CRÉATION D'UN CHAMP D'EXPÉRIENCES VITICOLES JURASSIEN
ment préférable aux deux autres formes et enfin pour les terrains crayeux 132-5, hybride complexe à trois quarts de sang américain (601 X Monticoia) dont la reprise excellente au greffage sur table m'a surpris autant que ravi l'an dernier. Même remarque pour 1202 et 901 qui prennent la greffe comme du Vialla et donnent 60 à 70 pour 100 de soudures irréprochables.
Le Gamay-Gouderc et l'Aramon-Rupestris sont beaucoup plus durs. Eu résumé, les hybrides avec lesquels je vais planter ce printemps près de 100,000 greffes destinées à mes propres vignes sont 1202, Gamay-Gouderc, 901 et 601.
Gela ne veut pas dire que ce soient les seuls bons. Il peut en exister d'égaux et peut-être de supérieurs; mais ils me sont connus, voilà tout. Si M. Gouderc vous les recommande, n'hésitez pas à les essayer. Au fond, le seul bon juge pour les hybrides Gouderc est M. Couderc lui-même; de même que pour les hybrides Millardet, c'est M. Millardet. Groyez-vous que les hybrideurs n'en savent pas plus long sur leurs propres créations que les professeurs qui se mêlent de les critiquer? Pensez-vous donc que ces savants aient intérêt à vous égarer? Ge serait leur accorder trop peu d'intelligence et une bien mesquine compréhension de leurs vrais intérêts. Aussi, n'hésitez pas : quand vous avez besoin d'un renseignement relatif aux hybrides, adressez-vous aux hybrideurs ; seuls, ils ont le droit de vous répondre et le devoir de vous éclairer.
Avec M. Ganzin, ma tâche est plus facile; deux numéros seulement, de valeur légèrement inégale, raison de plus pour les comparer.
J'ai tenu à vous proposer aussi l'essai des plants Terras, Gastel, Renevey, Despetis et du Tisserand de l'Ecole de Montpellier. ,T'ai laissé avec intention des colonnes en blanc pour que vous ajoutiez vous-mêmes à ces 42 cépages ceux que vous jugerez dignes de leur être adjoints. Je croie qu'il est difficile de se montrer plus impartial dans le choix de porte-greffes destines à figurer dans un champ modèle.
De même pour les greffons, je ne me permettrai aucun conseil, à peine des indications.. . .
Je vous recommande la plus sévère authenticité ampélographique et la meilleure sélection fructifère possible de tous les greffons que vous emploierez à votre champ.
En disposant votre plantation, comme je vous l'ai indiqué tout à l'heure, vous verrez d'un seul coup d'œil la vigueur et la fructification comparative de chaque espèce de greffons sur un porte-greffe donné. A^ous jugerez ainsi les affinités particulières de ce porte-greffe pour des greffons déterminés et sa résistance phylloxérique, car il n'y aura pas besoin d'être sorcier et de fouiller constamment le sol pour contrôler la résistance phylloxérique d'un cépage bien adapté, (^elui qui résiste pousse, et celui qui ne résiste pas crève, Ge n'est pas plus compliqué que ça. Le nombre des nodosités et les tubérosités ne change rien à la brutalité. Eh bien! dans un champ d'expériences, planté comme le nôtre, sur un arrachis immédiat et dans uq sol non reposé, on constate assez rapidement des différences de résistance phylloxérique, et cela sans microscope et sans échelle scientifique, je vous en réponds.
Si nous espaçons les pieds à 1 m. 25 en tous sens, mesure exagérée pour la Bourgogne, mais peut-être nécessaire au Jura, à cause de sa taille longue et de ses terrains profonds, les quarante-deux lignes de trente-deux pieds représentent une vingtaine d'ares. Pour mettre chaque pied à l'abri d'un accident, il serait bon de doubler au moins les lignes de chaque porte-greffe. Vers blancs ou coups de pioches ont vite fait de fausser une expérience lorsqu'elle porte sur un pied unique. Faisons mieux, et, pour constituer de vrais sillons de mêmes portegreffes, mettons cinq rangs de suite de chaque variété. Gette dernière combinaison portera la superficie couverte à un hectare environ.
Il y aurait ainsi cinq pieds de Poulsard sur Riparia-Gloire, et ainsi de suite; mais en tenant compte des autres greffons, il y aurait un total de 160 greffes sur Riparia-Gloire et autant sur chaque autre porte-greffe. Il n'y aurait que 5 Poulsards, 5 Pinots, 5 Gamay sur Riparia-Gloire, mais en tenant compte des autres porte-greffes, il y aurait en réalité 210 Poulsard, 210 Pinot, 210 Gamay, et autant de chaque autre greffon; 160 et 210 commencent à compter et valent mieux que les collections dont vous avez ri au début de ma communication.
En tête de chaque ligne, véritable étiquette vivante, nous laisserons un exem-
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plaire du porte-gretï'e franc de pied. Gela prouvera l'authenticité du bois employé, et puis cela permettra de constater comment chaque variété américaine ou hybride mûrit dans le Jura. Dans votre reconstitution, vous ne devez rester tributaire de personne; vous pouvez vous suffire à vous-mêmes. Chaque vigneron doit avoir sa pépinière et ses pieds-mères de porte-greffes. De là, la nécessité d'adopter ceux qui s'aoùteront bien sous votre climat. Tranquillisez-vous, vous aurez l'embarras du choix.
Pour vous procurer le bois de ces 42 porte-greffes différents, il faudra vous adresser à des collectionneurs plutôt qu'à des pépiniéristes. D'ailleurs, si un pareil champ était entrepris, je suis persuadé que les hybrideurs seraient les premiers à offrir tout le bois nécessaire pour constituer leurs lignes. Les Berlandieri sont chers; mais la satisfaction de mettre ces ouvriers de la dernière heure au pied du mur vaut bien un petit sacrifice d'argent.
Quant aux greffons, la chose est plus simple encore. Pour ceux du Jura, vous les marquerez dans vos propres vignes. Les variétés de Bourgogne vous seront fournies par mon maître et ami, M. Petiot, par moi et quelques autres voisins. Nous aurons toute sécurité pour le reste, en le sollicitant de l'obligeance de M. Pulliat ou de tel autre aimable collectionneur.
Vous voilà donc en possession de vos greffons et de vos porte-greffes. La seule difficulté pratique que je prévois est l'étiquetage au moment de la greffe. Vous aurez à étiqueter plus de 1,000 petits paquets. C'est une affaire de soin et d'attention.
Votre pépinière établie d'après les excellentes recommandations de l'honorable M. Savot, vous donne de bonnes reprises, mais d'un tant pour cent qui varie à chaque porte-greffe. Première expérience à noter : le quantum de reprise. On dit qu'il y a certaines vignes américaines qui se greffent difficilement, vous les trouverez ainsi vous-mêmes. Sans cela je vous aurais conseillé d'acheter des plants tout greffés. Mais pour nous rapprocher des conditions de la réalité, il vaut mieux que notre expérience parcoure entièrement le cycle de la reconstitution.
Le voilà enfin planté et poussé ce fameux champ offrant à tous ses visiteurs, ses très nombreux visiteurs, accourus non seulement de France mais de l'étranger, des enseignements d'une éloquence que le plus disert des professeurs aurait peine à égaler.
En sus des observations phylloxériques, cette disposition entrecroisée de greffons et de porte-greffes se prête admirablement aux essais comparatifs de fumure et de traitement de toutes sortes. Les maladies cryptogamiques, le mildiou, l'anthracnose, la gommose, le black-rot, que sais-je? enfin, tous les champignons nouveaux que nos éminents docteurs ne peuvent manquer de nous découvrir, montreront ainsi leur effet sur chaque greffon.
En dernier lieu, ce champ d'expériences, assez peu coûteux à établir en somme, donnera du vin tout comme une autre vigne. Son propriétaire aura la surprise de trouver un bel hectare en rapport, sauf quelques lignes peut-être plus faibles ; en même temps qu'une bonne action il aura fait une bonne affaire.
J'aime à croire que, parmi les dévouements groupes autour de ce Syndicat puissant qui a su si bien organiser cette importante réunion viticole et dont le distingué président dirige nos débats avec autant de compétence que de courtoisie, il sera facile de trouver les éléments de la création de ce champ idéal. Je le souhaite ardemment, pour vous d'abord, vignerons de Poligny, qui devrez en bénéficier pratiquement, et pour la science ensuite, qui ne se désintéresse jamais des expériences loyales et sincères. J. Roy-Chevrier,
Pi'é^idenl de la Société d'agriculturf de Chalon-gur-Saùiit'.
COiNCOURS D'ANIMAUX GRAS A PAMIERS
Le dimanche 9 février, a eu lieu le concours annuel d'animaux gras. Une journée spiendide, l'excellente musique du 59" d'infanterie qui se faisait entendre^ tout cela était suffisant pour attirer de nombreux visiteurs que l'immense esplanade de Millane avait peine à contenir.
La distribution des primes a été présidée par M. le sous-préfet de Pamiers en l'absence de M. le préfet de l'Ariège, retenu à Foix par une