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UNE FÊTE A L INSTITUT AGRONOMIQUE

illustre et des élèves plus ardents au travail, plus attentifs aux leçons de leurs maîtres.

Les services de l'Institut agronomique sont reconnus et proclamés partout; peu d'écoles offrent aujourd'hui d'aussi sûrs et d'aussi nombreux débouchés à leurs élèves et ce n'est pas l'une de nos moindres satisfactions de pouvoir les guider, les aider, les suivre, les voir grandir et prospérer !

Oui, la France a le droit d'être fière de son école, de ses ingénieurs-agronomes qui, répandus dans toutes les parties du territoire et même à l'étranger, portent, nouveaux apôtres de la vérité, la bonne parole, la saine doctrine!

Avec l'Institut agronomique une ère nouvelle de progrès a commencé. C'est la renaissance de l'agriculture moderne! Déjà notre pays en a recueilli les fruits; déjà il a été récompensé au centuple des sacrifices qu'il a faits pour l'enseignement agricole.

Mais, messieurs, si de grandes améliorations ont pu être effectuées dans ce dernier quart de siècle, si des découvertes merveilleuses ont été faites, tout est loin d'être fini ! Les procédés perfectionnés n'ont pas encore pénétré dans les couches profondes de la population rurale; plus nos connaissances augmentent, plus l'horizon de l'inconnu s'étend devant nous. Combien de questions encore obscures, à résoudre ; combien il s'en pose de nouvelles à nos méditations et à nos recherches! L'avenir n'a pas de bornes!

Le corps enseignant de l'Institut agrono i ique. fidèle à ses traditions, continue chaque jour à travailler pour reculer les limites de l'inconnu et étendre le champ des améliorations agricoles.

Pour vous, mes jeunes camarades, soyez toujours les zélés collaborateurs de vos maîtres, montrez-vous clignes d'eux. Suivez les traces de vos vaillants anciens :

Grosjean, Hérisson, Schribaux, Charles Girard, Wery, Ringelman, Keyser, Ferrouillat, Marsais, Decker David, Beauduin, de Malliard, Grarola, Nanot, Lecq, Vauchez, Tallavigue, Boilel, Coudan, Deloncle, Pabst et tant d'autres, car vous êtes légion déjà, sont de nobles exemples à imiter et bien dignes d'exciter l'émulation la plus féconde ! Soyez des hommes d'action et d'initiative. Aimez la France, aimez avec passion l'agriculture , l'une et l'autre sont généreuses et savent toujours largement récompenser les efforts qu'on fait pour elles. Faites toujours votre devoir, tout votre devoir, quelle que soit la situation à laquelle vous appelle votre existence; croyez bien que le droit chemin, avec un travail persévérant, est encore le plus sûr et le plus court, pour avoir le bonheur dans la vie, pour conquérir l'estime et la considération de tous, et que c'est aussi le meilleur moyen de bien seivir son pays et de concourir efficacement à la grandeur comme à la force de la patrie.

Encore une fois, mon cher de Malliard, mes chers et jeunes camarades, merci du fond du cœur.

A l'agriculture

La Société nationale d'encouragement à l'agriculture a tenu son assemblée générale annuelle du 4 au 6 mars, à Paris, sous la présidence de M. Emile Loubet.

Dans son discours d'ouverture, M. Loubet a insisté surtout sur les efforts poursuivis par la Société, et il a conclu ainsi : « Elle a étudié successivement toutes les questions qui touchent à la production et à la défense de l'agriculture française. Demandant sans cesse aus: pouvoirs publics et au Parlement ce qu'elle croyait légitime, mais sans exagération, elle a réussi souvent à faire accueillir ses vœux. Elle demandera encore, elle demandera toujours, parce que toujours il y a quelque chose à demander lorsqu'on parle au nom de ces cultivateurs qui constituent la grande majorité des Français. Rien ne la rebutera dans son œuvre, parce qu'elle sait que la prospérité de l'agriculture française est la condition essentielle de la prospérité et de la grandeur de notre pays. >:

432 SOCIÉTÉ d'encouragement A L'AGRICULTURE.

Après les rapports de M. de Lagorsse, secrétaire général, sur les travaux de la Société en 1895, et de M. Bérenger, trésorier, sur la situation financière, des communications intéressantes on tété présentées par M. Grandeau sur les engrais verts, par M. Pierre Viala sur le blackrot, par i\I. G. Foex sur les vignes américaines en sols calcaires, par M. de Lagorsse sur les concours spéciaux de bétail, par M. Dreyfus sur l'enseignement agricole, etc. Sur le rapport de M. Cot, député de FHérault, le vœu suivant a été émis relativement aux tarifs de transport des vins :

« La Société nationale d'encouragement à l'agriculture émet le vœu que le barème à base kilométrique décroissante, tel qu'il est appliqué actuellement aux expéditions de 7,000 kilog. de toutes les gares de P.-L.-M., Orléans, Midi, sur Paris, soit généralisé et étendu à toutes les expéditions qui se feront d'une gare quelconque, sur tous les réseaux. «

La Société a émis, sur la proposition de MM. Hardon et Gazelles, un vœu relatif à la suppression immédiate des octrois sur les boissons hygiéniques. — Elle s'est aussi occupée du projet de loi relatif à l'impôt sur le revenu; elle a adopté, sur ce sujet, le vœu suivant :

« La Société nationale d'encouragement à l'agriculture déclare, en son nom et au nom des délégués des Sociétés agricoles des départements réunis en assemblée générale, repousser le projet d'impôt sur le revenu, présenté par le Gouvernement, dans le budget de 1897.

ce Ce projet repose sur deux principes également inacceptables, la déclaration et la progression.

« La déclaration aurait pour conséquence le contrôle d'une commission armée d'un pouvoir discrétionnaire, lui donnant le droit de pénétrer dans le secret des affaires et de la vie privée de chacun.

« De pareils procédés d'inquisition sont intolérables en France.

a La progression aurait pour conséquence l'arbitraire, l'impôt progressif étant arbiti'aire sans limite.

« L'impôt sur le revenu présenté par le Gouvernement aggraverait les charges déjà trop lourdes qui pèsent sur l'agriculture. La petite propriété serait atteinte comme la grande, et tout progrès agricole serait entravé.

« En conséquence, la Société nationale d'encouragement à l'agriculture engage la Commission du budget à repousser le projet du Gouvernement. »

Les discussions de la Société ont été closes par un banquet qui réunissait un grand nombre de notabilités agricoles. Des toasts très applaudis ont été prononcés par M. Loubet, président de la Société, M. Viger, ministre de l'agriculture, M. Méline, M. de Lagorsse, secrétaire général, etc. G. Galdot.

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