LES BLES DANS LE NORD
Les blés présentent actuellement, dans le Nord, un aspect magnifique, et ils nous promettent, si rien de défavorable ne survient jusqu'à la fin de la campagne, une récolte exceptionnellement abondante.
Les plaintes de la culture deviennent cependant de plus en plus vives. Depuis de longs mois déjà nos marchés ont perdu toute activité ; on attendait une reprise des affaires et les offres étaient peu abondantes : malheureusement les espérances des producteurs ont été déçues. Le 9 avril on cotait, à Lille, sans changement, de 17 fr. 50 à 18 fr. les blés roux, et de 18 fr. 50 à 19fr. 25 les blés blancs, suivant choix aux usines. Ace jour, les huit marchés réunis de Lille, Douai, ArmentièreSjBergues, Bourbourg, Hazebrouck, Orchies et Arras, accusaient les moyennes, par hectolitre, de 13 fr. 01 en baisse de 0 fr. 32 et de 0 fr. 19 sur les deux semaines précédentes, pour le blé blanc, et de 11 fr. 96, une hausse insignifiante de 2 et de 5 centimes, pour le blé roux.
En présence des prétentions des vendeurs, la minoterie du Nord, celle qui, du moins, ne travaille que des blés indigènes, s'est alimentée en grande partie dans le Centre et dans les départements des bassins de la Loire et de Paris, où elle a trouvé à des conditions de prix plus avantageuses, d'excellentes marchandises. Elle était d'ailleurs conduite à accorder sa préférence à cette dernière par suite de l'état du marché des farines.
Cet article est devenu aujourd'hui d'un placement presque impossible, même aux cours, en baisse sensible pour les produits de moyenne qualité, de 24 fr. 50 à 26 fr. 50, suivant marque et système de mouture; la farine fleur première qualité reste toujours à 26 fr. le sac de 100 kilog. sans changement. La boulangerie doit tenir compte, de son côté, de la diminution relativement considérable relevée dans le chiffre de la consommation, et évaluée à près de 15 pour 100 pour les premiers mois de la campagne; les demandes pour l'intérieur n'ont aucune importance, et les achats ne se font qu'au fur et à mesure des besoins journaliers.