SUR LA FIÈVRE APHTEUSE
Monsieur le Directeur, quand j'ai quitté, en 1854, mes fonctions de percepteur pour faire valoir mes propriétés du Pays d'Auge, situées à Vulsemé et par extension sur Bonnebosq, communes voisines du grand marché à bestiaux gras de Beaumont (Eure), la fièvre aphteuse venait assez souvent nous visiter, surtout à l'époque de l'arrivée des bestiaux maigres venant dans le pays pour y être engraissés.
Après quelques tàtonnemenis j'étais arrivé à traiter la cocotte avec un plein succès, et très promptement quand on la traitait dès le début, ce qui est essentiel.
Plusieurs fois, depuis que vous dirigez le Journal de l'Agriculture, je vous en ai fait part, et vous l'avez annoncé. Un de mes visiteurs, un médecin d'Anctoville, près Villers-Bocage, a reconnu que mon traitement était rationnel et qu'il le recommanderait dans son pays.
Tout aussitôt que les premiers symptômes de la maladie se manifestent, il faut administrer à l'animal atteint une bonne dose de sel de Glauber (sulfate de soude) proportionnée au poids de cet animal, et, si besoin en est, renouveler la dose au bout de douze, ou de vingtquatre heures. Dans le, ou les intervalles, administrer des boissons légères, thé de foin ou autres infusions calmantes, et dès que la fièvre est tombée, ou à peu près, enlever, avec un bistouri, ou tout autre instrument bien tranchant, tous les aphtes, ou peaux mortes, partout où l'épiderme a été soulevé, notamment sur la langue, l'entrée des fosses nasales et dans la bifurcations des doigts des pieds qu'il faut nettoyer avec plus grand soin. Pais on badigeonne de même avec grand soin toutes les^ plaies avec une solution composée de :