DES PRÉS
A différentes reprises, j'ai appelé l'attention de la Société sur les travaux du laboratoire de la Station d'essais de semences de l'Institut national agronomique où jusqu'alors nous n'avons pas analysé moins de 9,000 échantillons adressés par des agriculteurs ou des négociants.
Les travaux d'analyse s'effectuent principalement du mois d'octobre au mois de juin; pendant la bonne saison, nous instituons des cultures expérimentales soit à la ferme de l'Institut agronomique, soit dans des exploitations réparties sur différents points de la France.
Le but de ces expériences est double : nous nous proposons d'abord de déterminer les variétés de plantes de grande culture les plus recommandablespour la région du Nord; ces variétés, une fois connues, nous cherchons à les améliorer. Dans cette communication, je désirerais signalera la Société les résultats obtenus en sélectionnant le trèfle des prés.
Dès l'année 1884, la Station mettait les agriculteurs en garde contre l'emploi des trèfles d'Amérique et des trèfles d'Italie qui "commençaient à envahir le marché français.
En 1886-1887, nous les avons cultivés à la fois à la ferme de Joinville, à l'Ecole d'agriculture du Neubourg, à Saint-Remy, aux Merchines et aux environs de Troyes, dans une propriété de M. Marcel Dupont. Partout, les trèfles d'Amérique et d'Italie se sont montrés très inférieurs à nos bons trèfles français. Où le trèfle de Bretao-ne a produit en moyenne 21 ,000 kilog. de fourrage vert à l'hectare, les premiers ont donné à peine 15,000 kilog., soit une différence de 30 pour 100 en faveur du trèfle de Bretagne.