‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 438 sur 737 · CONTRIBUTION A L'AMÉLIORATION DU TRÈFLE DES PRÉS · texte numérisé non relu

CONTRIBUTION A L'AMÉLIORATION DU TRÈFLE DES PRÉS

Les trèfles d'Amérique, originaires d'un pays où les étés sont chauds et secs, se couvrent de champignons; enfin, ils sont très éprouvés par les hivers rigoureux.

Chez Je trèfle, la fécondation étant croisée, il en résulte que l'importation sur un point d'une faible quantité de trèfle d'Amérique ou d'Italie suffit pour déterminer l'abâtardissement de tous les trèfles de la région.

Comment remédier à un état de choses si préjudiciable à la culture?

Il nous a semblé que le moyen le plus sûr était de sélectionner le trèfle, de refaire les anciennes variétés, en nous efforçant de conférer aux semences sélectionnées des caractères qui permettent aux agriculteurs de les distinguer sans peine des variétés communes.

Soit au cours de voyages d'études en Allemagne, en Danemark, en Suède et en Suisse, soit en nous adressant à d'importants négociants, nous avons réuni 41 échantillons des meilleures provenances du nord et du centre de l'Europe, échantillons qui ont été cultivés dans des conditions rigoureusement comparables, en laissant entre les pieds des intervalles suffisants pour les étudier individuellement.

Entre les trèfles de différentes provenances, nous n'avons pas constaté de différences morphologiques méritant d'être rapportées ; exception doit être faite pour les trèfles d'Amérique qui possèdent les tiges et les feuilles couvertes de poils abondants. Quelques-uns se sont montrés très tardifs, d'autres, très précoces.

Si, au contraire, on considère les plantes fournies par un même échantillon, on constate des différences individuelles très marquées dans la taille, la direction des tiges, la forme et le développement des feuilles, la couleur des fleurs et des graines, la précocité et la durée. jNous possédons quelques pieds semés en 1893 et qui paraissent encore vigoureux.

En 1893-95, nous avions à l'étude la descendance de 227 individus provenant d'une première sélection ; nous en avons déjà éliminé 187, et, ce printemps, il n'en restera plus à l'étude que 40 ; après de nouveaux essais comparatifs, nous conserverons seulement deux ou trois individus, les plus méritants, dont nous ferons des têtes de famille.

Je n'insisterai pas sur les nombreuses observations relevées au cours des expériences de la Station ; aujourd'hui, je désire m'en tenir exclusivement à celles auxquelles les graines ont donné lieu.

Quand on égrène les glomérules d'un pied de trèfle, et qu'on élimine ensuite par un vannage et un criblage les semences mal venues, on obtient un produit qui ne ressemble en rien aux semences employées par la culture.

Dans celles-ci, en effet, on rencontre toujours des graines qui sont, les unes plus ou moins jaunes, les autres plus ou moins violettes.

Les semences d'un même individu présentent au contraire une uniformité de coloration presque complète. Je ferai remarquer cependant que les graines mûrissant les premières, ou ce qui revient au même, les graines les plus grosses, sont d'une nuance un peu plus foncée.

Si, au lieu de limiter la récolte à un seul pied, on en bat un certain nombre, en séparant le produit de chacun d'eux, on constate de l'un à l'autre des différences de coloration extrêmement nettes ; les

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