V. — Maladies contagieuses des animaux
Comme nous le disions précédemment, la fièvre aphteuse est désormais réduite, en France, aux proportions les plus restreintes. D'après le Bulletin sanitaire pour le mois de décembre, on ne l'a signalée, durant ce mois, qu'aux abattoirs de Lille et d'Armentières (8 cas sur des bœufs), au marché de la Villette (8 cas sur des porcs), dans 1 étable de l'Eure, dans 5 des Deux-Sèvres, dans I de la Haute-Saône, dans 1 du Lot et dans 1 de Vaucluse.
Pendant le même mois, on a constaté la péripneumonie contagieuse dans 14 étables de trois départements, savoir : Somme, 1 ; Aisne, 1 ; Seine, 12 (dont 4 à Paris). On a abattu 18 animaux comme atteints, et on en a innoculé 84 comme contaminés.
Une épizootie de clavelée maligne ayant été signalée à Llivia (.Espagne), le Ministre de l'agriculture a fermé temporairement, à l'entrée des bêtes ovines, les bureaux de douane de Estavar, Saillagouse. Osséja, Bourg-Madame etlaTour-de-Carol (Pyrénées-Orientales).
On a lu les études intéressantes de M. Lavalard sur l'importation des chevaux américains en Europe. Sur le même sujet, la feuille d'informations du Ministère de l'agriculture publie la note suivante :
« 2,600 chevaux ont été débarqués au Havre en 1895. Les navires qui font le service direct entre l'Amérique et le Havre ne sont pas organisés pour le transport des chevaux; les animaux sont dirigés d'abord sur l'Angleterre, puis ramenés en France.
« A l'exception de quelques juments de race pure destinées à la reproduction (16 poulinières) et de plusieurs chevaux de service appartenant à différents propriétaires de passage en France, presque tous les sujets américains ont été importés pour le compte de marchands de chevaux de Paris. La moitié environ des animaux importés par le Havre, soit 1,233, ont été achetés par le même marchand de Paris; un second marchand aurait également importé plus de 1,200 chevaux américains par différents ports, le Havre, Anvers. Sur les expéditions faites par le Havre, 172 chevaux ont été livrés à un marchand du Calvados et une cinquantaine à un marchand de Roubaix qui importe également par Anvers.
« Voici les prix du transport par tète, depuis le port d'embarquement en Amérique : traversée, 100 fr. ; transport du Havre à Batignolles, 16 fr. 30; droit de douane, 30 fr. ; surtaxe moyenne, 18 fr. ; taxe sanitaire, 1 fr.
« Les chemins de fer américains ont consenti à accorder aux acheteurs un tarif, réduit, ce qui leur permet d'avancer plus loin dans les terres et d'acheter des animaux à bas prix : 200 fr. environ. Ces chevaux arrivent donc sur le marché à un prix bien intérieur au prix moyen des chevaux légers français.
a Les chevaux américains importés, qui ressemblent au cheval léger anglais ou irlandais, sont en général de petite taille, et un cinquième seulement pourrait être accepté en moyenne pour le service de l'armée.
« Après les avoir remis en état, les marchands les vendent au prix moyen de 800 fr. à l'Urbaine et à la Compagnie des Petites-Voitures, qui les emploient au service de la grande remise ou des voitures de place. Un marchand qui fournit la Compagnie des omnibus et les services de factage rapide aurait l'intention de créer des dépôts en province pour activer la vente ».
Il sera évidemment d'un réel intérêt de suivre avec attention le développement de ce nouveau commerce.
VH. — La tuberculose des bêtes bovines. Nous n'avons pas à rappeler les discussions soulevées par le projet de loi présenté au Parlement par le Ministre de l'agriculture sur les moyens de combattre la tuberculose. Ce projet a été soumis, à la Société des agriculteurs de France, à raison des graves intérêts qu'il met en jeu, à l'examen d'une Commission démembres appartenant à la section d'économie des animaux et à celle de législation. Les membres de cette Commission ont, après plusieurs réunions, adopté un contre-projet qui ne diffère de celui du Gouvernement que par quelques points ; ces modifications paraissent avoir surtout pour objet de rendre les dispositions plus claires.
VIH. — Questions viticoles.
Le Journal officiel annonce que^ ^ar arrêté préfectoral en date du 3 décembre 1895, la libre circulation des cépages de toutes provenances est autorisée dans la commune de Chalonnes-sous-le-Lude, canton de Noyant, arrondissement de Baugé (Maine-et-Loire).
Les écoles de greffage de la vigne créées par le Conseil général de la Charente et placées sous la direction de M. Prioton, professeur départemental d'agriculture, ont fonctionné en 1894 et 1895 dans diverses localités du département. Elles ont été fréquentées par plus
de 700 élèves. Dans chaque école, une moyenne de six leçons, théoriques et pratiques, par année ont été données par un moniteur compétent. Le jury, lors de sa visite, a décerné 200 diplômes de greffeur, puis, aux élèves diplômés reconnus les plus méritants, des primes, des médailles d'ararent et de bronze.
IX. — Concours provincial de Saint-Brieuc. Dans le Journal du il janvier (p. 42) et du 25 janvier (p. 124), nous avons publié des notes divergentes relativement au concours provincial agricole qui aura lieu à Saint-Brieuc, au mois de juin prochain. La vérité est décidément, d'après une lettre que nous recevons, que ce concours se tiendra « sous la haute direction de la Société des agriculteurs de France avec le concours de l'Association bretonne et de la Société hippique des Côtes-du-Nord. » Il sera accompagné d'un congrès auquel la Société des agriculteurs de France donnera son patronage, comme il résulte de la lettre suivante que nous recevons de M. le vicomte de Lorgeril :
Paris, le 31 janvier 1896.
a Monsieur, je vous serais très obligé de vouloir Lien informer vos lecteurs que les 21-28 juin, un congrès agricole provincial des cinq départements bretons aura lieu à Saint-Brieuc, sous le haut patronage de la Société des agriculteurs de France, avec le concours de rAssociation bretonne et de la Société hippique des Gôles-du-Nord.
« Je prends la liberté d'insister pour que cette information paraisse dans votre prochain numéro, parce que l'on vient de placer sous mes yeux le fascicule du 25 janvier du Journal de l' Agriculture^ reproduisant sur cette affaire une note d'un journal breton mal informé.
« Les délégués de la Société des agriculteurs de France, chargés de l'organisation du Congrès de Saint-Brieuc sont MM. le comte Paul de Ghanlpagny, de Galonné et moi.
« Veuillez agréer, etc. Vicomte de Lorgeril.
Le concours de Saint-Brieuc se tiendra du 21 au 28 juin. Son programme général comprend une exposition d'agriculture, d'horticulture, de machines agricoles; un concours des espèces bovine, ovine et porcine ; un concours d'instruments de laiterie, et de machines à teiller le lin ; un concours hippique et un concours de dressage ; des conférences agricoles, archéologiques, historiques et littéraires. La Société des agriculteurs de France qui organise le concours, a voté 30,000 fr.; les deux autres sociétés apportent la même somme; les divers comices bretons contribuent aussi, selon leurs ressources, aux dépenses du concours. La ville de Saint-Brieuc se charge de toute Finstallation matérielle.