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LE PHOSPHATAGE DES FUMIERS

L'usage des engrais chimiques, qui pour bon nombre de cultivateurs se bornait, il y a quelques années encore, à l'emploi exclusifdu nitrate de soude, commence aujourd'hui à devenir plus rationnel. Beaucoup d'agriculteurs, éclairés parles travaux des chimistes et sur-' tout par l'étude de la terre arable, ajoutent maintenant à l'azote minéral, de la potasse et de l'acide phosphorique.

L'importance de ce dernier, longtemps méconnue, se manifeste de plus en plus. En effet, on le trouve dans les cendres de toutes les plantes et sa restitution est indispensable. MM. Mûntz et A. C. Girard' ont trouvé que les principales récoltes enlèvent en moyenne par hectare de terre, les quantités suivantes dacide phosphorique :

Blé (40 hectolitres

Orge

Seigle

Avoine

Féveroles

Colza

Œillette

Lin

kil.

un.

Betteraves fourragères 48 .0

Id. à sucre 45.0

Pommes de terre 36.0

Foin de prairie 21 .0

Trèlle 44.8

Luzerne 51.0

Sainfoin 21 .0

On sait, en outre, que les terres cultivées renferment des quantités très variables d'acide phosphorique, quantités comprises entre 0.5 et 2 pour 1,000. Or, dans ces sols natui^ellement pauvres en cet élément, ceux qui en renferment moins de 0.5, soit moins de 2,000 kilog. par hectare, l'adjonction d'engrais phosphatés est indispensable pour l'obtention des récoltes sus-nommées. Dans d'autres terres, un peu mieux fournies, les engrais phosphatés n'en produisent pas moins aussi de bons résultats, car il faut se préoccuper de l'avenir et leur fournir chaque année comme le conseille M. Joulie^, des quantités d'acide phosphorique dépassant de beaucoup les exigences de la récolte, de manièi^e à leur former un stock de phosphate qui élèvera graduellement leur fertilité.

L'adjonction des engrais phosphatés, indépendamment de l'apport régulier du fumier, est également nécessaire, lorsque les terres, quelle que soit leur richesse, reçoivent des engrais chimiques azotés en vue d'obtenir de hauts rendements.

M. Paul de Gasparin' attache à l'acide phosphorique des sols une importance telle, qu'il a proposé de diviser les terres, quant à leur fertilité en quatre groupes, basés sur leur quantum en cet élément ; il admet ainsi : 1° les terres trèa riches, contenant plus de 2 p. 1,000 d'acide phosphorique; 2° les terres riches, qui en contiennent de 1 à 2 pour 1,OoO; 3" les terres moyennement riches qui en renferment

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