaire-cultivateur, maire de Meillonnas (Ain) : mise en culture de terrains communaux: organisation d'une société de fromagerie.

Carrière (Paul-Loui^), industriel à Saint-André-de-Majencoules (Gard), membre du Comice agricole : plusieurs récompenses.

Blanc (Alphonse), viticul eur à Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard) : reconstitution d'importants vignobles, nombreuses récompenses.

Gourdin (Albert), viticulteur à Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard) : création d'une vaste pépinière; nombreuses récompenses.

Dupont (Adrien), régisseur à Saint-Hippolyte-du-Gard (Gard) : agriculteur distingué.

Salles (Joseph), propriétaire viticulteur a Alais (Gard) : secrétaire-trésorier de la Société d'Alais; travaux importants d'irrigation.

BouRELLY (Jean), propriétaire, maire de Beauvoisin (Gard) : reconstitution de vignobles.

Gentilhomme (Jean-Baptiste-Marie), horticulteur à Vincennes (Seine) : vice-président du syndicat central des horticulteurs de Friince.

Pascal (Hippolyte-Alexis). directeur de l'usine des produits chimiques et agricoles de Marennes (Charente-Inférieure) : ser\ices rendus à l'agriculture, conférences agricoles.

GuiLLERMiN (Jean), président de la Société horticole de Chambéry (Savoie) : a donné une vive impulsion aux progrès de l'hoiticulture.

ExcoFFiER (Joseph) propriétaire, à Chambéry (Savoie), président du Comité local contre le phylloxéra : reconstitution de vignobles.

Rambaud (Stanislas), propriétaire à Valloire (Savoie) : création d'une société fruitière importante.

Grisard (Pierre-Urbain), propriétaire agriculteur à Saint-Sigismond (Savoie) : yice-président du Syndicat agricole d'Albertville. Nombreuses récompenses.

Rey (Gaspai'd), propriétaire à Frétéride (Savoie) : agriculteur distingué. Reconstitution d'un important vignoble.

Fressoz-Guy (Benoît), propriétaire-agriculteur, maire de la Compote (Savoie) : bonne tenue de ses exploitations agricoles.

Monnier (Ernest-Frnnçois-Anguste), professeur d'agriculture de l'Ardèche.

Brisset (Pierre-Âlphonse-Emile), viticulteur à Reims (Marne) : travaux de défrichement. Création de vignobles. Auteur de remarquables analyses du sol rémois.

PoLLiART (Jules-Léon), agriculteur à Reims (Marne) : transformation et mise en rapport de terres improductives. Nombreuses récompenses.

Martin (Alexandre), inspecteur d'académie à Mézières (Ardennes) : lauréat de l'Académie des sciences morales et politiques.

1, Voir le Journal du 7 janvier, p. 21.

JoRE (Auguste), agriculteur, maire de Saint-Ismier (Isère), secrétaire général du Syndicat agricole de Grenoble, secrélMire-adjoint de la Société d'agriculture de Grenoble, membre du Conseil départemental d'agriculture : création de concours d'animaux.

ViNCENDON-DuMouLiN (Constanl-Camille) , propriétaire-viticulteur à Chevrières (Isère), vice-président du Conseil départemental d'agriculture de l'Isère : création dun vignoble important; plusieurs récompenses.

Payraud (Gustave), propriétaire à Lans (Isère), trésorier de la Station d'élevage du 'Villard-de- Lans.

Lanet (Louis-Claude), propriétaire, maire de Saint Jean-d'Avelane (Isère), vice-président de la Société d'agriculture de Pont-de-Beauvoisin et Saint-Geoire : nombreuses récompenses.

Damaizin (Frédéric), agriculteur-horticulteur à Jonage (Isère) nombreuses récompenses.

Musset (Raymond Charles), professeur de botanique à la Faculté des sciences de Grenoble, président de la Société de statistique de l'Isère.

JouRDAN (Félix), vétérinaire sanitaire à Grenoble (Isère), membre du Conseil départemental d'agriculture; fondateur d'un institut vaccinal.

De Galbert, secrétaire général de la Société d'horticulture de Grenoble.

Gatet (Louis), agriculteur et arboriculteur à Vienne (Isère) : nombreuses récompenses.

RiCHER (Joseph-Marie), propriétaire, maire de Gliâteau-Gaillard (Ain) : agriculteur distingué; reconstitution de vignobles.

Barbot (Jean), agriculteur, maire de Blaslay (Vienne) : reconstitution de vignobles; nombreuses récompenses.

CoTRON (Pierre), propriétaire-cultivateur à CoUe-d'Evescault (Vienne): lauréat de divers concours.

DuBuissoN (François), propriétaire-agriculteur à MontmorlUon (Vienne) : agriculteur distingué. Créations de prairies.

Fradin (Albert), propriétaire-agriculteur à Archigny (Vienne) : création d'une Société agricole; services exceptionnels.

Trépeau (Elle), propriétaire-agriculteur à Vicq-sur-Gartempe (Vienne) : lauréat de la prime culturale dans les concours agricoles.

Bellanger (Jules-Alexandre), agent-voyer faisant fonctions d'ingénieur à Sainte-iMenehouId (Marne); membre et rapporteur de commissions de Comices.

Renard (Louis-Benjamin), vétérinaire à Dampierre-le-Chàteau (Marne)^ président de la Société vétérinaire de la Marne : conférences publiques.

Raunet (Narcisse), propriétaire-cultivateur à Sainte-Marie-à-Py (Marne) : travaux importants de plantations.

Auuibert, maire de Manduel (Gard), président du syndicat viticole et agricole; services rendus à la viticulture.

Reboul (Adolphe), propriétaire-agriculteur à Dieulefit (Drôme) : organisation et direction de Commissions cantonales.

Roman (E.), propriétaire-viticulteur à Dieulefit (Drôme) : reconstitution d'un vignoble important.

Brilloud (Anatole), propriétaire-agriculteur à Bressuire (Deux-Sèvres) : trésorier du Comice de Bressuire, président de la Commission de statistique agricole du canton de Bressuire.

HiRSCH (Salomon), négociant à Paris : nombreuses récompenses.

Sirgoulon-Peyrusset (Charles-Albert), fabricant de chicorée à Audincourt (Doubs).

Beaufort (Pierre-Philippe), agriculteur, maire de Thézée (Loir-et-Cher), membre de la Chambre consultative d'agriculture, lauréat de la Société d'encouragement à l'agriculture : a, par ses expériences, fait réaliser de grands progrès.

Lhomme (Jules), viticulteur à Onzain (Loir-et-Cher), membre de la Société d'agriculture de Loiret-Cher •. plusieurs récompenses.

Dçlahye (Louis), horticulteur à Tours (Indre-et-Loire) : lauréat de divers concours et expositions.

Maeille (Georges-Rémy), constructeur de machines agricoles à Amboise (Indre-et-Loire) : membre fondateur des pépinières syndicales viticoles de Nazelleset Négron.

PiNGUET-GuiNDON. pépinieristc à la Tranchée, près Tours (Indre-et-Loire) : création de pépinières et champs d expériences; nombreuses publications agricoles.

HiRSCH (Alfred), négociant en houblons à Paris : lauréat de diverses expositions, secrétaire de l'exposition de brasserie (1891).

.Labuchelle (Pierre), régisseur du château d'Issan à Margaux (Gironde), viticulteur distingué.

Mme Delhomme, née Fanellie Lgurdin, propriétaire à Crézancy (Aisne) : a fait don au département de l'Aisne d'un important domaine pour y fonder une école pratique d'agriculture.

Gaillot (Auguste-Léon), directeur de la Station agronomique de l'Aisne à Laon : nombreuses publications agricoles.

Basselet (Vlctor-Amédée-Joseph)j constructeur de machines agricoles à Laon (Aisne) : lauréat de nombreux concours.

Tintelin-Leroy (Désiré), viticulteur, maire de Montreuil-aux-Lions (Aisne) : délégué adjoint de la Commission de défense du phylloxéra.

Robert-Libert (Victor) cultivateur-vigneron à Fossoy (Aisne) : importants services rendus à la viticulture.

Lemoine (Achille), agriculteur à Montron (Aisne) : travaux importants de défoncement, de marnage et de drainage; lauréat de nombreux concours.

PÉLissiER (Auguste) pépiniériste à Château-Renard (Bouches-du-Rhône) : lauréat et membre du jury de divers concours.

BoDiGHON (Henri-François) chef du poste de Bangui (Haut-Oubangui) (Afrique centrale) : attaché à la mission scicnliïique de l'explorateur Jean Dybowski dans l'Afrique centrale.

Chalot (Charles-Pierre), ancien jardinier chef du jardin botanique à l'école d'agriculture de Grigiion : pré|)arateur altache à la mission scientiflque Dybowski dans l'Afrique centrale.

Brevet (Félix), agriculteur à Viriat (Ain); vice-président du Comice agricole de Bourg : lauréat et membre du jury de divers concours.

, CoNVEUT (Benoît-Juies-Emile), négociant à Bourg (Ain) : vice-président du Comice de Bourg. ' Floutier (César-Siméon), régisseur à Vauvert (Gard) : reconstitution d'un important vignoble.

Devouges (Amédée-Octave), professeur de chimie à Remiremont, directeur du laboratoire agricole départemental des Vosges.

Dargent (Charles Emile), agriculteur à Frasne-le-Château (Haute-Saône), membre de la Société d'agriculture du Doubs; agriculteur distingué : application des nouvelles méthodes de culture.

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