IV. — L'importation des viandes frigorifiques et du bétail
L'importation des viandes frigorifiques, et principalement des carcasses de moutons conservées par le froid, a repris un très grand développement depuis deux ans, et surtout en 1895. A cette occasion, M. Dussaussoy, député du Pas-de-Calais, a fait une question, dans la séance du 3 février, à M. le Ministre de l'agriculture, pour lui demander si les mesures sanitaires étaient suffisamment observées à l'importation de ces viandes, comme à celle des moutons vivants de la République Argentine, M. Viger a répondu qu'il veillerait avec un soin scrupuleux à ce qu'aucune négligence ne fût apportée dans l'exécution des prescriptions de police sanitaire. Il a même exprimé le désir que l'on trouve le moyen d'empêcher de vendre ces viandes frigorifiques comme des viandes fraîches, ainsi qu'il arrive journellement. C'est, en effet, un des mille moyens employés par la fraude, au grand détriment des consommateurs aussi bien que des agriculteurs.
A une autre question qui lui était adressée par M. Guillemin, député, relativement à l'importation du bétail vivant, M. Viger a répondu qu'il considérait comme indispensable que la loi sur la constitution des Chambres consultatives d'agriculture élues fût votée rapidement. Cette organisation permettrait, en effet, au Gouvernement de recourir à des avis autorisés relativement aux mesures qui touchent les intérêts agricoles. Il est, en effet, peu de mesures qui seraient accueillies avec autant de faveur; malheureusement, on doit lutter toujours contre ceux qui craignent de donner à l'agriculture une arme dont l'utilité serait si incontestable pour son avenir.