CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ D'AGRICULTURE DE CAEN
La Société d'agriculture de Caen (Calvados) a tenu, le 14 mai, son concours annuel d'animaux de race normande. La sécheresse et l'épidémie de fièvre aphteuse ont contribué à réduire l'importance de ce concours; mais les animaux exposés présentaient, pour la plupart, de très grandes qualités. M. le comte de Saint-Quentin, dans le discours qu'il a prononcé à la distribution des récompenses, a insisté notamment sur les réformes à introduire dans les halles centrales de Paris; il a parfaitement résumé la situation dans les termes suivants :
« Les halles centrales sont cet immense marché qui s'étend, au centre même de Paris, sur une superficie de près de 7 hectares, et où, chaque matin, aftkient les produits de la France entière. Dans le courant de l'année, il y passe environ 150 millions de kilog. de marchandises en viandes, légumes, poissons, volailles, fruits et beurres. Quand un marché atteint de telles proportions, il cesse d'être municipal pour devenir, en quelque sorte, national. Or, il paraît que les abus qui s'y commettent sont innombrables.
« Les halles centrales ont été primitivemont créées pour servir exclusivement à la vente en gros et de première main des denréss alimentaires venant de la province. Aujourd'hui, les ventes en détail et les ventes de seconde main y sont courantes; de plus, on y vend de tout, même des couronnes funéraires, tandis que la place manque pour les beurres et le poisson.
« Entre l'expéditeur qui, de l'extrémité de la France, envoie ses produits et le consommateur parisien, il faut de toute nécessité un intermédiaire et un intermédiaire digne de confiance; de là, l'institution de vendeurs assermentés, connus sous le nom de facteurs. Jusqu'en 1878, leur nombre était limité. On crut alors bien faire en rendant libre l'accès du factorat et en autorisant les commissionnaires. On avait détruit un monopole et on se figurait que la concurrence ferait baisser les prix de commission. Ce fut précisément le contraire qui arriva. Le nombre des facteurs s'étant développé plus que de besoin, chacun d'eux fut obligé pour vivre de majorer ses prix. C'est ainsi que pour le beurre les droits de commission ont presque doublé depuis quinze ans.
« D'autre part, parmi les nouveaux venus, il s'est glissé des hommes dont la probité laissait à désirer, si bien que l'expéditeur n'a plus rencontré les mêmes garanties qu'autrefois.
« La préfecture de la Seine et la préfecture de police sont chargées, il est vrai, de la surveillance des halles, mais leurs attributions sont si mal définies, que, au lieu de surveiller, elles passent leur temps à se contester leurs droits respectifs. Lisez la brochure de M. Gluseret, auteur du projet de loi en question, le rapport de M. de Ladoucette, les dépositions des représentants de la chambre syndicale, qui, eux, réclament un contrôle sévère, et vous verrez que les ventes simu-