‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 345 sur 737 · ASSOCIATION DE L'INDUSTRIE ET DE L'AGRIGULTQRE FRANÇAISES · texte numérisé non relu

ASSOCIATION DE L'INDUSTRIE ET DE L'AGRIGULTQRE FRANÇAISES

pour tromper le public en lui faisant croire que ce qui baissait en re'alilé ce n'étaient pas les valeurs, mais bien les quantités importées et exportées

Nous avons voulu, pour répondre et éviter toute controverse, recourir à un système de contrôle qui fût à l'abri de toute discussion et dont les bases ne pussent être contestées par personne. Nous avons dit à l'administration des douanes qui y a mis la meilleure volonté — et j'exprime ici la reconnaissance que nous lui devons à M. le directeur général — nous avons dit à l'administration des douanes : « Mettez-nous en état de nous rendre un compte exact du mouvement de notre commerce dans ces dernières années, et puisqu'on oppose l'année 1894 à l'année 1890, prenez les valeurs en douanes de 1894 et appliquez-les à la fameuse année 1890. Nous mettrons ainsi en face des cboses comparables, et nous verrons bien la différence réelle qui existe entre 1890 et 1894, puisque ce sera le mêmetaux de valeur qui leur servira de mesure commune. » Et pour que la démonstration fût plus impartiale encore, nous avons demandé à l'administration de comparer non seulement 1894 à 1890, mais encore 1895 à 1890, 1894 à 1889, année très favorable cependant pour la comparaison, puisqu'elle a été aussi, grâce à l'Exposition, une année de grand mouvement commercial, et enfin 1894 et 1895 à 1885 la première année de la période de dix ans qui vient de s'écouler.

Je ne veux pas m'appesantir sur les détails des chiffres; ils ont été accablants pour la thèse de nos adversaires : je me contenterai d'en relever quelques-uns qui nous permettront de prendre ceux-ci en flagrant délit de mensonge, ^'ous vous rappelez le gros chiffre qu'ils mettent toujours en avant dans leur comparaison de lb90 à 1894, A les entendre, le mouvement du commerce général aurait baissé en 1894, par rapport à 1890, de 1,200 millions. Eh bien, quand on rapproche les valeurs en douane de 1894 de celles de 1890 en prenant la même base, le même taux, on arrive à celte constatation : c'est que nos adversaires ne se sont trompés que de la modeste somme d'un milliard. La différence, si l'on prend les mêmes valeurs en 1890, l'année la plus forte du siècle, et si on les compare à celles de 1894, est non pas de 1,200 millions, mais de 200 millions seulement pour le mouvement général du commerce.

Voilà la première réponse aux assertions de nos adversaires.

Maintenant, si on prend le mouvement des exportations, la chose qui nous touche le plus et qui est le grand cheval de bataille de nos adversaires, on trouve encore, il est vrai, une différence entre 1890 et 1894, non pas de 600 millions mais de 300 millions seulement, et il ne peut en être autrement, puisque je le répète, l'année 1890, au point de vue du mouvement des affaires, a été une année exceptionnelle, l'année la plus forte de toute la période. Mais comparez l'année dernière, l'année 1895, à cette fameuse année 1890, et vous découvrez que non seulement les exportations n'ont pas été inférieures à celles de 1890, mais qu'elles les out dépassées de 2 millions. Si vous comparez cette même année 1895 à 1889, l'année de l'Exposition, année de grande exportation, il se trouve que 1895 est encore supérieur de 79 millions à 1889. Enfin, pour couronner le tout, si vous prenez la première etladernièie année delà période décennale, c'est-à-dire 1885 et 1895 — qui est la période choisie pour ces sortes de comparaisons, parce que c'est en dix ans qu'on peut le mieux juger du mouvement commercial d'un pays — vous arriverez à cette constatation, écrasante pour nos adversaires, que, de 1885 à 1895, l'augmentation de nos exportations a été de 593 millions.

Plus de 500 millions de différence, voilà, messieurs, comment ce régime économique, SI attaqué, ,a compromis notre mouvement d'affaires à l'extérieur. Vous pouvez juger maintenant à sa véritable valeur, chiffres en mains, toute la polémique libre-échangiste de ces dernières années. Après une telle démonstration, je me crois autorisé à affirmer, sans contradiction possible, que non seulement notre nouveau régime économique n'a pas diminué notre mouvement commercial avec l'étranger, mais qu'il l'a augmenté au contraire dans des proportions considérables. Je n'ose pas espérer que ces révélations décisives ferment la bouche à nos adversaires; mais elles sulfiront, je n'en doute pas, à convaincre tous les esprits impartiaux que la campagne menée contre nous depuis deux ans, avec tant d'acharnement, était une pure comédie. [Applaudissements.)

Question monétaire. — Mais, messieurs, si la baisse de la valeur en argent de nos marchandises nous fournit une explication satisfaisante et décisive sur les véritables résultats de notre mouvement commeicial, il n'en est pas moins vrai

Page 1