‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 490 sur 691 · CONSOMMATION DES PRINCIPAUX PRODUITS AGRICOLES · texte numérisé non relu

CONSOMMATION DES PRINCIPAUX PRODUITS AGRICOLES

de blé nécessaire à sa consommation. Ce fait ressort une fois de plus d'une étude publiée par MM. Lawes et Gilbert, dans le Journal de la Société ro}'ale d'agriculture d'Angleterre : tandis que, dans la période de 1852 à 1860, la consommation de blé dans ce pays demandait 73 pour 100 à la production indigène et 27 pour 100 seulement à l'importation, pendant la période de 1885 à 1892 elle n'a plus démandé que 32 pour 100 à la production indigène et 68 pour 100 à l'importation. Cette interversion, désastreuse pour l'agriculture du pays, provient beaucoup moins de l'accroissement de la consommation que de la diminution de la culture du blé ; la diminution a atteint, en effet, 39 pour 100 des terres cultivées autrefois en blé.

En ce qui concerne la production et la consommation de la laine, la

ublicalion de M. Dodge fournit les renseignements qui suivent pour

es quatre principaux pays de production :

IrnporUlions nettes Production Total.

France 135,173,000 kilog. 56,536,000 kilog. 191,709,000 kilog.

Angleterre 123,679,000 — 66,806,000 — 190,485,000 —

Etats-Unis 57,247 000 — 129,105,000 — ]86,35'2,000 —

Allemagne 119,'t43;000 — 24,867,000 — 144,310,000 —

Il résulterait de cette comparaison que la laine indigène entre dans la consommation totale à raison de 69 pour 100 aux Etats-Unis, de 35 pour 100 en Angleterre, de 29 pour 100 en France et de 17 pour 100 en Allemagne. Henry Saginieu.

Pétrassin, par Arfeuilles, le 23 avril 1893.

Depuis le 15 mars dernier la Nature ne nous a pas donné une seule goutte d'eau; le temps est sec et aride, comme jamais l'on n'avait vu en pareille saison.

Comme résultat pour la végétation, je ne me souviens pas d'avoir vu une saison printanière se présenter si bien, en avance de plus d'un mois sur les saisons ordinaires, les arbres fruitiers se couvraient comme jamais l'on n'avait vu d'une si grande quantité de fleurs immaculées aux si nombreuses variétés de couleur; vraiment la campagne était belle à contempler.

Mais hélas depuis quelques jours, sous un ciel et une chaleur sénégalienne, tout grille et se dessèche, la Nature semble même refuser un peu de rosée pendant les nuits pour rafraîchir nos pauvres plantes qui sont « comme l'âme desséchée du mauvais riche de l'Evangile »; aussi quel triste et lamentable état nos campagnes présentent-elles : nos semences de printemps ne peuvent lever, bien des grains qui n'étant pas enterrés suffisamment ont germé et desséché, il en est de même de nos graines fourragères qui nous ont coûté si cher, elles sont complètement grillées et émanent l'odeur du fourrage sec, il en est de même des artificielles. Je ne sais ce que nous allons faire de nos pauvres animaux, qui déjà ont été mis à la ration congrue pendant le cours de l'hiver par manque de fourrage et de paille de l'an dernier.

Quant aux céréales d'hiver, quoiqu'elles aient déjà bien du mal, s'il venait de l'eau de suite, le mal se réparerait en partie, mais quand en aurons-nous? Gc détestable baromètre ne veut vraiment pas se décider à baisser et semble si entêté que la Nature, dans les sols peu profonds où la fraîcheur manque, commence elle aussi à échauder et à se aessécher comme l'herbe de nos prairies.

La température du 12 au 15 avril s'est subitement abaissée et dans nos parages nous a donné la nuit du 12 au 13 une forte gelée blanche qui a causé d'assez graves dommages à nos vignes, aux luzernes, et à quelques noyers.

Ce sont, je crois, les saints de glace qui ont cette année pris leur avance comme la saison, ne voulant pas rester en retard eux aussi ; pourvu qu'ils ne reviennent pas et que ce soit au moins fini de ce côté-là. Nebout. • ■

L'électricité, la grande transformatrice de presque toutes nos industries modernes, exerce-t-elle, dans certaines conditions, une influence favorable sur la nutrition végétale? Peut-elle être utilisée par l'agriculteur en vue d'obtenir une germination meilleure, une assimilation plus complète, plus rapide, des éléments actifs du sol et de l'atmosphère, et par conséquent un rendement plus considérable? La culture par l'électricité est-elle lucrative, ce qui en fin de compte doit être le but de toute méthode culturale? Voici des questions fort discutées ces derniers temps et l'on a cité tant d'échecs, tant de résultats contradictoires que bien des agriculteui's accueillent avec un scepticisaie absolu tout ce qui a trait à l'électro-culture.

Et pourtant il ne faut pas oublier que sur le terrain expérimental, le seul admis en matière scientifique, les faits négatifs sont sans valeur probante en face de faits positifs bien constatés et répétés à volonté. Quand bien même toutes les anciennes méthodes de culture auraient échoué — et il y a eu des succès incontestables, nous le verrons; cela prouverait tout simplement que ces méthodes étaient défectueuses, et n'entraînerait nullement la non réussite de méthodes diflérentes non encore trouvées. Dès le dix-huitième siècle, on a cherché à utiliser l'électricité ati profit de la végétation. A peu près simultanément vers 1750, l'abbé NoUet en France, Von Maimbray à Edimbourg, l'abbé Menou à Stuttgart, Bose à Wittemlierg firent des essais. Plus tard, nous avons à mentionner les noms de Jallabert, l'abbé Bertholon (1783), Gardini, Ingenhouss (1787), Vassali, Bilsborrow (1798), Von Carmoy, d'Ornoy, Rozières, Bouland, Humboldt, Sennebrer (1801), Bischoff, Forster, Reuter, Solly, de Candolle (1806), Sheppard (1840), H. Lubeck (1847), Beckeinstener, Hervé Mangon et Priilieux (1861), Wollny, Barat (1877), W. Siemens (1880), D' Prestier, Rivoire, Malet, Macagne, Delérain (1881), Grandeau, Leclère-Celi,Naudin, Delétrez, Selim Lemstrom (1885), Spechnew, Garola, Tallavignes, Bailey (1891), F. Paulin, G. Bonnier (1892).

L'exposition complète de toutes ces expériences demanderait trop de place et serait fastidieuse. Je ne veux faire connaître que les procédés qui, ayant réussi plus ou moins complètement, sont susceptibles d'intéresser l'agriculteur en lui offrant, dans certains cas, de nouvelles ressources pour abaisser le prix de revient de ses produits et lutter plus facilement contre la concurrence étrangère.

C'est pourquoi je laisserai de côté tout ce qui a trait à la lumière électrique sur la végétation- — question en pleine discussion scientifique, suite des expériences toutes récentes de M. Gaston Bonnier (Académie des sciences, séance du 19 septembre 1892), expériences dont les résultats sont contradictoires avec ceux des études antérieures de MM. Déhérain et Wiener Siemens, — et à l'influence de l'électricité sur la germination, question encore à l'étude malgré les travaux intéressants et pleins de promesses de MM. Spechnew, Malet, F. Paulin, etc.

Suivant l'origine du courant électrique mis en action, les diverses méthodes d'électro-culture proprement dite (application de l'électricité à la végétation) rentrent dans l'une des trois classes suivantes :

1° Méthodes utilisant l'électricité produite par des piles, Tpav des machines] 3" atmosphérique.

Dans chaque groupe j'étudierai les méthodes les plus typiques et les plus intéressantes pour l'agriculteur, savoir : Premier groupe, méthodes de MM. Barrât et Spechnew; — deuxième groupe, méthodes du professeur Selim Lemstrom; — troisième groupe, de MM. Spechnew et F. Paulin f électro-culture par le géomagnétifère).

I. Méthodes utilisant le courant électrique produit par des piles. — Expériences de M. Barrât. — Je laisse parler M. Barrât, lauréat de la prime d'honneur pour la petite culture dans le Lot-et-Garonne :

« Je me fais un plaisir dans la mesure du possible de vous mettre au courant des expériences d'électro-culturequeje poursuis depuisplus de quinze ans à Aiguillon. Ces essais que je pensais garder pour moi viennent d'être conhrmés par les expériences exécutées en Russie dans le gouvernement de KoNV par M. Spechnew et publiées tout récemment. A plusieurs reprises, j'ai appliqué l'électricité aux diverses cultures en honneur dans notre pays : blé, chanvre, tabac, pommes de terre, tomates et asperges. En 1891 et 1892, j'ai soumis à l'influence du fluide des plantations de tomates, de chanvre et de pommes de terre.

(( Le chanvre compris dans la superficie atteinte par le courant électrique présentait une différence, comme longueur de tiges, de 30 à 40 centimètres sur celui qui avait poussé en terrain ordinaire.

.« Un kilog. de semences de pommes de terre a donné 21 kilog. de tubercules très gros et très sains sur une ligne soumise au fluide électrique, tandis que la même quantité de semence disposée dans un terrain voisin n"a produit que 12 kil. 500 de pommes de terre petites et à peine marchandes.

« Pour les tomates, l'influence s'est traduite par une maturité de quelques jours plus hâtive qu'à l'ordinaire.

ce Les essais entrepris sur le tabac en 1890 ont été moins marqués; ils ont été entrepris sur un terrain très sec à la surface et dè&lors mauvais conducteur.

ce Dans ces expériences disposées comme la figure ci-jointe l'indique (fig. 81), j'ai remarqué un fait très intéressant, c'est que les engrais placés au pôle positif étaient décomposés et leurs éléments transportés dans le sol vers le pôle négatif de telle façon que la végétation était beaucoup plus développée sur ce dernier point.

ce J'ai observé en outre que l'action du fluide électrique pour des plaques placées à 20 mètres Tune de l'autre s'étendait sur une bande de terrain de 5 mètres de largeur.

ce Les plaques de cuivre et de zinc dont je me suis servi mesurent 0 m. 50delongsur0m.40delarge enfoncées dans le solà0m.40de profondeur et reliées entre elles par de simples fils defer ou réuniesauxdeux pôles d'une pile composée de 3 ou 4 éléments. La végétation entre les 2 plaques éloignées de 1 5 à 20 mètres l'une de l'autre s'est presque toujours manifestée par un plus fort rendement, (lela dépendait de la fertilité du sol sur lequel j'opérais, car il ne faut pas perdre de vue que le fluide électrique n'apporte au sol aucun élément de fertilité. Si le sol contient, sous une forme insoluble, les éléments nécessaires à la plante qu'on lui confie, l'action dissolvante provoque un plus fort rendement,

LA CULTURE ELEGTRIOUK.

rendement qui épuiserait vite le sol si l'on n'avait soin de pratiquer rigoureusement la loi de restitution. La science des engrais chimiques étant encore peu connue, il est très difficile de redonner au sol, par les engrais, les éléments que le courant électrique a déplacés et ceux que les plantes se sont appropriés. Des expériences ont démontré, par exemple, que dans le sol les sels de potasse restent sans effet en l'absence de la magnésie; supposez donc que le sol, sur lequel vous opérez ne contienne pas cet élément vous avez beau faire agir le courant électrique, les plantes à dominante de potasse que vous ensemencerez dans ce sol ne feront qu'y végéter malgré la présence des quatre éléments principaux tels qu'azote, potasse, acide phospborique et chaux.

(c Ce qui m'aie plus frappé, ce sont les rapports qui existent entre cette végétation provoquée à l'aide de la pile sur une ligne bien déterminée et la décomposition qui doit nécessairement, opérer entre deux stations télégraphiques en communication. Dans le premier cas connaissant la partie attaquée, il est plus facile d'appliquer la loi de resti-

Fisr. 81.-

Expériences d'éleclro-culture de M. Barrât : ARCD, surface influencée par l'électriciléj ppp, piles; EE, plaques métalliques amenant l'électricité dans le sol,

tution. Dans le second, il est matériellement impossible de mettre en pratique cette même loi.

« Au début de la télégraphie électrique, les deux pôles de la pile, le rhéophore positif et le rhéophore négatif, étaient supportés par des poteaux, et complètement isolés du sol; en 1837 Steinheil prouve qu'on peut se dispenser de la moitié retournante et que la terre ellemême remplit la fonction de ce fil, c'est-à-dire qu'elle constitue la moitié du circuit. Ne serait-il pas permis de croire que depuis cette époque (1836) les appareils télégraphiques du monde entier n'ont cessé de décomposer notre sol et sembleraient le rendre infertile.

« Faraday a dit : Là où il y a courant, il y a décomposition. Il y a courant dans le sol — Donc il y a décomposition.

« Pour le prouver, j'ai proposé l'expérience suivante sortie de la décomposition de l'eau à l'aide d'un voltamètre. Quand à l'aide de cet appareil on décompose l'eau, l'hydrogène se porte au pôle négatif et l'oxygène au pôle positif. Supposons l'appareil télégraphique de Paris en communication avec Agen. Si nous plongeons dans la Seine le pôle négatif de la pile qui se trouve à Paris et que le pôle positif de la station d'Agen soit mis en contact avec l'eau de la

Garonne, il se forme de l'hydrogène à Paris et de l'oxygène à Agen.

ce II y aura donc décomposition de l'eau d'une manière continue pendant la durée de la fermeture du circuit. J'en conclus que les résultats obtenus avec le voltamètre et les appareils télégraphiques sont absolument les mêmes et soumis aux mêmes lois, pourquoi n'en serait-il pas de même de la décomposition des sels qui constituent la fécondité de notre sol. »

« Tels sont les renseignements que je puis vous fournir sur les essais que j'ai fait concernant l'électricité appliquée à l'agriculture. »

E. Barrai.

Expériences de M. Spechnew. — Un physicien russe, M. V. Spechnew a fait de nombreux essais de culture électrique d'abord au jardin botanique de Kew, puis en grand dans une propriété située dans le gouvernement de Pskow. M. Spechnew a placé dans le sol des plaques métalliques (zinc et cuivre, de 45 centimètres de hauteur, sur 70 centimètres de largeur) aux extrémités de plates-bandes dont malheureusement les dimensions ne sont pas indiquées dans le rapport de ce savant. Ces plaques reliées entre-elles par un fil métallique passant au-dessus du sol constituaient une sorte de pile zinc-sol-cuivre dont le courant allait d'une plaque à l'autre à travers la terre.

Par ce dispositif, M. Spechnew a obtenu un radis de 14 centimètres de diamètre et de 43 centimètres de longueur, une carotte de 27 centimètres de diamètre pesant 2 kil. 865. Ces produits étaient tendres, doux, juteux et d'un goût excellent. La récolte de la partie de potager soumise à l'électricité a été supérieure à celle non électrisée dans la proportion de 5 contre 1 pour les légumes à racines et de 3 contre 2 pour les autres.

L'action décomposante du fluide électrique, démontrée précédemment par les travaux de M. Berthelot, a été mise en lumière par les analyses suivantes : M. Spechnew a prélevé à 90 centimètres de profondeur des échantillons de terre de 100 grammes qui après dessiccation ont été dissous dans un litre d'eau à la température de -|- 17 degrés. La terre qui avait subi le passage du courant électrique ne contenait plus que 155 centigrammes de matières solubles contre 9,185 centigrammes fournis par l'échantillon témoin.

IL — Méthodes utilisant le courant électrique produit par des machines. — Expériences de M. SéhmLemstrom. — M. Sélim Lemstrom, professeur à l'Université d'Helsingfors (capitale de la Finlande, un des grands duchés de la Russie d'Europe), ayant observé dans plusieurs voyages au Spitzberg et en Laponie, la grande vigueur de la végétation de ces pays polaires, se demanda si celte vitalité exceptionnelle ne provenait pas en grande partie de la tension électrique de l'atmosphère, tension plus forte là que partout ailleurs. C'est cette idée qui le décida à faire les expériences suivantes :

i" Expériences sur un champ d'orge dans le domaine de Nieniis- Wicktis. — Pendant huit heures par jour de juin à septembre, époque de la récolte, l'éleclricité positive produite par une machine Holtz, à quatre disques se chargeant d'elle-même, agit sur l'orge au moyen d'un réseau métallique tendu au-dessus du champ à hauteur d'homme, les fils de 2 millimètres de diamètre étaient fixés à des poteaux en bois

par l'intermédiaire d'isolateurs en porcelaine; les fils étaient espacés à 1 mètre et tous les 50 centimètres une pointe métallique y était fixée, la pointe dirigée vers la récolte. Le résultat fut une augmentation de 1 tiers dans le rendement.

2" Expériences de Brodtorp sur du blé. — Disposition à peu près identique du réseau métallique. Les machines électriques au nombre de quatre étaient installées dans un bâtiment spécial pourvu d'une cheminée presque toujours allumée pour maintenir le degré voulu de sécheresse ; deux hommes les actionnaient par l'intermédiaire d'une poulie. Les parties électrisées fournirent un excédent de récolte de près de moitié.

3" Expériences horticoles faites à Helsingfors. — Le réseau métallique, identique avec quelques variantes au précédent, était relié au pôle positif d'une machine mise en activité, dix-huit heures par jour. Les expériences portèrent sur de nombreuses plantes : betteraves, pommes de terre, radis, panais, poireaux, céleri-raves, carottes, navets, choux-navets, choux-raves, fraises. La récolte a révélé des différences considérables ; voici du reste les conclusions que M. Sélim Lemstrom déduit de ses expériences :

1. Les végétaux se divisent en deux groupes, l'un dont l'électricité favorise le développement (froment, seigle, orge, avoine, betteraves, panais, radis, pommes de terre, fraises, poireaux, haricots), l'autre, dont l'électricité entrave plus ou moins le développement (pois, carottes, navets, choux-navets, tabac;

2. L'excédent de récolte sous l'influence du courant électrique est en rapport a^ec la fertilité du sol.

Les expériences d'électro-culture de M. Sélim Lemstrom sont peu convaincantes : comment admettre que l'électricité agisse favorablement sur les haricots, défavorablement sur les pois, deux plantes que la botanique et l'agriculture s'accordent à regarder comme tout à fait semblables comme exigences de sol, d'engrais, de climat, de culture, etc. D'ailleurs ces méthodes sont onéreuses ; en somme, il ne semble pas que l'agriculteur puisse fonder de grandes espérances sur l'électricité produite par des machines. C. Crépeaux.

(La suite pruchainemcnt.)

ETAT DES RÉCOLTES EN VENDÉE

La persistance de la sécheresse inquiète sérieusement nos agriculteurs. Il y a bien eu, la semaine dernière, quelcfues pluies d'orage, dans nos contrées de l'Ouest, mais elles n'ont pas suffi pour rafraîchir le sol et raviver la végétation : les blés d'hiver conservent une assez belle apparence dans les terres profondes, mais dans les terres sèches et calcaires, ils jaunissent et ne poussent plus ; les avoines sont généralement mauvaises. Les céréales de printemps qui ont levé très irrégulièrement souffrent du manque d'humidité; les prairies naturelles sont dans le plus triste état.

On fauche, en ce moment, les trèfles, les sainfoins, les luzernes, qui ne donnent qu'un faible produit. Il est malheureusement certain que notre récolle fourragère sera très insuffisante, et que nous éprouverons de grandes difficultés pour nourrir nos bestiaux ; quelques cultivateurs ont semé, le mois dernier, des betteraves qui ne sont pas encore levées, d'autres attendent, pour confier leurs graines à la terre, un temps plus propice.

L?, vigne, en revanche, prospère à vue d'oeil, et donne de magnifiques espérances

ÉTAT DES RÉCOLTES EN VENDÉE

La fièvre aphteuse a fait son apparition dans nos contrées, mais ne s'y est pas étendue, et au moment où vont s'ouvrir les concours régionaux, nous engageons vivement les éleveurs qui y prennent part à exiger des compagnies de chemins de fer, le parfait assainissement des wagons destinés au transport de leurs animaux. La stomatite aphteuse est une maladie essentiellement contagieuse, et les plus grandes précautions doivent ètree prises pour en empêcher la propagation. E. BONCENNE.

Page 1