‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 474 sur 737 · SUR LA JACHÈRE · texte numérisé non relu

SUR LA JACHÈRE

L'assolement triennal, très répandu dans toute l'Europe dès le moyen âge, et qui s'est perpétué jusqu'à nos jours, débute par une année de jachère; on ne demande à la terre, labourée à plusieurs reprises, aucune récolte : on y incorpore le fumier, puis à l'automne, on sème le blé; il occupe la terre la seconde année; au printemps de la troisième année, on sème l'avoine, à laquelle succède la jachère, et le cycle recommence.

Il faut que ce mode d'opérer présente de grands avantages pour qu'il se soit maintenu pendant des siècles, et c'est pour bien comprendre son utilité que dès le remplissage des cases de végétation de Grignon, en 1891 , j'ai laissé quatre d'entre elles en jachère.

Déjà, l'an dernier, j'ai indiqué les quantités notables de nitrates que les eaux de drainage ont entraînées de ces terres nues. J'ai fait remarquer, en outre, que pendant cette année sèche (mars 1894-mars 1895) les terres emblav-ées n'avaient fourni que de faibles quantités d'eau de drainage et que, par suite, l'entraînement des nitrates avait été insignifiant. Les mêmes faits se sont reproduits pendant l'année mars 1895-mars 1896; on n'a pas recueilli une seule goutte d'eau audessous des cases emblavées en blé, avoine, betteraves, trèfles, prairie ou vignes; toute l'eau tombée a été évaporée. Il n'en a pas été ainsi pour les terres en jachère. Voici les résultats constatés rapportés à l'hectare :

Eaux de drainage et azote nitrique au-dessous des cases de végétation laissées en jachère pendant Vannée (mars 18%-mars 1896).

Azote nitrique

En grammes Contenu dans

Travail auquel les terres Eau par mètre cube les eaux écoulées

Cases. ont été soumises. écoulée. d'eau. d'un hectare.

mm. gr, kil.

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