‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 560 sur 691 · CONCOURS DE LÀ SOCIÉTÉ HIPPIQUE PERCHERONNE · texte numérisé non relu

CONCOURS DE LÀ SOCIÉTÉ HIPPIQUE PERCHERONNE

àNogent-le-Rolrou, à Morlagne et à la Ferté-Bernard, et nous avons constalé qu'il ne ressorlait pas de cet examen l'apparition d'étalons remarquables donnant pendant plusieurs années des produits devant attirer l'attention ; peut-être a-t-on été un peu trop laro-e dans les inscriptions? Il est bien certain qu'il est difficile de se retrouver au milieu de ce nombre considérable de chevaux, dont certains n'auraient jamais dû y paraître.

Je sais bien que les éleveurs n'y attachent pas une très grande importance, mais qu'ils tiennent surtout aux produits de certaines écuries dont les propriétaires depuis longtemps, de père en fils, ont sélectionné leurs reproducteurs; nous voulons parler des familles Fardouet, Tacheau, Perriot, Gaget, Aveline, Rigot, etc. Les Américains euxmêmes ne s'y trompent pas et c'est pour eux une indication bien plus précise que celle du stud-book. Cependant personne n'ignore les mesures prises pour les animaux qui sont maintenant importés en Amérique comme reproducteurs. C'est pourquoi nous insistons sur la nécessité qu'il y a de sélectionner avec soin les animaux qui doivent figurer au stud-book percheron, comme aux autres stud-books.

Nous suivons avec soin le développement de nos races de chevaux en Amérique, nous avons résumé cette impression dans le deuxième volume de l'ouvrage intitulé : Le cheval dans ses rapports avec l'économie rurale et les industries de transport, qui va paraître prochainement. Nous pouvons rassurer les éleveurs français, qui doivent toujours compter sur la situation exceptionnelle du Perche, sur les influences actives et prépondérantes de son sol, de son climat, enfin sur tout un ensemble de circonstances particulièrement favorables pour la création et l'entretien de leur magnifique cheval de trait.

Seulement ils doivent surveiller leur production et ils n'ont rien à craindre de la concurrence américaine, qui se serait déjà réalisée, si les Américains avaient trouvé chez eux la situation spéciale qui est faite à la province française qui porte à juste titre le nom de Perche aux bons chevaux. Lavalard,

Membre de la Société nalionaln d'ngriculture.

Résultats obtenus sur des mélanges de beurres et de matières grasses diverses, par l'emploi de la nouvelle méthode destinée à reconnaître la falsification des beurres.

Malgré l'état encore incomplet de la méthode dont j'ai exposé les principales données dans le Journal du 6 mai, je n'ai pu me soustraire à l'obligation d'examiner, mais à titre de simple essai, une série d'échantillons de beurres plus ou moins mélangés de substances grasses étrangères, que m'a remis la Société centrale d'agriculture de la Seine-Inférieure, qui depuis longtemps se préoccupe des moyens de sauvegarder les intérêts de l'industrie beurrière de notre région.

Voici quelles ont été les données expérimentales de mon examen et les déductions qui en ont été tirées.

1. Première épreuve. — Prise du degré de trouble sur les échantillons filtrés et anhydres :

]. Communication à l'Académie des sciences (séance du 15 mai). ""~" ~

1 Degré de trouble initial, 71 degrés.

2 Non dissous entièrement. Donc falsifié.

3 Non dissous enlièrement. Donc falsifié.

4 Degré de trouble initial, 70 degrés.

5 — — 69 degrés.

6 Non dissous entièrement. Donc falsifié.

7 Degré de trouble initial, 71°. 1.

8 Non dissous entièrement , Donc falsifié .

Ainsi, dès la première épreuve, qui dure à peine vingt minutes,, les échantillons 2, 3, 6 et 8 sont considérés comme sûrement falsifiés.

Les échantillons 1, 4, 5, 7, ayant des degrés de trouble normaux^ c'est-à-dire compris entre 59 et 72 degrés, observés jusqu'à présent sur des beurres authentiques, peuvent être purs, comme ils peuvent aussi être falsifiés. On les soumet à l' uni fica lion.

II. Deuxième épreuve. — Prise du degré de trouble sur les beurres unifiés :

Degré de trouble du beurre de la 1" unification. . . 64*. 5 63°. 3 61°.2 65°.0 — 2' unification 42°. 1 40°.9 40°. 5 42°.0

Le degré de trouble des beurres de la première unification est normal, puisqu'il n'est pas inférieur à 60 degrés, et qu'on a vu (§ V de ma première communication) que les beurres purs à haut degré de trouble initial (67 à 72 degrés) devaient subir deux unifications.

Mais les degrés de trouble des beurres de la deuxième unification sont caractéristiques.

Les échantillons 1 et 7 sont des beurres purs, puisqu'ils ont le degré de trouble normal (42 degrés) des beurres purs unifiés (deuxième unification), ce que confirme le dosage des acides volatils.

Mais les échantillons 4 et 5 sont des beurres falsifiés, et comme leur degré de trouble est inférieur à 42 degrés, nous en concluons qu'ils sont falsifiés avec une matière grasse plus soluble que le beurre, c'està-dire avec de la végétaline.

D'autre part, nous savons (§ VII de ma première communication) que I degré de trouble en moins correspond à environ 8 pour 100 de végétaline' ; d'oi!i nous en inférons que l'échantillon 4 est un beurre additionné de 9 pour 100 de végétaline, et l'échantillon 5 de 12 pour 1 00 de la même matière étrangère.

III. — Bien que les échantillons 2, 3, 6, 8 fussent déclarés de suite comme falsifiés, dès la première épreuve, il pouvait être utile de reconnaître avec quelle matière étrangère, et dans quelle proportion.

Ils furent unifiés. Voici les résultats trouvés :

Degré de trouble du beurre 2° unification 44°. 0 45''.6 40°. 0 »

Il suit de là que les échantillons 2 et 3 qui ont des degrés de trouble plus élevés que 42 degrés sont des beurres falsifiés avec une matière grasse étrangère, moins soluble que le beurre, probablement de la margarine et dans la proportion de 12 pour 100 de margarine pour le n" 2 et de 23 pour 1 00 pour le n" 3.

L'échantillon n" 6 nous présente un exemple fort intéressant. Son degré de trouble après l'unification est de 40 degrés, c'est à-dire infé-

1. (ie facteur, comme celui de la margarine, n'est encore que provisoire.

rieur à 42 degrés. C'est la preuve qu'il renferme une matière grasse étrangère plus soluble que le beurre, probablement de la végétaline. Mais comme, d'autre part, il n'a pu se dissoudre entièrement dans l'alcool, lorsdela première épreuve, c'est l'indice qu'il renferme aussi de la margarine, dans une assez forte proportion, qui contrebalance bien au delà l'abaissement du degré de trouble produit par la végétaline. D'où cette conclusion forcée que l'échantillon n" 6 est un beurre falsifié par un mélange de deux matières grasses (végétaline et margarine), dans lequel la moins soluble (margarine) l'emporte en proportions sur la plus soluble (végétaline). La proportion de ce mélange est d'environ 12 pour 100,

Quant à l'échantillon n" 8, qui par sa belle couleur ressemblait, à s'y méprendre, aux beurres recherchés dans notre région, il n'a pas été nécessaire de le soumettre à l'unification. La prise scindée^ du trouble nous a suffi pour constater qu'il n'était que de la margarine habilement colorée. Cette prise scindée nous a donné un degré de trouble de 67", indiquant ainsi le peu de solubilité de la matière, alors que les beurres les moins solubles ne fournissent guère que 57°.

D'autre part, M. Marais m'a remis deux échantillons de beurre A et B dont il connaissait la composition. Voici les résultats trouvés par M. Sprécher:

Degrés de trouble des beurres unifiés, 2' uniticatioii 44". 5 AS'.O

D'où l'on a conclu que ces beurres étaient falsifiés avec de la margarine, dans la proportion de 9 pour 100 pour A et de 6 pour 100 pour B.

Résumé. — Voici maintenant la composition réelle des échantillons soumis à l'analyse :

Composition des beurres trouvée par la Comp. des beurres remis p. la Société

méthode. centrale d'agr. et p. M. Marais.

1 Pur Pur.

'l Falsifié avec environ 12 0/0 de margarine Mis 10 0/0 de margarine.

4 — 9 0/0 de végétaline — 8 0/0 de végétaline.

6 Falsifié avec environ 12 0/0 d'un mélange Mis 16 0/0 d'un mélange de

de margarme et de végétaline dans 2 parties de végétaline et

lequel la margarine domine de 6 parties de margarine-

7 Pur Pur.

8 Margarine colorée Margarine pure.

A. . . . Falsifié avec environ 9 (J/0 de margarine. .Mis 7 0/0 de margarine.

On voit, par ce qui précède, que la nouvelle méthode est à la fois qualitative et quantitative.

Sans attacher plus d'importance qu'il ne faut aux chiffres trouvés, cette méthode n'a pas moins reconnu nettement et sans erreur : 1" les beurres purs; 2" les beurres simplement margarines à 5 pour 100; 3° les beurres additionnés seulement de végétaline ; 4° les beurres additionnés tout à la fois de margarine et de végétaline.

Mes recherches continuent ^ A. Houzeau,

Directeur de la Station agronomique de Rouen, Correspondant de l'Institut.

1. J'appelle ainsi la prise du degré de trouble faite avec un poids moitié moindre de beurre, en conservant toujours le même volume d'alcool.

2. J'ai déjà pu réduire considérablement le temps de Vunification.

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