‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 581 sur 737 · MA · texte numérisé non relu

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-— TT77-^ pour 1 enofraissement des animaux adultes.

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Laissant à chacun le soin de tirer telle conclusion qu'il jugera convenable, du résultat de ces expériences, suivant le cas particulier dans lequel il se trouvera placé, ce que nous pouvons affirmer en toute sincérité, c'est que grâce aux précieuses indications de M. Aimé Girard sur la culture de la pomme de terre, grâce à ses remarquables expériences dans l'application de la pomme de terre cuite dans l'alimentation du bétail, nous sommes arrivé dans nos terres légères de la Montagne-Noire — à 800 mètres d'altitude — à obtenir couramment en grande culture 20,000 à 30,000 kilog. de tubercules à l'hectare, et que du jour où nous avons commencé à les faire consommer par nos bestiaux, nous y avons trouvé de tels avantages, que nous en avons développé de plus en plus la culture, au point d'en récolter aujourd'hui de 500,000 à 600,000 kilog. par an qui toutes servent à l'engraissement de 350 à 400 bêtes à cornes. Pas un kilog. ne va au marché. Tout est consommé dans les fermes. Gaston* Cormouls-Houlès,

Lauréat de la prime d'honneur du Tarn.

DÉBATS A LA CHAMBRE DES LORDS. — SÉANCE DU l^'-" MAI.

Ainsi qu'il en avait fait la promesse, lord Stanley a fait une motion à la Chambre des lords tendant à la nomination d'une nouvelle commission pour examiner la question de l'effet du jeu international relativement à la dépréciation des prix du blé, du coton, de la laine, de l'argent, du café et d'autres produits. Comme il s'y attendait bien luimême, sa motion n'a pas été prise en considération. Peut-être en eùt-il été autrement si à la date du l*'' mai la résolution du [leichstag allemand supprimant les marchés à terme avait été déjà prise. Le noble lord a insisté sur tous les points de vue qui sont bien connue actuellement de nos lecteurs et a bien voulu dire à la Chambre que mon exposé, « suivant l'habitude des écrivains français, était très clair ». J'accepte ce compliment avec d'autant plus de plaisir que je redoutais particulièrement d'avoir été obscur dans l'examen d'une question qui soulève tant de difficultés.

Le comte de Dudley, ministre du commerce, s'est chargé de répondre à lord Stanley. « Il a fait valoir contre sa proposition que les Chambres associées de commerce avaient refusé de se lier en exprimant le désir d'une action législative. Bien plus la question portée devant la Chambre centrale d'agriculture par M. Smith lui-même n'avait pas décidé cette Chambre à faire des représentations au Ministère de l'agriculture. Il ne croit pas prouvé que la baisse du prix des marchandises soit due au système du jeu sur les différences ; il croit au contraire que le marché à terme, au lieu de déprécier les prix, tend à les égaliser et à contrecarrer les fluctuations qui existent toujours. Il prend pour exemple le caté sur lequel on fait de grandes spéculations et qui cependant n offre pas beaucoup de variations de prix depuis plusieurs années. Du reste même si lord Stanley avait raison, le comte de Dudley doute qu'il soit possible de tenir le jeu en échec par des moyens législatifs. Il soutient que tous les efforts faits jusqu'à présent pour distinguer entre la spéculation légitime et le jeu sont demeurés infructueux. »

Au fond, ce dernier argument est le principal argument de nos adversaires. Mais ma réponse est aussi simple que victorieuse. Commencez par prohiber le jeu en le déclarant illicite : les juges sauront bien trouver les moyens de distinguer les spéculations légitimes des pures opérations de jeu. La réponse du comte Dudley est une échappatoire, mais non une réfutation. Il est vrai que dans l'état actuel du marché la spéculation ne se distingue pas du jeu; la raison, c'est que ce marché ne présente absolument que des joueurs et non des négociants ou marchands qualifiés. Le ministre anglais a bien raison en ce sens de ne découvrir aucun procédé pour faire la distinction. « Le monde est devenu, disait un auteur cité par lord Stanley, de la Quaterlij-Revieiv, un immense bazar oi^i on joue, dans lequel un Syndicat compact de financiers tient la banque et sait jouer sans s'exposer à perdre. » Ne confondons pas l'œuvre du législateur avec l'œuvre du magistrat. Ne disons pas : il y a tellement de voleurs dans certains négoces que l'on ne peut pas distinguer le marchand du voleur. Commencez, miiord, par prohiber la spéculation sur les différences ; ne vous ingérez pas

ensuite dans le fonctionnement de la justice et vous verrez les distinctions apparaître au grand jour de l'audience, soit sous les attaques éloquentes de l'avocat, soit sous l'effort de l'énergique patience du ministère public ou des syndicats. Donnez des armes au droit au lieu de le laisser toujours exposé sans cuirasse aux assauts des vices et des intérêts égoïstes. Faites de la morale et de bonnes lois, vous ferez de la bonne économie politique, sans le savoir, comme M. Jourdain faisait de la prose. P. dl Pré-Collot.

La cultuie de la canne à sucre semble devenir de plus en plus difficile, au point que nos colons songent à y renoncer définitivement. La concurrence de la betterave et le bas prix du sucre, l'épuisement des terres à cannes cultivées sans interruption depuis plus de deux siècles, les maladies de la canne, dont les ravages deviennent considérables, toutes ces causes concourent à décourager les planteurs qui se demandent aujourd'hui quelles cultures nouvelles pourraient se substituer à l'ancienne.

Il n'y aurait pas lieu cependant d'y renoncer complètement et peutêtre une connaissance plus approfondie des besoins de la plante, le choix des meilleures variétés, des rotations convenables, l'étude des maladies, celle du développement de la canne à partir de la graine, etc., permettraient un relèvement de cette culture et en feraient malgré tout une culture encore rémunératrice. Rappelons d'abord brièvement les points principaux de cette culture*.

I. Culture. — r Préparation du sol. La terre, à la Martinique, est généralement argileuse et pauvre en chaux. Les labours doivent se faire plusieurs mois à l'avance ; on commence en novembre ou décembre après les grandes pluies. En terrain plat on fait des biUons de 1 m. 20 à 1 m. 50 de largeur. Si le sous-sol n'est pas suffisamment perméable, on doit drainer avec beaucoup de soin ; on se contente généralement de tracer des canaux. Sur les pentes ces canaux à niveau permettent l'écoulement de l'eau superficielle, mais ne suffisent pas à drainer le sous-sol. Il sera surtout nécessaire de chauler à forte dose, 6 à 8 mètres cubes à l'hectare. Les scories de déphosphoration sont encore peu employées ; elles donnaient cependant d'excellents résultats. 2° Plantation. — On se sert du sommet de la canne; il contient , peu de sucre et beaucoup de glucose. On met quelquefois dans les sillons des tronçons de canne ou des cannes entières; mais cette pratique ne paraît pas plus avantageuse que la première. On consacre généralement aux boutures une pièce de ces rejetons. Les plants doivent être choisis sur de belles cannes; on coupe les feuilles et le bouquet terminal. Ils doivent présenter trois ou quatre nœuds et avoir environ 0 m. 25 de longueur.

Il serait utile de leur faire subir à ce moment un traitement pour combattre les parasites. Plusieurs procédés ont été proposés, par exemple : les immerger une heure ou deux dans un lait de chaux, ou dans un bain d'acide carbolique étendu et maintenu vers 50 degrés, qu'on fait suivre encore d'un bain d'eau de chaux.

1. Bonamc : Cidtu.re de la can)ie à sucre à la Guadeloupe. — F. Watts : Inlroductory manual for sutjar (jrov:ers.

On plante les boutures à 1 m. 50 ou 1 m. 80 deux par deux, on les enterre debout et presque complètement. Il ne faut pas plus de quinze jours pour que les premières feuilles apparaissent.

3° Soins à donner à la jeune plante. — Aussitôt qu'elle commence à croître, il lui faut de l'engrais, de la potasse et de l'acide phosphorique. Le choix des engrais dépend naturellement de la nature du sol. Il convient de le distribuer aussi uniformément que possible autour du plant. Les engrais azotés devraient être appliqués plus tard, vers mai ou juin; le sulfate d'ammoniaque paraît préférable à cause des grandes pluies.

Les analyses de M. llouff, à la Martinique, et celle de M. Harrisson, à la Barbade, nous ont appris quel était le prélèvement de la récolte. M. Harrisson trouve pour les cannes seules : acide phosphorique anhydre, 29 kil. 3 pour une récolte de 56 tonnes, et 57 kilog. pour une récolte de 80 tonnes.

Pour la potasse, les chiffres varient dans les mêmes conditions de 70 à 140 kilog. Dans l'état actuel des cultures, les rendements de 50 à 80 tonnes de cannes à l'hectare sont très élevés; on ne compte guère que sur une moyenne de 40 tonnes.

Les sarclages sont faits généralement avec soin. Quant à la pratique de l'épaillage, elle est vivement discutée; lépaillage consiste à arracher les feuilles mortes quand les cannes sont presque mûres pour leur donner de l'air et de la lumière et faciliter ainsi la maturation en augmentant la richesse en sucre. Mais il est manifeste que l'arrachage des feuilles qui ne se limite pas aux feuilles mortes, ouvre la porte à tous les parasites.

4" Coupe. — On doit couper les cannes au ras du sol. Peu de temps après la souche émet de nouveaux jets et on cultive parfois jusqu'au cinquième lejeton. Mais le rendement diminue vile. Dans certains pays on replante chaque année.

Si les cannes sont saines, il y aura avantage à enterrer une partie des feuilles pour ameublir le sol et fournir de l'humus. Mais avec des cannes malades il sera nécessaire de brûler tous les résidus.

Faute de soins convenables les cannes peuvent souffrir et dépérir ; mais, même dans une pièce bien cultivée, il y a quelques ennemis redoutables.

IL Parasites animaux. — 1 ° Les rats font de grands ravages à la Martinique ; ils rongent la canne peu au-dessus du sol, puis passent à une autre. Les cannes tombent au moindre vent ou sous leur propre poids. Les rats redoutent le Trigonocéphale, mais ce serpent est trop redoutable pour l'homme et disparaît heureusement peu à peu des champs de cannes. Il y aurait lieu d'essayer l'emploi des virus de M. Danysz; mais aucun essai n'a encore été fait dans nos colonies.

2° Les poux de bois ou termites s'attaquent volontiers à la canne et produisent dans certaines régions des dommages considérables, par exemple à Trinidad ; ils ne s'attaquent guère qu'à une ou deux cannes à chaque touffe et les coupent près du sol. Sur les cannes tombées on reconnaît facilement le Trichosphœria sacchari, champignon parasite qne nous étudierons plus loin. Reste à savoir si les attaques des Termites précèdent ou suivent celles du Trichosphœria.

Plusieurs insectes vivent en parasites sur la canne, creusant des galeries dans lesquelles ils vivent ou déposent simplement leurs œufs. On les désigne sous le nom général de borers (perceurs').

3° En première ligne vient le Xyleborm perforans {Shot borer). C'est un coléoptère de très petite dimension, très répandu dans les Antilles; il a été bien étudié par M. Blandford, qui en a donné une étude intéressante dans le Bulletin de Kew. M. Barber, dans le séjour qu'il a fait aux petites Antilles, a relevé plusieurs points intéressants de son histoire. Au commencement de 1893 l'île de Saint-Christophe a souffert beaucoup de ses ravages et les dégâts furent évalués, sur les différentes régions de l'île, de 5 à 30 pour 100 de la récolte. C'est la forme parfaite qui est surtout redoutable; l'insecte s'attaque aux cannes mûres, de préférence un peu acides ; il creuse un trou très petit, près des nœuds, sous les yeux; à cet endroit la canne est recouverte d'une poussière blanche qui masque souvent l'entrée de l'insecte. Celui-ci creuse bientôt des galeries pour y déposer les œufs et le jus prend une forte odeur vineuse. Les femelles sortent en bande la nuit, comme des vols de moustiques et vont à la recherche de nouvelles cannes.

Le Shot borer parait affectionner surtout la canne de Tahiti ou canne Bourbon, la plus cultivée aux Antilles; elle est très tendre, très sucrée, très avantageuse pour le travail du moulin, mais aussi très recherchée par les insectes.

On connaît beaucoup de Xyleborus et peut-être celui de la canne n'est-il pas le X. perforans type. A l'île Madère, il y a quelques années les tonneaux et les merrains furent envahis aussi par un Shot borer, et peut-être aurait-il pu sintroduire ainsi dans les Antilles. 11 ne semble pas cependant que les galeries creusées dans le chêne soient identiques à celles de la canne. M. Jenman décrit le Shot borer de la canne comme indigène dans la Guyane anglaise. On le trouve par contre à l'île Grenade, dans des régions où il n'y a pas de cannes.

4" Le Diatrsea saccharalis [moth borer) est aussi redoutable que le précédent. 11 paraît également répandu dans toutes les Antilles et dans tous les pays de cannes à sucre où on le connaît sous différents noms. C'est un lépidoptère de la famille des Crambides, dont la larve présente environ 2 centimètres de longueur. On connaît peu de choses sur ses habitudes. Il se reproduit abondamment, une ponte pouvant donner 100 à 130 œufs. Il attaque la canne à tout âge, généralement à peu de distance du sol, creuse des galeries sur toute la longueur de la canne et atteint bientôt le cœur. La canne Bourbon nest pas seule atteinte; une autre variété, très répandue dans les Antilles anglaises, la canne de la Jamaïque ou canne bleue, plus dure que la précédente, est également atteinte par le Moth borer, tandis qu'elle ne l'est guère par le Shot borer. La canne adulte n'en meurt pas, mais le jus devient acide et le rendement peut diminuer de 30 à 50 pour 1 00. Pour le combattre on peut employer les pièges lumineux à papillons. On doit couper les cannes atteintes aussi bas que possible dans le sol. Mais nous avons un auxiliaire naturel : c'est un champignon très répandu à Saint-Kitts, présent aussi à Antigue, mais qui n'a pas été signalé jusqu'à présent à la Martinique, ni à Trinidad. M. Barber, qui l'a découvert à Saint-

1. Barber : Diseuses of canes [Supplément la the Lceivard /shinds-Gazette, ian^ier 1894).

Kitls l'a envoyé à Paris, à M. Giard, qui a reconnu un Isaria d'espèce nouvelle et l'a appelé Isaria Barberi^.

La larve atteinte par ce champignon se momifie et prend une teinte jaunâtre; les fructifications se montrent sous la forme de longs filaments insérés aux deux extrémités de la chenille et aussi latéralement sur les anneaux,

5- Le borer le plus répandu à la Martinique paraît être le Sphenophorus sacchari (vseevil borer). C'est un charançon brun jaunâtre, ayant au moins 1 centimètre, muni d'une forte trompe. On connaît peu de clioses sur ses habitudes. La larve est courte, épaisse, blanche, avec une tête noire; elle creuse de larges galeries et, au moment de se transformer, s'enveloppe dans un tissu serré de fibres de la canne. C'est la calandre delà canne, qui attaque aussi les bananiers. On l'a signalée en divers pays et sous divers noms qui ne sont pas suffisamment identifiés. Celui de la Martinique est bien identique, d'après M. Giard, au Sphenophorus sacchari (Guilding), de Barbade, Saint-Christophe et la Jamaïque. M. Cockerell l'identifie avec le Sphenophorus sericeus (Latreille) de la Jamaïque. Il paraît avoir été importé de Tahiti avec les cannes. Peut-être est-il identique aussi au Sphenophorus obscurus{Boisduval) des îles Sandwich.

Il n'est pas rare de trouver ces trois borers sur une même canne. Mais ce qui fait surtout la gravité de leurs attaques, c'est que leurs blessures donnent accès aux champignons parasites qu'il nous reste à décrire. G. Saussine,

{La suite prochainement.) Professeur au lyeée Saint-Pierre (Marliiiique).

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