Couverture d'une meule carrée
Cette machine, qui consiste en un lieur monté sur un petit bâti et qu'on manœuvre avec un volant, permet de faire, avec des pailles de toute nature et de toute longueur, des paillassons à deux coutures d'une solidité très suffisante; si l'on veut augmenter cette solidité, on peut passer une deuxième fois les paillassons sur la machine et leur
COUVERTURES POUR LES MEULES
donner trois ou quatre coutures. La machine, qui est vendue en France par M. Lake, à Paris, est vendue 275 francs quand elle est à deux aiguilles, et 350 francs quand elle est à trois aiguilles.
Les paillassons préparés de cette façon peuvent servir non seulement à la couverture des meules, mais aussi à celle des silos de betteraves ou d'autres racines ou tubercules.
Pour couvrir les meules, on se sert de paillassons d'une longueur de 3 mètres environ. S'il s'agit d'une meule carrée (fig. 65), on monte un premier paillasson de 3 mètres de longueur, on fixe le coin supérieur à droite à l'aide d'un crochet en fer ou en bois, on déroule com-
Fig. 66. — Couverture d'une meule ronde.
plètement le paillasson, en fixant un crochet au milieu et un deuxième crochet à l'autre extrémité ; on monte ensuite un deuxième paillasson et on le pose de manière à bien recouvrir les deux coutures du précédent, et ainsi de suite jusqu'au haut de la meule. Lorsqu'une meule carrée doit passer l'hiver, il est bon de lui mettre une faîtière faite d'un paillasson à quatre coutures.
Pour couvrir une meule ronde, on se sert également de paillassons de 3 mètres que l'on déroule comme le montre la fig. 66.
On se sert, pourfaire les paillassons, de la ficelle qui s'emploie pour les moissonneuses-lieuses. Elle contient 400 mètres au kilog. et résiste à un effort de rupture de 40 kilog. L. de Sardrug.
782 COURRIER DU NORD-EST
COURRIER DU NORD-EST
Nancy, le 5 mai 189G.
Le commencement du mois de mai n'est pas favorable aux cultures, les températures trop basses frisent la gelée ; cependant, l'aspect des blés d'automne est satisfaisant, ceux de printemps ne sont pas dans d'aussi bonnes conditions, le hâle et la sécheresse empêchent leur complet développement. Les avoines lèvent avec beaucoup de régularité, mais comme pour les blés, la végétation est lente. Les seigles ne font aucun progrès, même dans les endroits exposés au midi; pour toutes les céréales il ne manque plus qu'une hausse de température.
Les luzernes et les trèfles sont en souffrance, les prairies naturelles sont dans le même état, excepté dans les terrains gras et humides, l'herbe ne touffe pas selon l'expression populaire. Les fourrages haussent sensiblement sur nos marchés à la suite de l'état actuel. Nos arbres fruitiers ne semblent pas se ressentir des atteintes du froid et si l'épanouissement des fleurs se précipite avant l'arrivée des pluies, la récolte sera sauvée.
Les bestiaux ne peuvent êlre que partiellement livrés au pâturage, l'herbe n'étant pas assez abondante pour suffire â leur subsistance.
^^Nos vignerons travaillent aux rudes labours et plantent leurs échalas avant l'éclosion des boutons, ce retard est bien accueilli, car il diminue les chances de gelées du mois de mai .
Résumé des observations méléorologiques faites à Nancy en avril 1896. — Moyenne des températures maxima, 11°. 04; moyenne des températures minima, 4°. 07; moyenne à 8 heures du matin, 5°. 04; plus haute température le 27, 19". 8; plus basse le 3, —2". 2. Moyenne barométrique du mois, veS'^'^.O?; plus haute pression, le 19, 772'°'".5; plus basse, le 13, 756'"". 2. Moyenne de l'humidité relative, 61°; maxima les 2 et 7, 90"; minima, 37° le 11. Moyenne de la tension de la vapeur d'eau, 8""". 19; maxima le 27, 11""". 58; minimale 13, 6™'".ll. — Le mois se divise en 5 beaux jours, 24 nuageux, 1 couvert, 3 jours de gelée, 18 de pluie, 4 de brouillard, et 1 de neige,, le 2 avril. — Vents dominants des nuages : Nord-Ouest, Est. A. Bronsvick.
II. Les expériences pratiques sont faites en plein champ par des cultivateurs, dans les conditions ordinaires de la pratique agricole de la région. L'exécution des labours et des autres façons a lieu comme d'usage et les plantes viennent à leur place habituelle dans la rotation, de manière que les résultats soient applicables dans toutes les exploitations de la région, ce qui est possible, étant donné l'uniformité de la composition du sol et l'existence d'un mode unique de culture. L'étendue des parcelles est généralement de 30 mètres carrés, soit approximativement celle de la « verge alostoise », mesure usuelle dans la circonscription ; elle est assez grande pour avoir des résultats se rapprochant de ceux de la pratique, et elle permet de faire la pesée de tous les produits, contrairement à ce qui a lieu généralement dans les expériences en grandes parcelles.
L'étude préalable, faite dans la serre expérimentale, peut révéler l'insuffisance dans le sol de l'un ou de l'autre des éléments fertilisants; on cherche, par exemple, en se guidant sur cette indication, à déterminer la nature et la quantité des engrais commerciaux qui, employés en complément du fumier de ferme et en se tenant dans les conditions de la pratique courante, permettront d'obtenir finalement le bénéfice net maximum. Chaque expérience est répétée en double, quelquefois en triple ou même en quadruple, pendant trois années au moins, de sorte que les résultats peuvent constituer d'excellents points de repère
pour une année moyenne : il serait difficile d'arriver à des indications plus précises.
On se fera une idée du travail considérable poursuivi, depuis plusieurs campagnes, par le Comice d'Harzèle en notant que, pour l'étude du sol, il emploie actuellement une centaine de pots. Les diverses variétés culturales occupent plus de 200 parcelles. Quant aux expériences pratiques, on y affecte environ 800 parcelles de 30 mètres carrés prises en plein champ, dans diverses localités.
Une organisation toute particulière, intéressante à plus d'un titre, a été adoptée pour assurer la création et la bonne exécution de ces multiples expériences. Le règlement organique du Comice institue, à cet effet, nous l'avons déjà dit, une section spéciale composée d'un directeur et de dix expérimentateun et disposant de ressources et d'un budget propres. Le secrétaire général du Comice, M. Versnick, instituteur à Borsbeke, est chargé exclusivement de la serre expérimentale, et le secrétaire-trésorier est spécialement préposé au jardin agronomique. Les autres expérimentateurs^ tous praticiens habitant dans la circonscription, à la tête desquels se trouve un expérimentateur en chef qui transmet les ordres du directeur et qui est responsable de leur exécution, sont chargés des expériences pratiques ; ils reçoivent, pour récompenser leurs efforts et stimuler leur zèle, des primes, dont le maximum peut être atteint lorsque l'expérience a été faite dans des conditions irréprochables.
Les champs sont appréciés d'après une échelle de points établie de la manière suivante, en tenant compte de l'importance relative des différentes opérations :
Points à gagner.
Î Situation 10
Mesurage 5
Distribution des témoins , . . . 5
4. Pesage, préparation et épandage des engrais, ensemencement régulier des variétés 20
h. Travaux d'entretien, nettoyage, etc 15