II. — La fabrication des machines agricoles à Abilly
Les ateliers de construction de machines agricoles d'Abilly (Indreet-Loire) comptent parmi les plus anciens de France ; établis d'abord, en 1820, pour la construction de machines industrielles, ils devinrent, au milieu de ce siècle, un centre actif de fabrication de machines agricoles. Le nom de Pinet, créateur de ces ateliers, est universellement connu pour les types de machines qu'il a inventés. Les accidents de la vie et de la mort exercèrent ici, comme partout, leur influence; la perte de son directeur arrêta l'ancienne activité de l'usine, lorsqu'il y a près de deux ans une Société nouvelle en prit la direction, et rendit au travail des ateliers une vive impulsion. C'est cette sorte de résurrection que nous avons pu examiner dans ces derniers temps, et dont nous donnons avec plaisir les principaux <3aractères.
Le village d'Abilly, d'une population de 1,200 habitants environ, est situé sur les bords de la Claise, petit affluent de la Creuse qui forme, à quelques kdomètres, la limite entre la Touraine et le Poitou, Propre et coquet, comme la plupart des villages tourangeaux, il a été longtemps isolé de lactivité des voies ferrées; il est traversé aujourd'hui par la ligne du chemin de fer de Port-de-Piles au Blanc. Le canton de la Haye-Descartes, auquel Abilly appartient, est surtout un canton agricole, qui se partage entre la culture des céréales et celle de la vigne; mallieureusement, cette dernière est cruellement atteinte aujourd hui par la crise phylloxérique. La nouvelle impulsion donnée à l'usine d'Abilly devra contribuer à pallier, pour la population, une partie des effets de cette crise terrible.
L'usine des machines agricoles, installée dans un milieu où la vie est à bon marché, est organisée elle-même pour produire dans les meilleures conditions de bon marché. La force motrice nécessaire aux ateliers est donnée par deux roues hydrauliques établies sur une dérivation de la Claise, et susceptibles de fournir une force de quinze chevaux. Des transmissions distribuent le mouvement dans tous les ateliers. Pour le cas de chômage qui est d'ailleurs rare, ou pour le cas d'accidents, une machine à vapeur peut se substituer aux roues hydrauliques.
Les ateliers sont au nombre de quatre : la scierie, la menuiserie, l'atelierd'ajustage, celui des forges. — Dans la scierie, des scies mécaniques débitent les bois nécessaires à la construction des machines; les bois employés sont surtout des bois de chêne et de frêne provenant des forêts du pays et des bois du Nord, ces derniers en faible quantité.
— Dans l'atelier de menuiserie, on établit les carcasses des manèges, des batteuses, des tarares, des coupe-racines, etc. ; des tours mécaniques servent à préparer les pièces rondes. — Les forges sont au nombre de cinq; on y travaille le fer et l'acier, qui ont presque complètement remplacé la fonte dans la construction des instruments aratoires.
— L'atelier d'ajustage est le plus important; vaste, bien aéré et bien éclairé, il renferme une quarantaine d'étaux pour autant d'ouvriers, et une série complète de machines-outils pour le travail des métaux : tours, machines à fraiser, machines à percer, machines à raboter, etc.; toutes ces machines sont mues par des transmissions actionnées par les roues hydrauliques.
Enfin, la fonderie est établie dans un bâtiment séparé; en marche normale, deux cubilots servent à faire deux coulées par semaine, donnant chacune quatre tonnes. Un soin scrupuleux est apporté au choi?i des matières premières pour obtenir une fonte uniforme et d'excellente qualité. La fonderie peut servir non-seulement à alimenter l'usine, mais à fournir des pièces aux maréchaux du pays.
La fabrication des usines dAbilly porte sur deux catégories d'instruments: les machines Pinet et les instruments viticoles du système Renault-Gouin. A la mort de M. Renault-Gouin, qui avait acquis une réputation universelle dans la construction des instruments viticoles, la nouvelle Société a transporté^ à Abilly, ses ateliers de Sainte-Maure dont elle a fait l'acquisition, et elle a été suivie par quelques-uns des meilleurs ouvriers. Examinons rapidement les principaux types de construction.
La réputation du manège Pinet n'est plus à faire ; depuis près de quarante ans, il est considéré, à juste titre, comme le type des manèges en l'air. Il est formé par un croisillon en poutres, au centre duquel les bras servant à atteler les animaux s'encastrent sur une roue dentée ; cette roue commande un pignon dont l'axe porte une deuxième roue dentée, commandant à son tour un pignon dont l'axe, prolongédans une colonne creuse qui surmonte l'appareil, se termine par une poulie horizontale sur laquelle s'enroule la courroie de commande. C'est un instrument parfait pour multiplier la vitesse (au pas ordinaire des chevaux, la poulie de commande fait 125 tours à la minute); il est d'ailleurs d'une extrême simplicité, puisque deux couronnes et deux
Fig.66. — Type du manège Finel.
pignons droits le composent, et il absorbe le minimum de travail.
Pour que le manège fonctionne régulièrement, la transmission doit se faire dans un plan absolument horizontal, ce qu'on ne peut pas toujours réaliser facilement. Afin de parera cette difficulté, on fait aujourd'hui, à Abilly, des manèges à poulies verticales (fig. 67). L'axe vertical se termine par une roue d'angle, qui engrène un pignon commandant une poulie verticale; le support de celte • poulie étant mobile autour de la colonne du manège, on peut, sans déplacer celuici, établir la commande dans une direction quelconque.
Le manège en l'air, qu'on peut appliquer à tous les besoins de transmission de la force dans les exploitations, a été appliqué surtout aux batteuses Pinet, qui sont des batteuses en bout pour la moyenne et la petite culture. Il s'applique aussi aux batteusesàpointes(fjg.68), dans lesquelles le batteur et le contre-batteur sont armés de dents en fer, qui s'entrecroisent pendant la marche; ces dernières, dont on construit de bons modèles à Abilly, ménagent mieux^ la jKiille que les batteuses en bout.
A ces appareils s'ajoutent les tarares dél^ourreurs, et les autres instruments d'intérieur de ferme : hache-])aille, coupe-racines, concasseurs,
broyeurs de pommes, fouloirs à vendanges, barattes, etc. On fabrique
Fig. 67, — Manège à poulie de renvoi verticale.
à Abilly deux modèles de coupe-racines : le coupe-racines en fonte à disque plat, et le coupe-racines en bois, à disque conique (fig. 69) ; ce dernier, qui est d'une extrême solidité, se recommande parla régularité de son débit et le peu de force qu'il dépense; les cou-
Fig. 68. — Balleuse a pointes, mue par un manège Pinet.
teaux sont dentés ou unis, à volonté, pour faire soit des cossettes, soit des tranches, — Parmi les instruments d'extérieur de ferme, figurent surtout des extirpateurs, des charrues brabants, des rouleaux, et la faucheuse spéciale d'Abilly, dénommée la Tourangelle: cette faucheuse, imitée du système Wood, est un des bons modèles de construction française. Le cadre des appareils fabriqués ici s'élargira certainement encore.
Avecles instruments aratoires du système Renault-Gouin, nous trouvons appliqué le principe capital de la fabrication moderne, la sub-
stitution du fer forgé et de l'acier à la fonte et au bois. Il est à peine besoin d'ajouter que les pièces sont calibrées avec une exactitude qui en rend le remplacement très facile en cas d'usure. Dans la .charrue ordinaire, légère et solide, le corps est ^ en fer forgé, le versoir et le soc sont enacier; le versoir est fixé par '^^^^^W une vis qui permet de l'ouvrir ^"^^
1 • • ti 1 1 Fis. 69. — Coupe-racines a i;lis(|ue conique.
plus OU moins suivant la largeur de ' fe- " • ^ i i i
la raie qu'on veut tracer. Mais
c'est surtout par la charrue vignerOnne que M. llenault-Gouin avait acquis sa renommée universelle; il fabriqua, en efïet, un des meilleurs types de charrues permettant de faire les labours dans les vignes en lignes, et le système qu'il adopta a été souvent imité. La charrue vigneronne
doit pouvoir remuer le sol jusqu'au pied des souches, sans les endommager; ce résultat est obtenu, dans son système de charrue, par la mo
Fig. 70. — Charrue visrneronne Renault-Gouin.
Fie-. 71. — Vue en dessus de la cliarrue vigneronne.
bilité du régulateur dans le sens transversal, par celle des mancherons [et par une heureuse courbure de l'étançon qui rejette le cep
Fig. 72. — Exlirpateur à trois socs.
Fig. 73. — ScariCcateur à cinq socs.
Fig. 74 — Corps du huttoir.
Fig. 75. — Corps du bisoc.
sur le côté du plan vertical de l'âge, comme le montrent les figures 70 et 71 . Les preuves de la valeur de ces charrues ont été faites dans maints concours; on peut déchausser et rechausser "les vignes, et leur
donner toutes les façons qu'elles demandent. Cette charrue présente, en outre, l'avantage d'être un instrument multiple; en effet, on peut adapter sur le même âge des appareils variés pour les divers travaux qu'exige le sol, non seulement pour la culture de la vigne, mais pour celle des autres plantes. Les figures 72 à 76 montrent quelquesunes de ces véritables pièces de rechange : un extirpateiir à trois socs, un scarificateur à cinq socs, un buttoir, un bisoc, un arracheur de pommes de terre. On pourrait enciter d'autresencore.
Toutes ces pièces sont construites avec une égale so-
FiiT. 7(1.
Arrache pommes de terre.
lidité; les parties travaillantes sont toujours en acier.
Aux charrues s'ajoutent les houes vigneronnes (fig. 77). A maintes reprises, nous avons insisté sur la valeur des houes pour le nettoyage de toutes les cultures en lignes. Dans les houes Renault-Gouin, le bâti est expansible, c'est-à-dire que les branches latérales peuvent être écartées on rapprochées à volonté; l'instrument peut travailler sur une surface dont la largeur peut varier de 30 à \)0 centimètres. Dans le type que montre le dessin, la houe porte six dents de herse, quatre socs en forme de rasettes, et un large soc triangulaire. Tous ces socs
Fig. 77. — Houe vigneronne à expansion.
sont mobiles ; on peut substituer des socs plus ou moins longs ou larges, suivant la nature des teries dans lesquelles on travaille ou suivant le travail qu'on veut obtenir, La houe peut donc servir dans toutes les conditions de la culture; cet instrument a certainement, comme la charrue vigneronne, un grand avenir.
Cette exquisse des usines d'Abilly serait incomplète, si nous ne signalions, en terminant, un point intéressant de l'organisation du travail dans les ateliers. Les ouvriers sont associés entre eux par sections d'atelier, et ils travaillent daprès les prix de tabrication établis entre le chef d'atelier et le chef de section. Chaque ouvrier reçoit
régulièrement, à titre de garantie, le prix de sa journée. A la fm de l'année, le compte du travail produit est établi d'après le prix fixé pour la fabrication, et l'excédent constitue un bénéfice qui est réparti entre les ayants-droit. C'est une forme de participation aux bénéfices, qui se tait dans les meilleures conditions pour les ouvriers. Il suffît d'ailleurs de parcourir 1 usine d'Abilly pour constater qu'une très heureuse harmonie règne entre tous les agents, depuis le directeur jusqu'aux simples manœuvres: c'est un exemple excellent à signaler.
Heniiy Sagmer.
Les rectifications, à l'article de M. Housman, que j'ai publiées dans le Journal de l\4gricuUuredv\ 18 mars, m'ont valu deux réponses, l'une de M. Grollier à la date du 23 mars, et une autre de M. deChauvelin.
Je ne viens pas ici contredire les idées émises par ces deux écrivains champions du Durham. Chacun connaît et sait apprécier depuis longue date les articles éminenls qu'ils ont bien voulu publier sur les Shorthorns, et, les services qu'ils ont rendu à celte noble race.
J'aurais tbrt de vouloir réfuter les arguments qu'ils opposent à ma manièrede voir, à la manière générale, en France, déjuger le Durham. Mode que nous ont enseigné la pratique, l'élevage et les expositions.
Je tiens simplement à maintenir mon dire, à persévérer dans la description du Shorthorn, quej'ai donnéedans mon précédent article, que la majorité des éleveurs de cette race ont adoptée en France, et qu'ils s'efforcent de produire telle que je l'ai dépeinte.
Ce sera grâce à ma verve chaleureuse et inexpérimentée, à ma mouche qui se trou\e piquée, selon M. Grollier; et, à la ditficulté de fixer mes préférences, selon M. de Chauvelin; que je me permettrai, au cours de ces quelques lignes, d'exprimer certaines réflexions sur les appréciations de ces messieurs, qui ont bien voulu m'honorer d'une réponse.
Je n'ai donc pas écrit dans le vide, el les idées générales que j'émettais ne sont donc pas si déméritoires, puisqu'elles m'ont valu la contradiction d'écrivains consommés sans qu'ils aient pu leur o|)poser des preuves irréfutables.
Tous les membres des juys des nombreux concours antérieurs, où la vache l" prix de Paris a figuré, devront donc s'apprêter à recevoir des bottes de fleurs, carie mérite personnel de cette bête n'était pas suffisant. L'opinion publique les a, paraît-il, toujours condamnés dans leurs préférences, et, ce doit être par inadvertance ou par flatterie qu'ils l'ont, tous les ans, couverte de succès.
Cependant dans toutes les expositions, nous avons toujours donné la préférence aux bons animaux, sans vouloir une rivalité toujours malheureuse d'un exclusivisme quelconque. Nous lesavons toujours primés, suivant le modèle du type Booth, auquel nous nous attachons, je le répète, à donner de la distinction dans la tête, de la finesse dans les cornes, un meilleur passage de sangles, une viande mieux répartie sans boules suifeuses, avec une culotte large, ronde et la plus descendue possible, représentant Tanimal le mieux proportionné donnant le plus gros rendement de viande pour 100 de son poids vif.
Le type Bootli est pris ici, en général et non en particulier, comme se rapprochant par son près de terre le plus de nos goûts français. Cultivons-le pour notre idéal. Arrivons à le produire, cet idéal, par sélection, ou par le croisement Bâtes ou Booth, peu importe, cela n'intéresse que les producteurs de Shortliorn, pourvu qu'ils donnent à l'acheteur le modèle demandé.
Les uns essayent d'arriver plus vite à cette perfection par l'emploi unique des Booth, d'autres, les plus nombreux, par l'emploi combiné et sélectionné des deux variétés, mais tous recherchent avant tout dans leur production le type décrit plus haut.
Ce type viande a toujours été recherché, et, primé encore à Paris cette année comme à Tours en 1892. En effet, dans cette dernière ville, le premier prix était décerné à une vache très laitière comme le sont en général les Durhams, mais qui possédait, en même temps, sur toutes ses concurrentes de la section, les apparences certaines du plus grand rendement de viande net au jour où elle serait livrée à la boucherie, tant par sa conformation que par sa nature. C'était donc très judicieusement, ainsi que le premier prix de Paris, que ces animaux présentant le même type aient été préférés par des jurys différents.
Le jury de Paris peut avoir fait des mécontents, mais la majorité des exposants a su toujours constater son impartialité et sa grande connaissance des animaux. Si malheureusement, dans le sein d'un syndicat, quelques membres ont voulu critiquer les opérations de ce jury olficiel, rien de ce genre n'a été inséré au procès-verbal de la séance, et avec juste raison; car la majorité aurait été complètement opposante.
11 est surtout difficile de trouver dans la section des vieilles vaches des animaux très viandes. Chacun sait qu'une vache qui s'avance dans sa carrière reproductrice ne sera pas aussi viandée, et, aura toujours trop de couvertures suifeuses, en tout cas, beaucoup plus qu'une jeune bête avant vêlage, qui est regardée comme donnant de la viande de qualité supérieure. La vieille vache ayant nourri, n'a pas de cours sur les marchés, et alimente la boucherie de troisième et quatrième qualité. Il en est de môme dans toutes les races.
Le Durham est un animal suffisamment laitier pour bien élever ses produits, et la majorité des sujets ont de l'excédent. Mais le destinant surtout à l'alimentation de la boucherie, ne lui demandons pas plus de production lactifère qui lui augmenterait toujours les dégras et les déchets suifeux.
Suivant le pays du reste, comme toutes les différentes races où il vivra, la nature du sol, les conditions climatologiques, la nourriture, il conservera, augmentera ou diminuera ses aptitudes héréditaires de bon laitier ; nous devrons nous efforcer de les lui faire conserver et même augmenter, mais à la condition expresse qu'il soit viande avant tout.
Lorsque les éleveurs importèrent autrefois le Durham en France, ils étaient animés de la conviction profonde que cette race devait être le type parfait de l'animal de boucherie : c'est-à-dire, l'animal présentant les plus belles proportions pour donner à la consommation le plus grand rendement pour cent du poids net par rapport au poids vif. C'est là le problème, là se résout l'engraissement le plus écono-
666 ENCORE LE DQRHAM.
inique, et nous devons incontestablement nous- y attacher le plus. Ces éleveurs, par un choix judicieux de taureaux pouvant présenter ces avantages, sont arrivés à créer des étables renommées dont le souvenir n'est pas effacé, dont les produits étaient fort recherchés.
Les résultats obtenus ont alors fondé une méthode accréditée, un modèle d'animal qui s'est perpétué, dans le goût des éleveurs français, dans les demandes du commerce. Il est donc naturel que ces éleveurs vénérés, en face des succès obtenus par leur persévérance, aient groupé autour de leur souvenir, des adeptes, dont le devoir est de profiter de l'expérience des maîtres d'autrefois, et de faire leurs efforts pour suivre leurs leçons.
Pour leur mémoire et les services rendus, il est peut-être regrettable d'entendre aujourd'hui traiter de routiniers, des éleveurs qui sont restés fidèles à leurs enseignements et à leurs sages exemples.
Faut-il donc, pour quelques demandes particulières de l'étranger qui veulent de l'os, abandonner les types présents, dans les vacheries actuelles, résultant d'une longue sélection bien raisonnée? surtout quand ces demandes proviennent de pays très éloignés qui depuis dix ans nous ont acheté une infime partie de notre élevage.
Faut-il produire des animaux enlevés, de grande taille, pour adopter quelques idées nouveLes quand depuis des années le commerce ne nous demande et ne veut se servir que d'animuux très près de terre? A cela nous devons répondre : non. Il y aurait là une imprudence peut-être irréparable dans l'avenir, tout au moins pour de longues années. Car il est incontestable qu'un animal de haute taille ne sera pas à viande, mais à gros os et à suif. Ce que nous devons éviter à tout prix. La boucherie, qui aujourd'hui paraît jeter une certaine défaveur sur le Durham, aurait certainement raison, si elle y trouvait trop de décharges, trop d'os, trop de suif, trop de peau, toutes choses qui sont à vils prix, et, un rendement de viande non proportionné au poids pour son bénéfice et la satisfaction du consommateur.
Il ne faut pas se départir du vrai but, et, se bien pénétrer que le Durham Bâtes ou Booth, qu'il provienne d'Angleterre, d'Irlande ou d'Amérique, peu importe, doit toujours rester la belle race qui a été si admirée, si recherchée, qui a rendu tant de services, qui doit continuer encore à en rendre, et, que pour obtenir ce but il faut le produire avec des proportions régulières, une petite ossature, un rein droit, un corps long, large, profond, que l'on peut grandir, si l'on veut ; mais sans s'écarter de ce type de conformation près de terre.
Les pedigrees ont évidemment une grande importance que l'on doit respecter. On doit toujours en tenir un grand compte, mais que ce soit là un mérite suffisant pour constituer un bon reproducteur : là est peut-être une erreur. Quand deux animaux présenteront les mêmes qualités, nous prendrons certainement celui possédant la plus ancienne généalogie et la plus correcte.
Mais si des deux sujets celui possédant la meilleure origine, a de graves défauts, il ne doit pas être accepté ; car il faut qu'en outre du mérite de sa haute naissance, il soit, par ses formes, par sa conformation, en un mot, par son mérite personnel, un rejeton digne en tous points de ses nobles ancêtres.
Avant tout en effet, il faut éviter de semer la discorde au sein du syndicat; mais, ce devoir doit émaner de tous ses membres, et pour cela, accepter, respecter chez tous, la manière d'apprécier le bon Durham, et, ses membres doivent tous concourir d'un commun accord à le maintenir, l'améliorer dans le sens de conformalion indiquée précédemment : conformation la plus pratique, conformation demandée et recherchée par la majorité des éleveurs: conformation, comme il a été déjà dit, qui a rendu à l'élevaj^e en général tant de services, et, qui est appelée à en rendre dans l'avenir : conformation réclamée par la boucherie et la consommation. G. Auclerc.