‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 143 sur 737 · I. Mile .!• iraïuicicur · texte numérisé non relu

I. Mile .!• iraïuicicur

quelqu'un ait la propriété du blé et prenne le risque commercial de ce stock et telle est la mission du « buU ». 11 est absolument indispensable et sans lui le producteur ne pourrait jamais vendre plus tôt que le consommateur n'aurait besoin d'acheter. Le bull est l'ours du producteur et du pays au loin et au large. Une très considérable proportion de notre richesse provient du pays sous la forme de produits de la ferme et lorsque les produits de la ferme rapportent de bas prix, la possibilité pour les fermiers de consommer les produits de l'industrie est diminuée ef les affaires languissent. Il n'y a pas de doutes sur ce fait, que la dépression commerciale à travers le monde est due en grande partie à la dépression des prix des produits de la ferme qui a pour conséquence l'impossibilité de la population fermière d'acheter et de consommer les produits industriels, et il n'y a pas absolument de doutes que les bas prix du blé sont^ dans une cerlaine mesure, dus aux nouvelles charges imposées aux bulls (acheteurs), car j'affirme, comme un fait établi par les rapports officiels, que la production du blé dans le monde n'a pas augmenté durant la dernière décade, et que la production de toutes les matières alimentaires est plus petite par tète durant cette période que durant la décade précédente'. En juillet 1893, le blé était vendu à Chicago à 54 cents le bushel'. Jlest ù peu près au même prix maintenant et cependant les bears {vendeurs) ont fait 30 cents de profit par bushel que les bulls ont perdus. Comment un vendeur peut-il faire 30 cents par bushel en achetant et vendant le blé au même prix ? Pourquoi un acheteur (bull) paierait-il le magasinage, les intérêts et les assurances à Chicago sur des grains qui ne sont pas emmagasinés à Chicago ou qui n ont jamais eu aucune existence^ On ne veut pas faire d'objection contre un droit raisonnable de magasinage sur tout le grain dans Chicago, mais il est ridicule pour un bull qui achète du blé à Chicago de payer du magasinage pour plus de blé c^uil ny en a dans Chicago. Il y a ici 21 millions de bushels de blé dans les magasins publics. Supposons maintenant que quelque acheteur achète 50 millions de boisseaux de blé dans Chicago, ne pensez-vous pas qu'il serait un client tout indiqué pour un asile d'aliénés, s'il payait le magasinage du vendeur sur les 29 millions de boisseaux qui ne sont pas ici? Une telle stupidité est inconcevable et cependant c'est ce que les bulls de Chicago, en tant que collection, font tous les jours. Ils ont l'année dernière payé plus de 9 millions de dollars par l'intermédiaire de la Chambre de liquidation de Chicago, pour le magasinage, les intérêts et l'assurance du blé, tandis que les charges sur cette denrée sont inférieures à 3 millions de dollars. Ils ont fait à quelqu'un un cadeau d'environ 6 millions de dollars. Naturellement aucun individu n'agirait ainsi, mais une collection d'individus l'a fait et ils paraissent s'y complaire. La chose sensible à dire aux vendeurs de ces 50 millions de boisseaux, c'est « qu'après que vous aurez livré tout le blé vendu dans Chicago, nous reporterons l'époque de la livraison du restant jusqu'à ce que nous en ayons besoin et de cette façon les charges sur les 50 millions de boisseaux seront réduites de plus de moitié et s'il se produisait une grosse demande de blé. vous pourrez payer un petit droit pour ce report suffisant pour compenser le magasinage payé sur la marchandise actuellement dans Chicago^.» Ce serait ainsi une opéralion sensée, et si c'est une chose sensée pour un seul homme, pourquoi ne le serait-elle pas pour une agrégation d'hommes. Pourquoi les bulls paieraient-ils de 2 à 10 fois les charges dites de transport ou de garde? et même, en vérité, pourquoi en paieraient-ils même une seule? Pourquoi les bears et les bulls ne se tiendraient-ils pas sur le même pied et ne renfermeraient-ils pas leurs charges sur les différences actuelles dans le prix de la marchandise actuelle". Pourquoi le bull, sans l'existence duquel le commerce ne pourrait pas vivre, serait-il embarlifîcoté^ dans des charges montant à 20 pour 100 par an, et pourquoi au nom du sens commun, paierait-il à son ennemi le bear qui n'a pas le pou-

1. Celle proposition est hasardeuse; en tout cas, j'en laisse la responsabilité à Lindblom, qui n'indique pas sur quoi repose son opinion.

2. Le cent égale b.'l centimes et le bushel 35 lit. 24 centilitres.

3. Ce texte n'est peut-èlre pas bien facile à comprendre. Lindblom voudrait que le vendeur qui n'a pas en magasin la quantité suffisante payât à son tour un droit de report, qui équivaudrait souvent à linlérèl et aux droits payés par l'acheteur sur le blé existant réellement dans les enlrel)ôts.

4. Ceci n"est-il pas la condamnation absolue du marché flclit" ?

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