‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 527 sur 737 · LE SOMMEIL DE LA SPÉCULATION SUR LES MARCHÉS DES PRODUITS · texte numérisé non relu

LE SOMMEIL DE LA SPÉCULATION SUR LES MARCHÉS DES PRODUITS

considération capitale qu'il faut en attribuer la faute à Tinfluence prépondérante, à la Bourse du commerce des produits, de ces riches spéculateurs qui, par l'effet de leur argent et de leur influence sont armés du pouvoir de diriger à leur gré les marchés et les prix, indépendamment de toute influence légitime, de telle façon que la spéculation est tombée au rang d'un jeu grossier au lieu d'une opération commerciale légitime, that ihe Irade lias fallen intoa big gambling deal instead of a legitimate marchandisiug one.

Cette réflexion^ émanée d'une maison de courtiers, ne confirme-t-elle pas tous les renseignements contenus dans mes articles sur les marchés fictifs?

Cette même maison signale encore comme cause de la désertion de la Bourse l'influence de ces manœuvres au moyen desquelles les prix sont indûment déprimés ou relevés en contradiction avec les considérations légitimes qui, dans des circonstances ordinaires, tendraient à les influencer dans des sens opposés. Ce système a pour résultat d ôler toute confiance aux spéculateurs de petite envergure qui forment kl masse.

Et puis la circulaire revient sur les taxes exagérées de magasinage qui sont imposées par les propriétaires d'élévateurs. En somme, tout le marché est entre leurs mains. Leurs exigences sont une violation flagrante de la loi statutaire qui a présidé à leur organisation. De gardiens publics des marchandises ils se sont transformés en véritables tyrans au détriment de la spéculation sérieuse.

On discute actuellement au Reichstag allemand une proposition de M. Sch^arze, du parti du centre, tendant à l'interdiction absolue de toute opération à terme sur les céréales. Le Ministre du commerce, M. de Berlepscb, n'a point absolument rejeté cette proposition. L'opinion du Gouvernement est qu'il faut laisser entièrement au Conseil fédéral le soin de déterminer les conditions dans lesquelles devront s'exercer les opérations à terme.

Je n'en demande pas plus. Le Reichstag est allé plus loin qu'on ne pouvait supposer, car il a adopté en deuxième délibération la proposition Schwarze. Il ressort de cette discussion et de la circulaire de la maison Price que l'accord des convictions commence à se produire sur cette vérité, que le jeu sur les céréales est le plus grand ennemi de l'agriculture. P. du Pré-Collot.

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