‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 494 sur 737 · CO · texte numérisé non relu

CO

•2(S04L;u) +2(CO=Na^) + 2H20 = C05(;u,Cii<>.'ill-0 + 2(SO*i\a'-').

Hyiliocaiboiial'i de cuivre carbonate.

Le calcul et l'expérience indiquent pour lOO litres d'eau les proportions sui\antes :

(1) 1 kilog. sulfate de cuivre et 1 kil. 150 crislaux de soude ou 42o gr. de sel de Solvay.

De cette formule-type, on tire les dérivées suivantes :

(2) 2 kilog. sulfate et 2 kil. 300 cristaux, 100 litres d'eau. (;i) 3 kili)g. sulfate et 3 kil, 4^0 cn-laux, 100 litres d'eau.

(4) 4 kiliig. sulfate et 4 kil. GOO cristaux, 100 litres d'eau, etc.; ctc

La deuxième catégorie est celle dans laquelle on a rais moins de carbonate que ne lindique le calcul : il existe du sulfate de cuivre en liberté; et, dans les taches laissées sur les feuilles par le traitement, se trouvent des petits cristaux de sulfate de cuivre empâtés dans le dépôt d'byJrocarbonate.

Voici la formule-type et ses dérivées :

(1) 1 kilog. sulfate et 1 kilog. cristaux, 100 litres d'eau.

(i) 2 kilog. siilfal; et 2 kilog. crislaux, 100 litres d'eau.

(3; 3 kilog. sulfate et 3 kilog. cristaux, 100 litres deau

(4) 4 kilog. sulfate et 4 kiiog. crislaux. lùu litres d"eau.

Dans cette dernière, on a diminué de 600 grammes la dose théorique de cristaux, ce qui fait que la liqueur de traitement renferme 52! grammes de sulfate de cuivre libre. A cette dose et même jusqu'à 700 et 800 grammes, il n'y a pas à craindre de brûlures; mais, aux environs de 1 kilog,, nous avons obtenu des brûlures punctilbrmes plus ou moins étendues sur les jeunes feuilles. L'emploi de doses plus élevées nécessite donc de la part de l'opérateur une certaine attention et l'habitude des réactions chimiques, surtout quand les sels ne sont pas absolument purs. En revanche, les formules à précipitation incomplète paraissent les plus rationnelles à adopter pour la vigne (mildiou, blackrot, etc.) et la maladie de la pomme de terre. Elles sont d'ailleurs bien entrées dans la pratique courante. Le sultate de cuivre libre qu'elles renferment est très visible à la loupe ou même à l'œil nu dans les taches d' hydrocarbonate sous forme de petits cristaux bleuâtres se solubilisant rapidement dans l'eau de pluie ou de rosée. A la dose de 500 à 600 grammes, inofi'ensive pour les feuilles, il donne au traitement une action plus rapide et par conséquent le rend plus sensible, plus eflicace, par la prompte solubilisation du sel de cui\re.

En outre, étant un mordant énergique pour la cellulose, le sulfate adhère par une sorte de combinaison au tissu des feuilles et le cuivre peut être fixé par les tannins à l'état de tannate.

De son côté, l'hydrocarbonate a une adhérence superhcielle à la

LES BOUILLIES BOURGriGNONNES ET LES TRAITEMENTS. 695

façon d'une peinture: il agit à la longue par solubilisalion dans l'eau des pluies ou de rosée. On a donc un effet rapide par le sulfate et un effet lent par l'iiydrocarbonale, avec les formulrs à précipilalion.

La troisième allégorie ou des formules à précij)ilalion complète est celle de la première catégorie avec un léger excès du sel de soude pour avoir l'assurance, dans la grosse pratique où les sels ne sont pas toujours purs, que la précipitation est complète. On pourrait poser les formules comme suit :

(1) 1 kilog. siiltHle et 1 kil. 500 cristaux, 100 litres d'eau.

(2) 2 kilog. sulfate et 3 kilog. cri.-laux, 100 lities d'eau.

(3) 3 kilog. sulfate et 4 kil. .îOO cristaux, 100 litres d'eau.

(4) , 4 kilog. sulfate et 6 kilog. cristaux, 100 litres d'eau.

Les bouillies à précipitation complète donnent incontestablement de bons résultats. Comme celles à précipitation intégrale, elle sont un peu moins sensibles, en temps de sécheresse ou après l'invasion de la maladie, que celles à précipitation incomplète. Elles conviennent pour la majorité des agriculteurs et viticulteurs. Mais il faut les préférer exclusivement dans le traitement des plantes à feuilles et à fruits de table, telles que les salades (laitues), les arbres fruitiers, les treilles de vigne, etc. : on e.->t sûr avec un lavage à l'eau ammoniacale ou à l'eau acidulée de vinaigre d'enlever totalement les taches d'hydrocarbonate qui souillent les parties comestibles et de ne point laisser de cuivre combiné adhérent.

FoiLMiLEs d'application gé.\érale. — Lcs bouillies des formules (3) contenant 3 kilog. de sulfate de cuivre paraissent celL-s à recommander dans la pratique courante pour 100 litres d'eau. C'est l'opinion de la plupart des expérimentateurs.

Dans les traitements contre le black-rot, il convient, pour que la liqueur ne glisse pas sur les grappes, d'ajouter aux bouillies de 125 à 2.-0 grammes de savon de Marseille en dissolution. Les acides gras donnent des composés cupriques spéciaux (stéarates, margarates, oléates) augmentant l'adhérence de l'hydrocarbonate.

Préparation des liqueurs. — Faire fondre les deux sels, sulfate de cuivre et carbonate de soude, séparément et dans la quantité d'eau nécessaire, soit à chaud, soit à froid. Préparer ensuite le mélange à froid, à pied dœuvre, dt s deux dissolutions, en les versant successivement, par petites portions dans tonte l'eau à employer, et en remuant la masse liquide avec un bâton après chaque addition.

Dans ces conditions, on a une fort belle liqueur de traitement, dun bleu cluir et opalescente comme du lait; elle renferme un précipité d'hydrocarbonate de cuivre qui est à l'état de flocons gélatineux très légers restant en suspension pendant très longtemps dans la masse liquide.

En cas d'emploi de savon, l'ajouter en dissolution à la fin de l'opération ; il rend la teinte de la liqueur un peu plus verdâtre. Le savon n'a pas seulement pour résultat d'augmenter l'adhérence sur les feuilles, il permet aux liqueurs d'imprégner jilus facilement les gtMins de raisin dans le traitement du black-rot. Sans lui, il est très difficile, en raison de la pruinure des grains, de faire adhérer convenablement les liqueurs sur les grappes. Emile Masson,

Directeur de sucrerie, distillerie et «le VAIcool i-i Ir 6'"C)r.

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