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LA SITUATION DANS LES DEUX-SÈVRES

Bres3uire, le 5 février 1896.

L'hiver s'est montré jusqu'à présent très clément dans nos contrées; à l'époque oîi nous sommes, on peut espérer qu'il se terminera sans froids rigoureux.

La caractéristique de l'hiver 1895-96 sera le brouillard, humide le plus souvent, avec température relativement élevée. Le mois de décembre en particulier, comptera certainement comme un des plus doux qui aient passé, puisque sa température moyenne a été de 7". 2.

Au commencement de janvier, nous avons eu de véritables journées de printemps; quelques abeilles sortaient des ruches, se promenaient sur les tablettes et voltigeaient aux alentours.

Les prairies ont conservé jusqu'ici leur couleur verte; les blés elles avoines poussent pour ainsi dire comme au printemps; il a fallu les gelées survenues à partir du 6 janvier pour arrêter momentanément la végétation et le ravage des limaces et autres bêtes malfaisantes qui pullulaient depuis longtemps dans nos récolles.

Il eût été préférable sans doute que l'hiver fût plus rigoureux et que la neige ait recouvert pendant quelque temps nos récoltes pour arrêter l'extension des mulots et campagnols qui commencent à se montrer sur bien des points. Nous n'aimons pas ces hivers si doux; souvent ils sont trompeurs et, comme on dit dans nos campagnes, il vaudrait mieux que les saisons se passent à leur temps

La température moyenne de janvier 1896, comme celle de décembre 1895, a été supérieure à celle des mêmes mois des années précédentes, sauf 1890. D'après ces chiffres, nous pouvons dire que l'hiver de 1895-96 peut être classé dans les hivers doux, jusqu'à présent du moins.

11 en résulte que le cultivateur n'est pas en peine cette année, pour nourrir son bétail comme quelquefois. Les animaux sont au pâturage tous les jours, et trouvent dans les champs et les prairies un bon appoint à leur ration journalière.

Les choux, qu'on laisse toujours passer l'hiver en terre, n'ont pour ainsi dire pas cessé de végéter; cela est d'autant plus avantageux pour nos cultivateurs, que le chou est pour notre Bocage la ressource fourragère par excellence et sur laquelle on compte le plus pendant l'automne et l'hiver. On apporte aujourd'hui les choux par charretées à la grange, et à moins d'un temps exceptionnellement

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