La situation
La fin du mois de février est généralement le signal de la fin de l'hiver; c'est le contraire qui se produit cette année. Depuis une dizaine de jours, nous traversons une période qui, du moins sous le climat de Paris, aura été la plus rigoureuse de la période hivernale. D'après les nouvelles que nous recevons des autres régions, ce refroidissement est à peu près général. Ces allures s'étaient déjà présentées en 1895, mais un peu plus tôt que cette année. Cet hiver tardif aura pour principal effet denrayer la végétation qui tendait à prendre un essor précipité, et de détruire les mauvaises herbes; mais il ne paraît pas, jusqu'ici du moins, devoir inspirer des craintes sérieuses relativement aux dégâts qu'il produirait sur les céréales et sur les plantes fourragères; toutefois l'absence de neige rend l'action du froid plus rigoureuse sur les plantes. L'hiver aura été exceptionnellement sec, comme l'hiver précèdent; le mois de février n'a présenté que trois ou quatre jours pluvieux, et la quantité de pluie enregistrée à l'observatoire du Parc Saint-Maur dépasse à peine 3 millimètres; pour les trois mois d'hiver, la hauteur de pluie a été de 78 millimètres; cette proportion atteint seulement les deux tiers de la quantité normale. L'hiver précédent avait été également sec; mais le printemps avait remis les choses en l'état normal sous ce rapport.
Ce n'est pas seulement en France que l'on constate cette sécheresse exceptionnelle. Les nouvelles d'Algérie y signalent le même phénomène, qui inspire, dans la colonie, d'assez vives inquiétudes pour les résultats de l'année 1896. Il serait nécessaire que le printemps amenât d'abondantes chutes de pluie pour donner à la végétation l'humidité qui lui manque absolument.
II. — La réforme des boissons devant le Sénat. On attendait avec impatience les résolutions auxquelles la Commission du Sénat chargée de l'examen du régime des boissons s'arrêterait définitivement. Dans sa dernière séance, la Commission a décidé de maintenir le dégrèvement des boissons hygiéniques, et de ne proposer qu'un droit de circulation qui serait de 1 fr. 50 par hectolitre pour les vins, de 0 fr. 75 pour les cidres et de 0 fr. 25 pour les bières. Le droit de consommation sur l'alcool serait élevé à 200 fr.; les taxes sur la fabrication des liqueurs seraient les mêmes que celles adoptées parla Chambre. Le rapporteur, M. de Yerninac, doit présenter son rapport très prochainement au Sénat.
N» Vois. — Tome l" de 1896. — 29 février.