SUR LA MAMMITE GANGRENEUSE DES BREBIS
Monsieur le rédacteur en clief, la BoUe aux lettres du 20 mai contient un bon conseil au sujet de la mammite ganoréneuse des brebis ; mallieureusement le prix peu élevé des bêtes à laines ne permet guère de recourir à l'intervention chirurgicale d'un vétérinaire en pareilles circonstances.
Mes observations personnelles dans mon troupeau m'ont fait adopter invariablement la ligne de conduite suivante, dont je me trouve bien.
La mammite gangreneuse des brebis, vulgairemeat dénommée mal de pis, survenant dans les deux ou trois premières semaines après la parturition, exige, pour obtenir de bons résultats, une intervention énergique et rapide. Dès qu'une brebis est malade, que sa mamelle apparaît rouge et tuméfiée, il ne faut pas attendre, mais bien pratiquer aussitof (avec un bistouri ou un couteau bien aiguisé) de Ion-
LA MAMMITE GANGRENEUSE DES BREiilS 871
gues et profondes incisions (trois, quatre au besoin) intéressant la glande mammaire du coté malade dans toute sa longueur et dans toute son épaisseur. S'il n'est point trop tard et que le sang s'écoule bien par ces incisions, la brebis guérira presque toujours.
Mais si les phénomènes gangreneux sont déjà manifestes, si la mamelle est froide, violacée, si la jambe correspondante est œdématiée et froide, si les incisions restent sèches, donnant à peine un liquide séro-sanieux et point de sang, l'intervention est trop tardive et la brebis succombera.
Si l'agnelage se fait à une saison de l'année où les conditions météorologiques de l'atmosphère sont sujettes à des variations fréquentes, il ne faut point se hâter d'envoyer les brebis aux champs après leur parturition. Si un mal de pis survient, agissez promptement.
Veuillez agréer, etc. D' I.ouis Demouch.