LE COMMERCE AGRICOLE EN
Des documents statistiques publiés par l'Administration des douanes pour l'année 1895, il ressort que le commerce des grains n'a pas eu -la même activité que les années précédentes. Les importations des principales céréales ont diminué dans une proportion assez sensible elles exportations ne présentent pas d'accroissement notable. Les revues commerciales hebdomadaires du Journal ont d'ailleurs constaté cet état de calme qui dure encore.
Voici le tableau du mouvement commercial de 1895 comparé à celui de 1894 et 1893. Nous rappelons qu'il ne s'agit ici que du commerce spécial, c'est-à-dii^e pour les importations, des quantités livrées à la consommation. Pour le blé, on a vu, dans de précédentes chroniques, l'écart des chiffres du commerce spécial et du commerce général, écart dû surtout aux admissions temporaires.
IMPORTATIONS (quintaux métriques). EXPORTATIONS (quint, métriq.) ' 1893 1894 189r~~ 1893 1894 1895~~
Froment et méteil 10,031.629 12,496,188 4,507,298 17,796 31.891 21,817
Seigle 8.022 67,270 1,857 110,982 10,040 29,332
Orge 2464,865 2,873,211 1.434,678 140,736 223,947 314,250
Avoine 3.075,775 5,484,948 2,640,250 33.947 18,972 30,273
Maïs 2^727,409 2,491,391 1,361,349 18/271 19,026 1,995
Farine de froment 159,013 202,291 '348,275 196,798 245.475 133.694
Farine de seigle 820 4,4.59 950 3,712 1,634 1,931
Pommes de terre 260,566 362,069 360,975 1,190,547 1,397,670 1,585.642
Légumes secs 1 ,050,550 1,022,257 1,028,505 91,540 151,682 ' 92,887
La grande diminution que l'on constate dans les importations de blé provient surtout des Etats-Unis et de la Russie. Les blés américains, dont les envois s'étaient élevés en 1894 à 3,200,000 quintaux, n'ontd onné que 180,000 quintaux en 1895; l'arrirage des blés russes s'est réduit de 5 millions à 2 millions de quintaux. Seules, l'Algérie et la Tunisie ont eu une augmentation de 700,000 quintaux environ sur le chiffre de 1894. qui était de 1 million. — Pour l'orge et l'avoine, la réduction porte aussi principalement sur les envois de la Russie et de la Suède; l'Algérie et la Tunisie ont donné également pour ces céréales, un contingent beaucoup plus fort que les années précédentes. — L'importation des maïs delà Roumanie et de la Russie a diminué de près des deux tiers, celle des Etats-Unis d'un tiers; celle de la République Argentine a presque triplé. — L'augmentation des importations de farines est dû en grande partie aux envois de l'Algérie, qui ont été en 1895 de près de 100,000 quintaux. Par contre, les exportations vers notre colonie ont diminué de 120,000 quintaux.
L'accroissement des exportations pour les pommes de terre a porté principalement sur les demandes de l'Angleterre et de la Suisse.
— Notre commerce des vins s'est maintenu à peu près dans les mêmes conditions que les années précédentes. Le chiftre total des exportations est de 1,654,000 hectolitres en 1895 contre 1,693,000 en 1894 et leur valeur est de 391 millions contre 398 millions. Mais les exportations de vins en futailles de la Gironde ont diminué de 220,000 hectolitres environ, chiffre dont se sont augmentées celles des autres provenances. Les exportations de vins en bouteilles n'ont eu qu'un léger accroissement. Pour les vins de Champagne et autres vins mousseux, l'exportation a été de 161,000 hectolitres contre 156,000 hectolitres en 1894. — L'importation des vins ordinaires s'est accrue de 1,800,000 hectolitres sur l'année précédente, et s'est élevée à 6 millions d'hectolitres. C'est l'Espagne et l'Algérie qui se partagent à peu près également ce commerce ; les envois de ces deux contrées se sont augmentés pour chacune de 900,000 hectolitres environ.