‹ Journal de l'agriculture (volume 3)Chapitre 564 sur 691 · GREFFAGE DE LA VIGNE EN ÉCUSSON · texte numérisé non relu

GREFFAGE DE LA VIGNE EN ÉCUSSON

que la sève coule en abondance, comme il peut arriver; il s'agit seulement que le greffon trouve une fraîcheur continuelle pendant une douzaine de jours. Si pendant cette période de temps il survient un arrêt de sève, soit par des pluies trop fréquentes, des \erits trop froids, trop de sécheresse ou des coups de soleil trop brûlants, la réussite est plus ou moins mauvaise.

En fait de sécheresse, par le moyen d'un fort arrosage au pied de chaque cep, surtout là où il y a possibilité d'arroser par la submersion tout en prenant ses précautions pour ne pas mouiller les greffons, on donnerait la fraîcheur nécessaire à ces derniers. Si au contraire le temps est très favorable pour la reprise, on peut arriver jusqu'à 100 pour 100 de réussite. Quant aux greffons, il les faut, comme je l'ai démontré à Rodez et ailleurs, un peu plus mûrs que je n'avais dit d'abord. Il faut que la cloison paraisse un petit peu plus, qu'elle soit assez visible. Ceci dépend de la vigueur des greffons, plus ils sont vigoureux, plus il faut que la cloison soit visible.

Quand on choisit les greffons, il faut prendre celui où le ronflement ou bourrelet est assez prononcé, toujours les plus tendres. Il faut tailler toujours en proportion avec le sujet comme trois est à cinq. Placer par côté de l'œil en choisissant dans le mérithale le point le plus convenable. Faire en sorte que l'aubier des porte-greffes comme celui du greffon soit bien sain, qu'il n'y ait pas de cicatrices, que l'on puisse apercevoir une bonne fraîcheur.

Comme ligature la laine est toujours la meilleure.

Il faut délier les greffes environ trois semaines après l'opération, cela dépend de la vigueur du porte-greffes. Si l'on voit qu'avant 21 jours cette ligature gêne trop quelques greffons, on l'enlève quelques jours plus tôt; ceci n'a guère lieu que les deux premiers mois, même assez rarement.

La reprise des greffons est à peu près la même, sur n'importe quel sujet; cependant je signale les Gamay-Couderc comme étant moins réfractaires. Il y a eu jusqu'à présent sur ce sujet un peu plus de réussite.

Pour l'aoûtement des greffons sur les sujets une fois greffés, il leur faut en moyenne deux mois et demi à trois mois et demi. Cela dépend du prompt aoûtement du sujet. Les plus précoces sont les Rupestris et plusieurs de ses descendants comme le Gamay-Couderc, etc., le York et tant d'autres; ceux de moyenne précocité sont les Riparia, Solonis, Jacquez et plusieurs autres. Les plus tardifs sont les Herbemont. J'indique ceci dans chaque région pour que les viticulteurs puissent se rendre compte à quelle époque ils peuvent terminer leur greffage pour que les greffons aient le temps de mûrir avant les grands froids; je recommande aussi de les tenir à l'abri du mildiou, car ce dernier pourrait gêner quelques greffons à tel point qu'il ne pourraient pas s'aoûter.

La belle tenue des greffes sur vieux bois d'un an et même de quelques années avec les greffons herbacés, prouve très bien que la soudure sera parfaite comme sur le jeune bois, quoique cela soit encore plus récent; je recommande de préférence la greffe sur vieux bois pour les premières quinzaines du greffage.

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