Divers travaux d'exécution générale
Total ÏÔÔ
Les points 4 et 7 sont donnés, le plus souvent, par l'expérimentateur en chef; les points 8, 9 et 10, par le directeur; les points 1 , 2, 3, 4 et 5 par divers spécialistes qui veulent bien prêter leur concours à la section expérimentale. Des carnets de contrôle sont encore remis à certains visiteurs qui attribuent des points aux champs inspectés par eux.
La prime ou récompense de l'expérimentateur est généralement de 0 fr. 30 par parcelle de 30 mètres carrés; elle diminue proportionnellement au nombre de points perdus (sur le total de 100 chiffre maximum). M. de Vuyst estime, en tenant compte de la fourniture gratuite des engrais complémentaires et des semences, ainsi que du surcroît de rendement obtenu par l'emploi des uns et des autres, que l'avantage pécuniaire obtenu par le cultivateur chargé d'exécuter ces expériences s'élève, au minimum, à 75 centimes par parcelle, soit environ à 250 francs par hectare; ce bénéfice rémunère suffisamment
le petit exploitant de ses travaux supplémentaires. L'expérimentateur a encore, en plus de ce profit immédiat, celui, qu'il apprécie fort, d'être, le premier, et mieux que personne, dans son rayon, au courant des procédés de culture spécialement appropriés à son sol, ce qui lui permet d'améliorer sa pratique et d'augmenter ses bénéfices sur toute l'étendue de son exploitation. Il ne faut pas perdre de vue, non plus, que « les expérimentateurs sont des cultivateurs qui exécutent eux-mêmes tous les travaux, circonstance très avantageuse, car quand on a fait exécuter ces travaux par des subalternes on s'expose à des erreurs. »
Les expérimentateurs se surveillent mutuellement : une prime spéciale de 0 fr. 50 leur est allouée pour toute indication de négligence ou de défectuosité dans les expériences. Ils sont, de plus, sous le contrôle direct de l'expérimentateur en chef qui doit assister à l'épandage des engrais et à la pesée des produits, et qui est responsable de la bonne exécution de toutes les expériences; ce dernier reçoit, comme indemnité de contrôle, 2 centimes par parcelle, plus le dixième des récompenses en argent; par contre, retenue lui est faite de 0 fr. 50 pour toute erreur qui aurait pu être évitée par l'exercice d'une surveillance plus assidue et plus minutieuse.
Tout est donc combiné pour assurer, chez le personnel chargé des expériences « une grande bonne volonté (primes, bénéfices, etc.) et une grande précision (primes, contrôle, etc.), deux conditions nécessaires pour obtenir un bon résultat. » (M. de Vuyst, Rapp. préc.)
Les diverses dépenses de la section expérimentale (fourniture des engrais et des semences, allocation de primes et indemnités pour le contrôle) s'élèvent annuellement à plus de 1 000 tr. Le Comice et la section pour l'achat des engrais, affiliée au Comice, y contribuent, l'un et l'autre pour 50 francs. Le Permanent nitrate committee de Londres donne, depuis quatre ans, une allocation d'une certaine importance pour le même objet; la vente des rapports anmiels, l'insertion d'annonces commerciales dans ces rapports, et divers dons particuliers couvrent le surplus. Souvent aussi l'insertion des annonces est payée en nature par les négociants également intéressés à connaître les meilleures méthodes d'emploi des engrais et les semences les plus productives.
Les champs d'expériences reçoivent fréquemment la visite des cultivateurs de la région qui viennent y compléter l'enseignement oral et instructif déjà reçu dans les conférences et dans les cours d'agriculture; les expérimentateurs se tiennent tous les dimanches, en été, à leur disposition; ils leur expHquent eux-mêmes les conclusions pratiques à tirer des essais, en se basant sur les résultats visibles et sur les recherches antérieures. Cette organisation, introduite dans le département du Nord en 1890, par M. Comon, professeur d'agriculture, est des plus heureuses ; le cultivateur se trouve attiré insensiblement vers les champs d'essais, il y vient peu à peu et bientôt même presque régulièrement; il discute les méthodes adoptées par les expérimentateurs et il les compare à celles qu'il a suivies jusqu'à ce jour; il emporte toujours, de ses visites aux champs d'essais, de nombreuses et précieuses observations.
Enfin, la section expérimentale publie annuellement un rapport détaillé sur toutes les expériences entreprises pendant la campagne; ce rapport figure également dans la Revue agronomique et dans le Landbode^ et il en est adressé un exemplaire aux membres du Comice.
Nous croyons devoir rapporter, à ce" propos, quelques-unes des conclusions générales des expériences pratiques entreprises sous le patronage du Comice d'Herzèle; ces conclusions ont été vérifiées par de multiples recherches poursuivies pendant plusieurs années, et elles peuvent servir de points de repère pour des conditions analogues à celles dans lesquelles elles ont été obtenues, c'est-à-dire dans les conditions ordinaires de la culture en terrain limoneux. Nous les extrayons du rapport de M. de Vuyst (6* année).
Expériences sur pommes de terre. — Les essais de fumure permettent de recommander des doses moyennes par hectare, de 120 kilog. de nitrate de soude, 1 10 kilog. de sulfate d'ammoniaque et 450 kilog. de superphosphate de chaux. On n'a pas trouvé de bénéfice dans l'application de la potasse au printemps.
Les variétés Blaue Riesen, Simson, César et Gloria ont donné les résultats les plus avantageux, tant pour le rendement en poids que pour la production en fécule. Le mélange des variétés a produit une augmentation de rendement insignifiante. Toutes les variétés s'améliorent beaucoup par la sélection.
L'emploi des plants les plus denses, formant près de la moitié des lots plongés dans une dissolution saline, a donné une augmentation de rendement brut d'environ 6.5 pour 100 et de richesse en fécule de 0.8, constituant un avantage total de 120 francs environ par hectare, en une année, pour la première sélection. Ce mode de triage des plants doit être recommandé.
On obtient le rendement maximum par l'emploi de gros plants (100 grammes environ, variété iîoî<^e indigène) : le rendement a dépassé de 7 pour 100 celui des plants moyens (50 grammes environ). Les têtes de plants donnent un produit à peine inférieur à celui des plants entiers.
La profondeur de plantation à préférer est de 9 centimètres; il importe de planter la Simson à 32 centimètres, la Blaue Riesen à 27 centimètres environ, sur les lignes, celles-ci étant distantes de 0 m. 60.
Expériences sur betteraves. — Des doses moyennes de 190 kilog. nitrate de soude (dont la moitié en couverture) H- 1 30 kilog. sulfate d'ammoniaque H- 500 kilog. superphosphate de chaux H- 160 kilog. chlorure de potassium ou 300 kilog. de kaïnite (à répandre de préférence avant l'hiver ou, mieux, en supplément à la récolte précédente) employées concurremment avec la fumure ordinaire aux engrais de ferme, dans la culture de la betterave à sucre, peuvent conduire à une augmentation de rendement d'environ 20 pour 100, se traduisant par un bénéfice net que l'on a évalué approximativement à 130 francs par hectare. Les sels potassiques appliqués directement à la betterave à sucre diminuent la richesse saccharine de cette dernière.
De toutes les variétés fourragères mises en essai (total de 12 variétés en 1894), l'Ovoïde des Barres semble la plus recommandable pour la pratique, sous le rapport de la qualité vérifiée par l'analyse chimique;
se classent ensuite la Mammouth, la Tankard, l'Indigène, etc. La Mammouth, puis l'Ovoïde des Barres, l'Indigène et la Tankard, plantées à des distances égales, ont donné les rendements en poids les plus élevés.
Il y a pour chaque variété une distance de plantation préférable dont on devrait tenir compte dans les essais comparatifs de variétés. Cette distance « optima » qui semble être (avec un écartement entre les lignes de 45 centimètres), de 36 centimètres pour la Mammouth, de 33 centimètres pour l'Ovoïde, de 32 centimètres pour l'Indigène, de 20 pour la Tankard, a une grande influence sur les rendements en poids et sur la qualité des racines; cette dernière, particulièrement, augmente notablement avec le rapprochement des plants.
Expériences sur les céréales. — La sélection des semences au moyen de trieurs appropriés procure de sérieux avantages. Les résultats moyens suivants d'essais entrepris dans cette voie avec l'avoine, peuvent être cités comme exemple :
Rendement comparé". Grain pour too du total.
1" qualité du trieur 100.0 37.9
Expériences sur le lin. — Des essais comparatifs de variétés (lin après navets) ont conduit au classement suivant : lin de Zélande, lin anglais, lin de Riga, lin de Pskoff, lin indigène ; les lins de Riga et de Pskoff ont été très réguliers.
Dans les conditions des essais une formule type en chiffres ronds, par hectare, ainsi composée : 100 kilog. nitrate de soude -|- 150 kil. sulfate d'ammoniaque -+- 450 kilog. superphosphate de chaux -+- 300 kilog. kaïnite pourrait être recommandée. Pour lin après trèfle on doit se contenter d'une dose d'engrais azotés inférieure de 50 pour 100, au moins, aux chiffres précédents. Les engrais minéraux et le sulfate d'ammoniaque peuvent être enfouis quelques jours avant les semailles, et le nitrate couvert par un simple hersage lors de l'exécution de ces dernières.
Des avantages considérables résulteront de ces expériences dont les conclusions sont déjà mises en pratique dans un grand nombre d'exploitations. Lorsque tous les cultivateurs du Comice les suivront, ils auront, annuellement, un surcroît de bénéfices de plus 600,000 francs (76 francs environ par hectare), en ne tenant compte que de l'amélioration obtenue par l'emploi rationnel d'engrais complémentaires. Si l'on joignait à cette amélioration « les avantages supplémentaires à retirer de l'emploi des meilleures variétés, par de meilleures méthodes de culture signalées par les mêmes expériences, la démonstration de la possibilité au progrès en agriculture serait faite. » (M. P. de Vuyst, Rapp. 1895.) J. Troude.
{La suite prochninement) .
1. Il est à remarquer que le rapporteur des expériences de Borsbeke, M. P. de Vuyst, indique, dans ses relevés, les moyennes seules des divers essais, après les avoir rapportées à la récolte maxima représentée par le nombre 100, car, dit-il, avec raison, « le compte rendu des expériences pratiques ayant surtout pour but l'enseignement, la vulgarisation, on doit y faire aussi la part de la pédagogie. Celle-ci demande des données claires, schématiques, exprimées en pour cent. permettent mieux d'apercevoir les effets respectifs des engrais, des méthodes de culture, etc. » Ce mode de notation apporte, en outre, une grande clarté dans les relevés, il met parfaitement en relief les résultats obtenus et il rend les comparaisons très faciles : il nous semble des plus recommandables.