APPARENCES DES CULTURES. - SUD-OUEST
Nos annales climatologiques et agricoles mentionnent une période s'étendant des premiers jours de mars au milieu d'avril, déjà dépassée, sans une chute d'eau, avec alternatives de venls venant, tantôt du nord, tantôt du sud; ce dernier, malgré la baisse du baromètre qu'il produit, aussi desséchant que la froide bise à laquelle il cède la place sans faire erier sur nos têtes le plus Jéger nuage, espérance de nos plantes étiolées.
que 1 on rencontre les mentions recnerciiees auj(
L'année 1811 fut quelque peu pareille à celle que nous dévidons. Le mois de mars fut d'une extrême sécheresse. Malgré cela, ksblcs semés en terre boueuse se relevèrent, les pieds qui avaient résisté au froid prirent bel aspect. Les fèves qui mieux que le Lié témoignent des conditions défavorables des jours écoulés, donnèrent au plus deux fois la semence. Je ne sais si à l'heure aftuelle on ne rencontrerait pas de nombreux cultivateurs cédant le rendement de leur hectare de fèves pour le double de la semence répandue en novembre. La fève est notre plante enregklreur. si l'on peut ainsi dire; mieux que toute autre elle marque les impressions des saisons.
Eu cette année 1811, malgré le retour à une végétation régulière, malgré quelque mieux apparent produit dans les cultures, malgré les pluies des derniers jours d'avril, la récolte fut médiocre.
Quelle espérance émettre sur nos cultures d'après les apparences; l'état actuel?
Le tapis végétal montre des froments à coloration verte, tassés, quelques feuilles jaunies, suivant les conditions ordinaires. Tiile est la situation d'une partie, un tiers peut-être de la surface occupée par la plante.
On sait que la céréale doit évaporer dans les sols de moyenne fertilité des quantités considérables d'eau : 1 kil. 500, pour fixer un gramme de matières minérales: siccité extrême du terrain d'un côié, grand nombre de pieds pressés autour de cet abreuvoir peu rempli, comment le végétal résoudra- t-il cette difficulté d'alimentation? Ailleurs en terrains peu profonds, légers, ayant déjà perdu toute humidité, la plante n'a pu, au réveil de son activité végétale, éparpiller ses suçoirs, prendre possession du sol.
A l'arrivée des chaleurs, les premières feuilles, ainsi que les fibres de la racine, périssent, il se forme au collet de nouveaux bourgeons et avec chaque bourgeon de nouveaux radicelles, jusqu'à ce quela tige aitatteint une certaine longueur; l'eau est nécessaire pour l'accomplissement de ces phénomènes, l'agent par excellence tait défaut. Ya-t-il arrêt, retard, sous l'action d'une chute d'eau abondante l'avarie sera-t-elle réparée; ces jets latéraux, vrai appoint d'une ample moisson surgiront-ils, alors que les radicelles qui doivent leur apporter la vie existent à peine, n'ont pas atteint ce développement qui dans les sols bien et profondément ameublis atteint un mètre.
Si l'on est incertain sur la médiocrité du rendement des céréales, le même doute n'existe pas quant à l'approvisionnement de nos greniers à foin. Le contretemps qui contrarie l'évolution des graminées a compromis nos récoltes fourragères; des nuits à zéro, des journées à 20 degrés, singulier milieu pour la végétation herbacée. Les prairies volantes, à courte durée, confiées au sol dans les premiers