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La lecture de ce tableau montre à l'évidence que le lait de notre vache a été enrichi en acide phosphorique dans une forte proportion par le phosphate de soude ajouté à sa ration alimentaire. L'enrichissement estallé jusqu à plus de la moitié de la teneur normale 'Ogr. 732 pour 1 gr. 438) et ne s'est pas abaissé jusqu'au tiers 0.50S pour 1 gr. 438 . Le tableau montre aussi qu'au-delà de la dose de 22 gr. de phosphate l'acide phosphorique n'a plus augmenté dans le lait. Il semble d après cela qu'il n'y aurait point intérêt à dépasser la dose dune vingtaine de grammes.
Mais étant ainsi bien établi que le phosphate minéral ingéré par la vache passe dans le lait, il n'était pas indifférent de savoir en quel état il s'y trouve. Normalement une partie de l'acide phosphorique provenant des aliments est en combinaison dans la caséine, dont les lavages les plus prolongés ne peuvent le séparer. Le lait normal de notre vache en contenait, comme on la vu. I sr. 438 oour 1000. La caséine de ce lait, après avoir été lavée sur le filtre durant trente-six heures, en a dosé 0 gr. 441 seulement; le reste, soit 1 gr. 097, était donc en dissolution dans l'eau du lait. Dans la caséine du lait contenant 2 gr. 170 d'acide phosphorique pour 1000, traitée de la même façon, on en a dosé Ogr. 310 pour 1000. c'est-à-dire un peu moins que dans celle du lait normal.
Il e.<t clair, d'après cela, que le phosphate minéral ajouté à la ration alimentaire de la vache a été simplement éliminé par les mamelles, en dissolution dans le sérum du lait, sans modifier la composition de la caséine. On s'est assuré aussi que la quantité de caséine formée n'avait pas été augmentée. Paul Gây,
(La suite prochainement.) Répétiteur de zootechnie à l'Ecole nationale l'agricnîlore de Grignon.
Nous avons dit que la création de 350 hectares de prairies était la partie capitale de la transformation du domaine des Places. Ces prairies forment de vastes pièces, souvent parsemées d'arbres pour donner un abri au bétail; elles sont encloses parfois de haies, le plus
souvent de clôtures en fils de fer, à triple rang, soutenus par des poteaux en bois. La plus grande partie de ces prairies sont irriguées, de manière à en assurer la production malgré les variations des saisons.
Ce'nétait pas une petite affaire que dorganiser, sur d'autres vastes étendues en terrain plat, un réseau régulier dirrigations, et d assurer aussi l'écoulement rapide des eaux après leur utilisation. Ine autre difficulté provenait de la faible quantité d'eau dont on pouvait disposer; cette eau est, en effet, fournie par une^petite ri^^ère qui traverse
l'une des extrémités de la propriété, la Toranche, dont le débit n'a quelque importance que pendant Ihiver, c'est-à-dire dans la saison où l'on n'a pas besoin d'eau. M. le marquis de Poncins a vaincu ces difficultés par une organisation très ingénieuse, qui a consisté surtout à se servir des étangs comme de réservoirs d'irrigation, et à les aménager en conséquence.
Une prise d'eau sur la Toranche alimente un long canal d'irrigation qui traverse la plus grande partie de la propriété, et qui a été dirigé de manière à passer à proximité des principaux étangs. La pente de ce canal est très faible; la différence de niveau aux deux extrémités, après 7 kilomètres de parcours, dépasse à peine six mètres. D'autre part, les berges des étangs ont été relevées, de manière qu'elles peuvent retenir un volume d'eau beaucoup plus considérable; en même temps, des prises d'eau y ont été ménagées pour l'irrigation. Le canal, qui fonctionne pendant toute l'année, sert, pendant l'hiver, à remplir les étangs et à leur donner toute l'eau qu'ils peuvent contenir. Aucune partie de l'eau n'est perdue; car, à l'arrivée devant le dernier étang, une chute du canal fait mouvoir une turbine qui actionne une pompe remontant leau dans l'étang. Le système d'irrigation est donc double : au printemps, une partie des prairies est irriguée par les branches du canal principal ; une autre partie est arrosée avec l'eau provenant des étangs. A la fin de l'été, ceux-ci n'ont plus que la tranche d'eau nécessaire pour maintenir le poisson en bon état. Quant aux irrigations elles-mêmes, elles se pratiquent, suivant les circonstances, soit par planches en ados, soit par rigoles de niveau. Toutes les mesures sont prises pour que l'eau circule, sans devenir stagnante sur le sol.
La production assurée d'abondantes provisions de fourrages permettait dès lors à M. de Poncins de se livrer sur une grande échelle aux spéculations animales. C'est à la fois à la production du bétail bovin et à l'élevage du cheval qu'il s'est adonné avec une véritable passion; il a adopté du premier coup les races les plus aristocratiques, la race bovine durham et la race chevaline de pur sang. Ce double élevage a été conduit avec un grand esprit de suite.
Voilà trente ans que le troupeau de race durham a commencé à être constitué aux Places; il est certainement un des plus nombreux de France. Ce troupeau présente un très grand caractère d'homogénéité. C'est que, dès l'origine, M. de Poncins s'est attaché aux pedigrees, et qu'il a eu un but constant, qu'il a poursuivi en s'adonnant exclusivement à l'élevage de familles choisies parmi celles qui sont réputées pour leurs aptitudes laitières. L'étable est peuplée presque exclusivement par des animaux appartenant à quatre tribus, dont les principales sont les tribus Catherine, Mason et Maid ofLorn; d'après M. Grollier [Les tribus du Durham français), on ne trouve qu'aux Places des descendants de cette dernière tribu en France. Les animaux sont remarquables aussi bien par la régularité de leurs formes que par leur grand développement. La figure 5 montre un taureau né aux Places, et qu'on peut considérer comme un type de l'élevage; c'est Grand-Colonel, fils de Grand-Duke 29"' (importé d'Angleterre) et de Boutique. Ajoutons que, de temps à autre, M. de Poncins se sert de
taureaux importés directement d'Angleterre; tel Barming Barington Duke 2^. La comptabilité du troupeau est tenue avec un soin extrême; des registres spéciaux sont consacrés non seulement à la généalogie, mais à des indications précises sur le sort des produits de chaque animal; ils renferment une histoire complète et détaillée du troupeau.
C'est surtout en vue de la production laitière que M. de Poncins a peuplé l'étable des Places. Les vaches de race durham pure et les produits des croisements avec la race forézienne lui ont permis de constituer une importante laiterie dans laquelle il s'est adonné pen-
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l'i"-. 6. — Atlelage de bœufs durham.
danl longtemps à la fabrication du beurre et dans laquelle il avait appliqué tous les progrès modernes. Depuis quelques années, il s'adonne spécialement à l'engraissement, car il a reconnu qu'en raison de la nature d'une partie de ses prairies et de la baisse des prix du beurre, l'engraissement assure aujourd'hui des bénéfices plus élevés. Mais deux points surtout sont à retenir parmâ ses nombreuses observations. Le premier, c'est que le croisement avec la race durham accroît les aptitudes laitières de la race du pays; c'est un fait constaté ailleurs dans les mêmes proportions. Le second, c'est que les bœufs durham peuvent être d'excellents animaux de travail; nous aA^ons vu, aux Places, maints attelages de race pure qui ne boudaient pas au joug, loin de là; ils paient ainsi largement leur nourriture jusqu'au jour de l'engraissement définitif. La figure 6 représente un de ces attelages, d'après une photographie prise sur place.
Le même soin qu'il avait apporté dans l'élevage de la race durham, M. de Poncins l'a prodigué dans l'organisation de son haras. Ici, c'est la race anglaise de pur sang qui a été adoptée, comme nous l'avons dit. Grâce à une sélection persévérante et rigoureuse, à un élevage entouré de toutes les précautions, une véritable famille a été créée aux Places, qui présente des caractères de solidité et d'endurance tout à fait spéciaux, en même temps qu'elle a conservé les allures caractéristiques de sa race. Les produits sont nombreux chaque année, car l'écurie renferme
Fig. 7.
Limited, étalon du haras des Flaces.
au moins une douzaine de mères. Celles-ci gagnent d'ailleurs leur vie, car on les fait couramment travailler aux champs comme de vulgaires juments de trait, et elles ne s'en trouvent pas plus mal. Les jeunes chevaux sont vendus après le dressage, surtout pour le service de la selle et celui de la voiture de luxe; ils sont fort appréciés par le commerce. Le type du haras des Places est parfaitement représenté par Limited (par Archidus et Lina), que montre la fig. 7. En même temps qu'à l'élevage du pur sang, M. de Poncins s'adonne à la production de chevaux de service, qui sont d'autant plus recherchés qu'ils sont maintenus près du sang avec un soin jaloux; il a provoqué, par son exemple comme les imitateurs qui l'ont suivi, une race de chevaux foréziens, recherchés aujourd'hui. Henry Sagnier.
(La suite prochainement.)
Bulletin du i" trimestre 1895.
Agriculture et horticulture. — Destruction de la Chematobia hrumata. Désireux de faire connaître aux cultivateurs de Jumièges et de Mesnil-de-Jumièges (Seine-Inférieure), si cruellement éprouvés par les dégâts de cette chenille, une matière gluante devant remplacer le goudron qui sèche trop vite lorsqu'il est placé sur une handelette de papier entourant le tronc de l'arbre, j'ai fait une série de compositions formées d'huiles diverses, de résines, de glu, de savons, etc. J'ai enfin découvert un mélange qui peut rendre de réels services; il est ainsi composé :
On place dans une casserole 400 grammes de dégras ordinaire servant pour le graissage des essieux de voitures, que l'on fait chauffer fortement pour chasser toute l'eau qu'il contient. Il est bon d'opérer, malgré cette petite quantité de dégras, dans une casserole de 5 litres à cause de l'effervescence qui se produit lorsque la chaleur atteint une certaine élévation.
Ensuite, on ajoute 400 grammes d'huile de poisson ; on remet le tout sur le feu, puis on verse peu à peu 1 kilog. de colophane en poudre grossière. Aussitôt la colophane dissoute, on retire du feu, on laisse refroidir et le mélange peut servir le lendemain.
On l'applique, de même que le goudron, sur la bandelette de papier, mais cette composition reste gluante beaucoup plus longtemps et ne revient pas à un prix beaucoup plus élevé.
Un kilog. revient à 0 fr. 60. En effet, le dégras coûte 0 fr. 70 le kilog., l'huile de poisson, 1 fr. 30 le kilog., la colophane, 0 fr. 23 le kilog.
En outre, ce mélange est insoluble dans l'eau et peut se passer d'abat-jour. Deux badigeonnages, ou trois, tout au plus suffisent grandement pour toute la durée de la montée des femelles de Ghématobie (du 10 octobre au 25 décembre).
La composition de la matière gluante publiée dans le Journal de V Agriculture d'octobre dernier par M. Rivière, directeur de la Station agronomique de Versailles, a l'inconvénient, lorsqu'il pleut, de se recouvrir d'une pellicule sulfureuse, qui permet aux insectes de la traverser, c'est ce qui m'engage à faire connaître la mienne qui n'a pas les mêmes inconvénients.
Ayant imprégné plusieurs bandelettes de papier de cette sorte de glu que j'avais déposées par terre à différents endroits du laboratoire : jardin, buanderie, atelier, quelle ne fiît pas ma surprise de les retrouver le lendemain matin, complètement couvertes de cloportes morts englués. C'est donc un procédé des plus simples pour se débarrasser de ce gênant crustacé, et beaucoup plus efficace que celui employé jusqu'à présent qui consiste à déposer de place en place des pommes de terre préalablement creusées, où les cloportes venaient se réfugier pendant le jour; il fallait, sans cesse, visiter ces pièges-abris, et la destruction de cette vermine était presque toujours incomplète.
— Il nous a été adressé au commencement d'octobre de Gaen et de Pontl'Evêque des branches et des feuilles de pommier couvertes de pucerons qui avaient, paraît-il, causé des dégâts aux feuilles pendant le printemps et l'été écoulés.
Ce puceron a été reconnu pour être VAphi^ mali. L'espèce aptère mesure un millimètre. Antennes noirâtres. Tête, yeux et "thorax noirs, corps verdâtre, couvert d'une sorte de poussière pollineuse blanchâtre, dessous jaunâtre, pattes vertes avec l'extrémité des jambes, les genoux et les tarses noirs.
L'espèce ailée mesure 2 millimètres ; antennes vertes, abdomen entièrement d'un vert pré, ailes transparentes avec la nervure costale et le sigma jaune grisâtre, la petite queue et le segment anal varient du brun au noir.
h Aphis mali se trouve souvent en grandes quantités au printemps autour des jeunes feuilles et dans les bourgeons qui s'épanouissent sur les pommiers, mais c'est notamment pendant les mois de juin et de juillet qu'il est le plus abondant sous les feuilles dont il suce la sève.
L'accouplement se fait en septembre ou octobre ; les œufs d'abord verdâtres deviennent bruns à la fin du premier jour, et noir brillant trente-six ou quarante heures après la ponte ; celle-ci cesse dès les premiers froids. Les œufs sont dé-
posés sur les branches des pommiers et n'éclosent qu'au printemps suivant. Quelques instants après leur éclosion, les petits se rendent à la pointe des bourgeons ou sous les feuilles où ils se fixent le long de la nervure médiane, se serrant les uns près des autres quelquefois en si grand nombre que toute la feuille en est couverte. La ponte des jeunes commence le lendemain de la dernière mue, c'est-à-dire qu'ils accouchent de petits vivants, tout fécondés, lesquels, à leur tour, donnent naissance à des femelles aussi fécondées, ce qui explique la quantité considérable de ces insectes que l'on trouve sur les pommiers et autres arbres; ce n'est qu'à la dernière génération (vers le mois d'octobre) que les femelles pondent des œufs qui passent l'hiver.
Les pucerons se tiennent ordinairement à l'extrémité des jeunes pousses et sous les feuilles qu'ils crispent et recroquevillent; souvent ces insectes sont si nombreux qu'ils absorbent toute la sève nécessaire au développement de la tige.
Ce n'est pas seulement par son attaque sur le pommier que ÏAphis malt prélève un tribut sur le cultivateur, car on a reconnu en Amérique que c'est un ennemi sérieux du blé d'automne.
Le regretté professeur Riley a dit dans son rapport pour 1889 que le puceron du pommier [VAphis mali) se trouve souvent sur le blé après l'apparition de la génération ailée sur le pommier.
Le professeur F.-M. Webster, de l'Ohio, dans une note sur les insectes ennemis des céréales américaines, dit aussi :
« Il peut paraître extravagant de conseiller les traitements insecticides des vergers de pommiers au cœur de l'hiver dans le but de protéger la récolte du blé, et cependant, l'un des redoutables ennemis du jeune blé d'automne passe la saison d'hiver, à l'état d'œuf sur les rameaux du pommier. Je fais allusion au puceron du pommier (Aphis mali, Fab.). Peu après la levée des jeunes plantes de blé en automne, les femelles vivipares ailées de cette espèce envahissent les champs et y donnent naissance à leurs petits, qui se portent aussitôt sur les racines où ils continuent à se reproduire, tout en épuisant la vitalité des jeunes plantes. Dans les sols très fertiles, cette soustraction de la sève des racines n'a pas de conséquence bien grave, mais dans un sol pauvre et surtout pendant la sécheresse, cet épuisement continu de vitalité a bientôt fait sentir son effet sur les plantes. Bien qu'elles soient rarement tuées tout à fait, ces plantes infestées cessent de croître et prennent bientôt un air maladif, et ce n'est que lorsque le puceron les quitte pour retourner au pommier qu'elles reprennent quelque vigueur. «
Le remède le plus efficace contre le puceron du pommier consiste à pulvériser sur les feuilles et les jeunes pousses une émulsion de pétrole, ou mieux encore du jus de tabac à 1" Baume. Il est utile de pratiquer une seconde pulvérisation une huitaine de jours après la première.
— Il nous a été adressé d'Avignon des branches de pêcher couvertes de petites galles que nous avons reconnues comme étant des coques du Kermès du pêcher, Lecaniwn persicœ.
Le mâle de ce Kermès est extrêmement petit, d'une couleur brunâtre avec les antennes plus claires, ses ailes sont blanches avec la tête liserée de rouge.
La femelle ou plutôt sa coque est un peu oblongue, d'un brun café avec quelques dépressions sur le dos et une petite échancrure au bout postérieur.
Vers le commencement de juin, les galles qui ont atteint tout leur développement, sécrètent une sorte de coton blanc qui les entoure complètement. A cette époque, la femelle qui est fécondée se met à pondre des œufs excessivement petits et en nombre prodigieux qu'elle fait passer sous son ventre et qui par suite se trouve placés en tas sur le lit de coton qu'elle a sécrété. L'insecte meurt aussitôt sa ponte terminée, et sa coque desséchée forme comme un couvercle qui protège les œufs.
Une dizaine de jours après, ces œufs éclosent et donnent naissance à de petites larves qui s'échappent de leur abri par la petite ouverture placée à la partie postérieure de la coque et s'éparpillent bientôt sur les feuilles les plus tendres et sur les bourgeons pour y prendre leur nourriture. Elles sont alors rougeâtres, en forme d'ovale allongé, et sont pourvues de six pattes. Elles prennent leur nourriture par le moyen d'un petit bec qu'elles enfoncent dans l'écorce pour y sucer la sève et causent ainsi à l'arbre de grands ravages qui occasionnent souvent son dépérissement et quelquefois sa mort.
La croissance de ces larves s'opère pendant l'été et une partie de l'automne et lorsque les feuilles tombent, toutes celles qui étaient dessus les abandonnent et se réfugient sur les branches où elles se fixent définitivement.
La gallinsecte passe l'hiver dans cette position, le froid l'engourdit sans la faire périr et elle se ranime au printemps pour recommencer à pomper la sève et à continuer ses dégâts.
On remarque, dit M. Groureau, dès le commencement d'avril qu'il y en a de beaucoup plus petites les unes que les autres et que ces dernières sont nombreuses.
Si Ton surveille ces petites galles vers la fin du mois, on en voit sortir, le derrière le premier, uu très petit insecte de couleur rougeâtre ayant de fines antennes, l'abdomen terminé par quatre soies et deux ailes d'un blanc sale, bordées antérieurement d'une ligne rouge. Il est pouvu de six pattes et porte au derrière, outre les quatre soies, une petite queue inclinée en bas. Ce petit insecte est le mâle qui se porte aussitôt sur les grosses galles, qui sont les femelles, se promène sur leur dos, s'accouple avec elles et les féconde, après quoi il meurt.
Aussitôt les femelles fécondées, elles grossissent rapidement et commencent leur ponte comme nous l'avons dit plus haut.
Pour détruirele Kermès du pêcher, il faut brosser énergiquement pendant l'hiver avec une brosse de chiendent toutes les branches des pêchers portant des galles de façon à détacher ces dernières qui ne tardent pas à mourir après être tombées.
— Un cultivateur de Monville a fait parvenir au laboratoire une petite branche de pommier supportant une toile en forme de nid renfermant un certain nombre de chenilles.
Ces chenilles étaient celles du Bombyx chrysorrhée que l'on trouve également sur beaucoup d'arbres fruitiers et forestiers. Le fond de leur couleur est d'un brun noirâtre avec six rangées de tubercules de la même couleur surmontés de poils aigrettes roussâtres. Elles portent sur le dos, à partir du troisième anneau, deux rangées de taches blanches qui sont bordées de chaque côté par un petit pinceau brunâtre.
L'insecte parfait mesure trois centimètres d'envergure ; la tête, le corselet et le dessous du corps sont couverts d'un duvet blanc cotonneux, le dessus de l'abdomen est brun, les ailes sont blanches et marquées quelquefois de deux ou trois points noirs. La femelle porte à l'extrémité de son abdomen une quantité considérable de poils bruns en forme de houppe.
Le papillon éclot au mois de juillet. Quelques jours après l'accouplement, la femelle pond ses œufs qu'elle dispose par tas à l'extrémité des branches et qu'elle recouvre avec les poils qui garnissent l'extrémité de son abdomen. Ces œufs éclosent au commencement de septembre et donnent naissance à de petites chenilles qui tout aussitôt enveloppent quelques feuilles dont elles rongent seulement le parenchyme, sous une toile de soie divisée en autant de cellules qu'il y a d'individus. Elles changent une fois de peau et passent tout l'hiver dans cet abri sans prendre la moindre nourriture et résistent ainsi aux gelées les plus fortes sans en éprouver d'inconvénient. Dès que les arbres fruitiers commencent à avoir quelques feuilles, elles sortent de leur retraite et dévorent tout ce qui se trouve dans le voisinage de leur habitation. Aussitôt que la nuit approche ou s'il vient à pleuvoir, elles se retirent sous leur tente. Quand il n'y a plus rien à manger, elles augmentent l'étendue de leur nid en ajoutant de nouvelles toiles qui enveloppent les anciennes. Elles vivent en commun jusqu'à leur dernière mue, après laquelle elles quittent leur demeure pour n'y jamais rentrer et elles se répandent sur toutes les branches de l'arbre. Parvenue à toute sa taille vers le commencement de juillet, la chenille se place entre des feuilles ou dans les bifurcations des branches et file une coque molle d'un tissu mince de couleur gris brunâtre dans lequel elle se transforme en chrysalide ; elle reste en cet état jusqu'au mois de juillet, époque où éclot le papillon.
Pour détruire le Liparis chnjsorrhea qui est très commun, il faut couper pendant l'hiver toutes les branches qui supportent les toiles renfermant les chenilles et brûler le tout avec soin. Ces nids sont très apparents à cette saison où les arbres ne possèdent plus de feuilles. Paul Noël,
(La suite prochainement). Directeur du Laboratoire régional d'entomologie agricole.