‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 559 sur 737 · COMMENT FAIRE DE LA BONNE AGRICULTQBE · texte numérisé non relu

COMMENT FAIRE DE LA BONNE AGRICULTQBE

Elle demanderait un volume ; le temps et l'espace manquent à la fois, résumons-la. — Ceux qui veulent bien nous lire y ajouteront les développements utiles.

Il est certain que dans toute exploitation agricole il y a un système cultural, une spéculation qui offrentde plus grandes chances de succès que d'autres ; c'est à l'exploitant à la découvrir et à la rendre pratique. Entrons dans quelques détails qui peuvent l'aider.

Avant tout, il ne faut pas oublier que le sol est le milieu où vivent les plantes en y puisant, presque en totalité, les éléments nécessaires, depuis leur germination jusqu'à leur maturité.

Il est donc absolument nécessaire de bien connaître le sol que l'on veut exploiter; étudier sa composition physique et chimique, ses aptitudes à donner telle ou telle plante dont on connaît les besoins.

De plus un végétal quelconque ne peut vivre et prospérer qu'avec le concours de l'air, de la lumière, de l'humidité, de la chaleur. Il faut donc mettre chaque plante dans le milieu atmosphérique où elle doit prospérer. Ainsi il faut plus de chaleur et de lumière pour que la vigne mûrisse son fruit, que le blé, le seigle et l'avoine pour donner leur grain.

A cette étude préliminaire très sérieuse, il faut en ajouter une autre non moins importante, celle de la restitution au sol des éléments enlevés par les plantes afin d'entretenir^ d'augmenter même sa fécondité. Pour cela il faut faire un plan cultural ou un assolement de façon que les plantes qui se succéderont se rendent mutuellement service, tant au point de vue de la propreté de la terre, qu'à celui de l'entretien de sa richesse.

Il faut aussi donner à chaque plante le sol, l'engrais et la culture qui lui conviennent, de façon qu'elle fournisse un produit maximum, mais économique.

La récolte sera faite à temps pour qu'elle ne subisse aucune avarie et garde toute sa valeur.

Puis on se souviendra que ce n'est pas tout d'obtenir de bons produits végétaux d'un sol ; l'essentiel est de savoir en tirer le plus grand profit. Deux cas peuvent se présenter: Tou bien on vend directement les denrées récoltées; 2° ou bien on les fait consommera l'intérieur. Il y a aussi le système mixte par lequel on fait les deux en même temps.

On ne doit vendre les denrées en nature, foins, grains, pailles, racines, etc., qu'autant que leur prix est rémunérateur, c'est-à-dire que cette vente donne une somme supérieure à celle qui a été dépensée pour les obtenir. Il faut tenir compte de l'appauvrissement graduel du sol par cette exportation et lui rendre au moins l'équivalent des substances fertilisantes enlevées.

Ce système ne peut évidemment convenir qu'autant que les débouchés ne sont pas éloignés, sans cela les prix de transport absorberaient les bénéfices.

Il est difficile de préciser la distance ; cela dépend de la nature des produits et des moyens de transport.

Par voitures et sur bonnes routes, on ne doit pas transporter les grains, les pailles et les fourrages au-delà de 40 kilom., les betteraves, les tubercules au-delà de 4 à 8 kilomètres.

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Par chemin de fer, les prix de transport sont encore trop élevés, et malgré les demandes réitérées de l'agriculture, on n'a pu obtenir encore leur homologation.

Après le sol, ce sont les débouchés qui devront guider l'agriculteur dans le choix des plantes à cultiver. Il serait évidemment peu économique d'exploiter celles qui ne sont pas de vente courante dans le pa}s ou dont le transport serait trop coûteux et absorberait les bénéfices.

Le deuxième moyen de tirer parti des denrées produites dans un domaine, est de faire consommer sur place par le bétail, et par suite de produire le tumier. Dans ce cas le point capital est de choisir l'espèce et la variété, qui les paiera le plus cher, tant pour les animaux de travail que pour ceux de rente.

Pour la première, il ne sera pas du tout indifférent de prendre le cheval ou le bœuf, ou même les deux à la fois. Leur nombre dépendra évidemment des divers travaux qu'ils auront à exécuter et aussi de la difficulté de ces mêmes travaux.

Pour les animaux de rente l'exploitant devra se demander : Quelles espèces et races conviennent au climat, au genre de nourriture dont on dispose, à l'écoulement facile et lucratif des produits fournis ? etc. Dans certains cas, ce sera la vache laitière, au point de vue du lait A^endu en nature ou transformé en beurre et en fromages. Alors le choix de l'exploitant se portera sur les meilleures laitières et les nourritures qui poussent le plus à la lactation.

Dans un autre, ce sera l'élevage direct ou combiné avec une industrie agricole. Pour que cette spéculation soit lucrative, il faudra des aliments à bon marché, depuis la naissance de l'animal jusqu'à l'âge adulte ou jusqu'à la vente.

Là on fera de l'engraissement à la prairie ou à l'étable ; il faudra choisir des animaux aptes à prendre rapidement la graisse. Il y a des herbages, des nourritures qui ne favorisent pas du tout cette spéculation. Certains aliments conviennent mieux à une espèce animale qu'à une autre. Il faut en tenir compte.

Ici on combinera deux ou trois de ces spéculations; elles pourront se rendre mutuellement service. Aujourd'hui, en agriculture, il n'est pas prudent de trop spécialiser. Il faut avoir, comme on dit, plusieurs cordes à son arc. On doit pouvoir changer la spéculation dès qu'elle ne rapporte plus.

Le capital dont on dispose influe aussi sur la spéculation que l'on veut faire. 11 faut encore tenir compte de la cherté ou du bon marché, de la main-d'œuvre ; elle influe considérablement sur les résultats financiers de l'entreprise.

Le point le plus important pour le cultivateur, et celui qui est peutêtre, hélas! le plus négligé, est de se rendre compte par une comptabilité exacte du résultat financier de ses entreprises culturales ou animale. Beaucoup d'entre eux n'auraient pas continué certaines spéculation s'ils avaient constaté sérieusement qu'elles les mettaient en perte et se seraient arrêtés sur le chemin de la ruine.

Nous venons de résumer, bien imparfaitement, il est vrai, les règles qui nous semblent les meilleures pour tout cultivateur qui veut faire de Vargent par l'agriculture en résolvant ce grand problème : « Un

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