‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 42 sur 691 · SUR LA PULPE SÈCHE DE BETTERAVES · texte numérisé non relu

SUR LA PULPE SÈCHE DE BETTERAVES

Dans une année de pénurie de fourrages, comme celle que nous subissons en ce moment, on nous permettra d'appeler l'attention des cultivateurs sur un produit d'alimentation du bétail, encore bien peu connu dans notre région. Nous voulons parler de la pulpe de betteraves qui forme la base de la nourriture du bétail des écuries du nord de la France et en fait la richesse.

Quelle est son origine, sa valeur nutritive, son emploi, telles sont les questions auxquelles nous voulons répondre en quelques mots.

La pulpe provient de la betterave sucrière qui, après avoir été râpée, est pressée pour en obtenir le jus destiné à la fabrication, soit de l'alcool, soit du sucre. Le produit qui reste dans la presse forme la pulpe verte, contenant la partie non soluble de la betterave ; elle contient donc tous les éléments nutritifs de cette dernière qui sont : 1° les matières protéiques formant le sang, la chair, etc., de l'animal; 2° les hydrates de carbone, les matières grasses, un peu de sucre, etc., destinés à former la graisse et aussi à entretenir la vie en maintenant la température nécessaire dans le corps de l'animal,

La pulpe verte sortant drs presses contient par 1,000kilog. : pulpe sèche, 180 kilog.; eau, 820 kilog.

Si ce produit tel quel est avantageux pour la culture située près de l'usine qui le fabrique, il n'en est plus de même pour ceux qui veulent le faire consommer et qui se trouvent éloignés du lie^i de production; ceux-ci ont à supporter des frais de transport très onéreux qui rendent l'emploi de la pulpe verte presque impossible par suite de son prix de revient trop élevé, sans parler des inconvénients de la mise en silo pour sa conservation.

De là, l'idée chez beaucoup de producteurs de pulpe, sucrerie ou distillerie, de dessécher la pulpe humide pour permettre de la livrer à l'état sec à de certaines distances, sans qu'elle soit grevée de frais de transport trop élevés et de pouvoir la conserver facilement et indéfiniment sans mise en silo.

Ce système de dessiccation de la pulpe prend en ce moment un développement important dans le Nord et chez no^ voisins d'outre- Rhin.

La distillerie Bugnot-Colladon, de Roche (Doubs) , n'a pas voulu rester en retard; dès la campagne passée elle en a produit une certaine quantité qui a été achetée et bien appréciée par des éleveurs et engraisseurs de la montagne, notamment du Russey, et cette année elle en met à la disposition de la culture une quantité d'une certaine importance.

La pulpe sèche est un produit sec, pulvérulent, pouvant se conserver bien longtemps en la mettant dans un lieu sec, comme le foin, le son, etc. Nous donnons ci-dessous sa composition, en éléments utiles, comparée à celle du foin.

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