‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 562 sur 691 · LA SECHERESSE DANS LES PYRÉNÉES · texte numérisé non relu

LA SECHERESSE DANS LES PYRÉNÉES

Dans DOS régions ordinairement pluvieuses, les vieillards ne se souviennent pas d'avoir vu un hiver et un printemps aussi secs que cette année. Quatre-vingt journées de soleil brûlant ont précédé la bienfaisante pluie du 27 avril.

Les seigles sont à peu près perdus ; les blés ont souffert ; les avoines de printemps ne talleront pas ; les maïs viennent bien. Beaucoup de pommes de terre ne sont pas nées à cause de la mauvaise habitude de planter des fragments coupés de frais qui ne résistent ni à l'humidité ni à la sécheresse prolongées.

Les prairies artificielles n'ont presque rien produit pas plus que les prés naturels sans irrigation. Les prairies arrosées donneront la moitié des premières coupes ordinaires, car elles ont presque toutes manqué d'eau par suite de l'abaissement des étiages. Cette disette inaccoutumée de fourrages provoque la baisse précipitée des cours du bétail: les meilleures vaches laitières sont déjà des^^îendues à 120 fr. et on peut avoir un bon petit cheval ariégeois à 150 francs.

Les arbres fruitiers promettent une récolte abondante, mais c'est une petite ressource, et, les cultivateurs pyrénéens, n'ayant pas la compensation de la vigne, ne pourront ni vivre ni payer leurs impôts sans s'endetter, heureux s'ils trouvent quelque crédit auprès des usuriers. Baron de Bardies.

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