‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 417 sur 737 · Expériences de M. P.-P. Dehérain · texte numérisé non relu

Expériences de M. P.-P. Dehérain

— Les trois premiers mois de l'année sont généralement peu fournis en rapports sur les insectes nuisibles, aussi en profiterons-nouspour dire quelques mots dans ce bulletin sur certaines espèces de diptères, insectes, généralement peu connus et souvent mal étudiés.

Les diptères sont de petits insectes à deux ailes comme les mouches communes; ils ont six pattes presque toujours grêles et allongées, ayant à leur extrémité deux ou trois palettes vésiculeuses qui font l'office de ventouses, ce qui permet à ces insectes de marcher sur les corps polis, comme les vitres d'une croisée; les yeux sont souvent très jolis; la bouche est formée d'un suçoir, entourée de plusieurs pièces écailleuses en forme de scies ou de lancettes et servant dans certaines espèces à aspirer le sang de l'homme et des animaux.

Qui de vous, en effet, n'a pas été victime du cousin {Culex pipiens), ce tout petit diptère connu aussi sous le nom de moustique ou maringouin, qui entre le soir dans les chambres en faisant entendre lorsqu'il passe près des oreilles un petit piaulement tout particulier. Tout à coup le piaulement cesse; prenez garde, c'est que le cousin enfonce sa trompe dans un vaisseau sanguin, puis il aspire violemment en faisant jouer les suçoirs, les lancettes et les scies de sa trompe. On ressent alors une piqûre violente comme le ferait une aiguille, ou une gouttelette d'huile bouillante tombant sur la peau ; et si on a la patience de le laisser festoyer, on voit cet insecte se gonfler peu à peu, et en l'écrasant il sort de son corps une gouttelette de sang.

Les femelles sont surtout avides de sang; les mâles préfèrent voltiger sur les fleurs, ils ont des goûts plus raffinés comme beaucoup d'autres animaux du reste.

Pendant le jour les cousins, mâles et femelles, se reposent dans des endroits frais; mais au crépuscule et à l'aurore tout ce petit monde se réveille et se hâte de rechercher sa nourriture et de procéder au grand acte de la reproduction.

Ce n'est que pour subvenir à leur nourriture que ces insectes sont nuisibles à l'homme. Notre peau, facile à percer et contenant en dessous des vaisseaux sanguins très nombreux, est très recherchée des cousins (j'allais dire des cousines, puisque ce sont principalement les femelles qui se gorgent de notre sang), aussi, dans tous les pays chauds, les naturels leur font-ils une chasse impitoyable. Dans le midi de l'Europe, on entoure les lits d'un grand garde-manger en gaze ou en tulle, appelé moustiquaire; dans le nord, on se graisse la peau avec de l'huile de poisson infecte, pour se préserver des moustiques; dans l'Inde, on prend son repos au-dessus d'un feu de feuilles vertes dont la fumée éloigne ces vilaines bêtes ; aussi les Indiens ont une telle horreur des cousins, qu'ils mettent au nombre des joies du paradis, le fait d'en être à jamais débarrassés.

Dans le haut Canada, où se trouvent tant de lacs immenses, ces méchants insectes pullulent à tel point, que les bisons sauvages et les bestiaux passent les nuits des mois de l'été enfoncés dans l'eau jusqu'au cou à seule fin de leur échapper.

On raconte aussi différents moyens employés par les sauvages pour échapper à ces buveurs de sang ; tous les entomologistes qui ont beaucoup voyagé aiment à faire connaître des histoires de sauvages; pour moi qui ne suis guère sorti de la France, je m'en tiendrai aux faits du pays.

Les cousins subissent plusieurs métamorphoses avant de revêtir la forme dans laquelle nous les couaaisspns. Les femelles, après l'accouplement, vont sur la surface des marais, des mares, et surtout des tonneaux placés sous les gouttières, pour recueillir l'eau destinée à l'arrosage; là elles se placent sur un corps léger et flottant et pondent 200 ou 300 œufs environ. Ces œufs sont agglutinés ensemble et forment une espèce de nacelle qui flotte comme un petit bateau. Au bout de quelques jours, le soleil ayant échaufl'é ces œufs, il en sort de petites larves noirâtres ayant une grosse tête et un corps allongé à la façon des têtards qui pullulent dans les eaux stagnantes, on les voit alors en grande quantité venir respirer à la surface où ils se tiennent la tête en bas, c'est qu'en eflet, ces larves respirent par la partie postérieure de leur corps; puis au moindre bruit ou au moindre mouvement de l'eau, on les voit se précipiter au fond en décrivant une série d'arcs de cercle avec leur corps.

Lorsqu'après plusieurs changements de peau les larves sont arrivées à leur entier développement, elles se changent en nymphes, très curieuses elles-mêmes par leur organisation; la partie contenant la tête est repliée sous le corselet, lequel est surmonté de deux cornets servant à la respiration ; les anneaux du corps sont

mobiles, et le dernier beaucoup plu? long que les autres se termine en queue de poisson. Ces nymphes, très agiles, viennent souvent à la surface de l'eau pour prendre l'air, mais à la moindre inquiétude se précipitent et disparaissent au fond.

Au bout d'une huitaine de jours, le thorax se sèche et se fend, pour donner passage au cousin qui apparaît frêle, transi, mouillé et ressemblant bien peu à l'insecte alerte que nous voyons voltiger le soir; c'est qu'en effet il lui faut de très grandes précautions pour sortir entièrement et sans accidents de son enveloppe de nymphe; lorsque la tête et le corps sont sortis, la coque vide dans laquelle il était enfermé lui sert de vaisseau, il flotte sur son ancienne dépouille; puis ouvrant timidement ses ailes il forme ainsi un véritable bateau à voile qu'un doux zéphir conduira sur la rive où il pourra grimper et se sécher tout à son aise, pour prendre ensuite son essor et vaquer à ses affaires.

L'insecte a de six à huit générations par an, ce qui fait qu'un couple de cousins peut avoir à la fin de l'année cinq millions de milliards de descendants.

Ces chiffres formidables feraient frémir si d'abord une grande quantité de ces insectes ne périssait dans les circonstances que nous venons d'indiquer, et ensuite si nous ne possédions, pour nous débarrasser du nombre encore énorme des survivants, d'auxiliaires dévoués; nous citerons au premier rang les hirondelles et les chauves-souris qui en font une consommation énorme, ainsi qu'une foule d'insectes aquatiques qui se nourrissent des larves de ce diptère.

Le remède le plus efficace, d'après Boisduval, contre la piqûre des cousins, consiste à laver la partie gonflée ou douloureuse avec de l'eau fraîche dans laquelle on mélange quelques gouttes de vinaigre ou d'extrait de saturne.

Les cousins ne sont pas les seuls diptères qui s'attaquent à l'homme, nous avons à redouter aussi la mouche aux yeux d'or {Chrysops csecutiens)^ assez commune dans les parcs et les jardins, et qui, pendant les mois de juillet et d'août, se jette sur les mains et le visage, et enfonce, avec la rapidité de l'éclair, son dard dans la peau.

Les femelles de diptères pondent en général beaucoup d'œufs et ont plusieurs générations par an, ce qui fait que ces insectes peuvent former de véritables invasions et en très peu de temps. Il serait curieux de reconnaître l'endroit précis où l'invasion commence et celui où elle finit. Cette étude a été faite par M. Rohineau-Desvoidy pour un seul diptère [Scoteîla urinatoria), petite mouche d'un brun noirâtre à écusson gris blanchâtre, qui était complètement inconnue il y a cinquante ans et qui tout à coup s'est développée dans les urinoirs de Paris en quantité prodigieuse ; de Paris l'invasion a gagné tout le nord de la France et se propage petit à petit dans le midi. Tous les urinoirs de France en sont remplis et l'on voit ces mouches massées les unes près des autres, quelquefois en si grand nombre que les murailles paraissent noires.

Ce petit diptère, qui avant, vivait probablement dans les campagnes, était détruit par de nombreux ennemis qui lui faisaient la chasse; les oiseaux notamment lui menaient certainement la vie dure et sa lutte pour l'existence devait être terrible, comme du reste pour tous les diptères en général ; lorsque tout à coup dans ses périgrinations cette petite Scoteîla urinatoria découvre un urinoir.

Véritable château-fort et palais pour la Scoteîla, qui, comme tous les insectes, profite de son bien-être pour augmenter sa famille, et quelle famille! Au bout d'un an, il pouvait y avoir 8 milliards 142 millions de descendants, vivant tous en paix dans leur nouveau gîte.

Cette mouche n'a pas gardé son agilité campagnarde, elle s'est faite au milieu où elle vivait et est devenue grasse, paresseuse, ne bougeant plus, et mène une vie qu'il lui serait impossible de tenir au dehors.

— Nous avons reçu de Castelnaudary des demandes de renseignements sur la Colaspe noire [Colaspidema atra) appelée aussi Babotte, Négril, etc., insecte coléoptère qui, en raison de la douce température dont nous jouissons depuis quelques jours, se réveille de son sommeil hivernal et a déjà fait son apparition,

La colaspe noire qui mesure de 4 à 5 millimètres de longueur est d'un noir brillant, son corps est ovalaire, son corselet court, légèrement marginé, ses élytres larges à leur base s'atténuent insensiblement jusqu'à leur milieu pour fuir plus rapidement vers le pygidium, sa tête est large et perpendiculaire.

La femelle se distingue du mâle par son abdomen testaté qui est le triple de grosseur de celui de ce dernier.

Les larves sont complètement noires, hérissées de poils courts ; leur tête est armée de deux mandibules très acérées, et leur corps très flexible porte trois paire=; de pattes.

C'est généralement dans les premiers jours de mai qu'ont lieu les accouplements. La femelle aussitôt fécondée erre sur les feuilles et les tiges de la luzerne recherchant un endroit favorable pour sa ponte; les œufs qu'elle dépose au nombre de 200 environ sont ovalaire?, de couleur orangée avec un point noir à l'une des extrémités. Dix à douze jours plus tard suivant la température ces œuls éclosent et donnent naissance aux jeunes larves, qui tout aussitôt se mettent à dévorer les luzernes avec une ardeur qui ne se démentira plus pendant le cours de leur existence, c'est-à-dire pendant trente à quarante jours.

Lorsqu'un champ est complètement ravagé, ou lorsque la luzerne est coupée avant son entière maturité, ce qui arrive quelquefois lorsque les cultivateurs veulent débarrasser leurs champs de ces vilaines bêtas, les larves n'ayant plus rien à manger se réunissent par bandes compactes, quittent le champ, traversent les haies, les chemins, les fossés et se dirigent vers une luzerne encore debout.

Vers la deuxième semaine de juin, les larves s'enfoncent en terre pour passer l'automne et l'hiver et opérer leurs transformations. Leurs ravages cessent alors, ce qui fait que c'est toujours la seconde coupe qui en peu de jours est compromise tandis que la troisième est indemne.

Quand on veut saisir l'insecte sur une tige ou sur une feuille, il se laisse aussitôt tomber à terre, ramasse ses pattes et fait le mort; il en est de même de la larve, qui, au moindre choc, lâche prise, tombe, se roule en boule et sécrète une liqueur jaunâtre qui salit les doigts.

On a essayé bien des procédés pour détruire la colaspe : chaux en poudre, mélange de naphtaline et de sable répandu sur les luzernes attaquées, mais les résultats n'ont pas été ceux sur lesquels on comptait.

M, Rouanet, de Glermont-l'Hérault, a soumis au congrès insectologique de Paris une poudre insecticide composée de naphtaline et d'ammoniaque, laquelle après expériences faites a donné cle très bons résultats; de vingt-quatre à trente six heures après l'opération, le sol est jonché de larves mortes, toutes recroquevillées sur elles-mêmes. Ce mode de traitement revient à plus ou moins cher selon qu'on l'emploie surtout le champ ou sur une partie seulement. L'emploie-t-on dans le cas d'une invasion totale? la dépense peut s'élever de 30 à kO fr. par hectare. Ne saupoudre-t-on que quelques parties attaquées qui se distinguent de bonne heure par la flétrissure des feuilles de luzerne? la dépense n'atteindra en opérant sur une surface double des parties attaquées, en main-d'œuvre et achat, qu'une vingtaine de francs par hectare.

On peut également prévenir l'icvasion en poudrant fortement les bords du champ de luzerne sur une largeur de 2 mètres environ, établissant ainsi une sorte d'obstacle que les larves ne pourront franchir; quant à celles qui écloront dans l'intérieur du champ, avec un peu de surveillance, on opérera tout de suite sur le ou les points attaqués.

M. Vialla a employé plusieurs fois un procédé qu'il recommande comme ayant donné également de très bons résultats.

Ce procédé consiste à faucher les luzernes envahies et à laisser tous les vingt mètres environ des lignes de luzerne qu'on ne coupe pas et auxquelles on ne donne que 15 à 20 centimètres de largeur pour faciliter l'opération qui doit suivre. Si on ne veut pas que les babottes sortent du champ attaqué, on peut laisser tout autour une ligne de luzerne continue formant clôture.

Dès que le fourrage est fauché, les babottes accourent avec un grand empressement sur les lignes restées droites, elles les rendent bientôt noires en s'accumulant de plus en plus sur elles et en formant des espèces de grappes suspendues à chaque brin de la luzerne. Il suffit alors d'avoir des hommes ou des femmes armés des plats à chasser les altises et qui portent un petit sac attaché au trou formant le centre de l'instrument. Chaque travailleur, prenant une li^ne pour lui applique son grand plat contre les pieds de la luzerne et avec sa main droite il rabat vivement les tiges sur ce plat ou entonnoir. Les babottes tombent aussitôt en masses considérables et il n'y a plus qu'à les plonger dans l'eau bouillante dès que le petit sac est plein. Quelques heures après, les tiges ainsi traitées deviennent de nouveau noires par le nombre d'insectes qui les ont envahies.

On répète la même opération trois ou quatre fois par jour et pendant plusieurs jours de suite et on ne s'arrête que lorsque les habottes ont à peu près disparu.

M. Vialla a de cette façon orttenu un plein succès, en même temps qu'il a détruit des quantités considérables de colaspes, préservant ainsi la nouvelle coupe qui put pousser sans être incommodée ; il a sauvé la plus grande partie de la coupe pendante si fortement attaquée. Quant aux lignes de luzerne laissées droites, elles sont loin d'être perdues; elles sont d'abord complètement dévorées, mais elles ne tardent pas à repousser et à se couvrir de feuilles nouvelles.

Ce procédé n'exige que de la main-d'œuvre, et n'offre aucun danger, mais pour qu'il soit praticable il faut que la luzerne des lignes conservées ait assez de hauteur et que ces tiges n'aient pas plus de 20 centimètres de largeur de façon que l'on puisse facilement rabattre les tiges sur le plat destiné à recueillir les insectes.

— Un propriétaire des Andelys a adressé au laboratoire plusieurs spécimens d'un insecte par lui trouvé il y a quelques jours sur des feuilles de lis.

Cet insecte qui appartient à l'ordre des coléoptères est le criocère du lis [Crioceris merdigera). Il mesure 7 à 8 millimètres de longueur, sa tête est noire, transverse, rétrécie en arrière, le corselet est rouge, l'écusson est petit et noir, les élytres à côtes parallèles, arrondies en arrière, sont d'un beau rouge, marquées de point enfoncés placés en stries, les pattes et le dessous sont noirs.

Aussitôt la femelle lécondée, elle dépose ses œnfs sous les feuilles par petits tas de cinq ou six; au bout d'une quinzaine de jours environ ces œufs qui sont oblongs, rougeâtres et enduits d'un liquide visqueux qui les fait adhérer aux feuilles, donnent naissance à de petites larves blanchâtres, très molles, lentes dans leurs mouvements, possédant de petits disques qui garnissent de chaque côté le dessous des segments abdominaux et qui leur servent de ventouses pour adhérer aux parties lisses des plantes sur lesquelles elles se tiennent. Leur corps est fortement convexe en dessus et leur tête petite et pointue.

Ces larves apparaissent sur les feuilles des lis qu'elles rongent et trouent sous la forme de petits paquets d'ordure noirâtres et humides qui grossissent petit à petit en se mouvant lentement; cette matière sale sous laquelle est placée la larve n'est autre que ses excréments qui, par suite de la conformation de l'ouverture anale située en dessus du dernier segment de l'abdomen, sont poussés successivement en avant à mesure qu'ils sortent, et forment sur ces larves une couche plus ou moins épaisse qui revêt presque entièrement leur corps sans y adhérer. La larve du criocère du lis a la peau transparente et très délicate et elle périrait vite si elle n'avait pas la ressource de produire cette sorte de couverture qui la garantit contre la chaleur et l'impression de l'air; ce qui le prouve, c'est que si l'on enlève cette couche humide d'excréments, l'animal se met à manger avec un redoublement d'activité pour se fournir au plus vite des matériaux nécessaires à la reconstitution de son abri protecteur ; en deux heures au plus son vêtement est terminé.

Dès que ces larves ont acquis leur développement, elles se débarrassent de leur couverture, descendent de la plante qui les a nourries et s'enfoncent dans la terre où elles subissent leurs métamorphoses. Environ trois semaines après (fin juin), apparaît l'insecte parfait qui produit une seconde génération, dont les individus passent l'hiver en terre et se montrent dès les premiers beaux jours.

Le meilleur moyen de destruction consiste à visiter de temps à autre les lis de son jardin et à écraser tous les insectes parfaits qui sont très visibles et très faciles à saisir; on devra également, si on aperçoit sous les feuilles de petits tas de matière noirâtre qui cachent chacun une larve, les enlever et les détruire.

Paul Noël,

(La suite prochainement.) Directeur du Laboratoire régional d'entomologie agricole.

SITUATION AGRICOLE DANS LA NIEVRE

Le mois de mars s'est montré en général favorable aux travaux de la saison et l'on a pu poursuivre activement les semis d'avoines, de blés de mars, qui se sont effectués dans les meilleures conditions.

Quant aux pommes de terre dont on couvre dans la Nièvre des étendues très importantes, ce n'est guère qu'en avril qu'on les plante en grande culture ; mais on a pris soin d'en garnir des carrés de jardins, quelques petites couches qui pourvoieront en temps utile aux besoins des ménages.

584 SITUATION AGRICOLE DANS LA NIÈVRE

Les blés d'hiver ont toujours une apparence satisfaisante; ils sont verts, vigou" reux, le tallage se dessine nettement, et les probabilités s'affirment de plus en plus en faveur d'une bonne récolte. Mais ce produit n'offre plus le même intérêt qu'autrefois et l'on finira par restreindre dans une juste mesure cette culture qui laisse trop de mécomptes au cultivateur.

Sous l'influence des belles journées que le mois de mars nous a données jusqu'au 25, toute la nature s'est mise en mouvement; les bourres de nos arbres fruitiers s'épanouissent et nous font des promesses dont la réalisation est livrée aux caprices du mois de mai si redouté à bon droit par l'agriculture.

La végétation des prairies prend son essor et l'on s'est livré en ce qui les concerne à des travaux d'entretien toujours très rémunérateurs : étendre les taupinières, couper et enlever les fourmilières, niveler la surface, combler les dépressions, réparer les fossés et rigoles d'arrosage. On peut en efl'et les soumettre encore avec grand profit à l'action des irrigations par un système de canaux et rigoles disposés suivant un méthode rationnelle et qui, en élevant le plan des eaux constituerait un moyen très efficace, peut-être le meilleur de tous, s'il était généralisé, pour prévenir les inondations. Salomon.

Page 1