‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 583 sur 737 · INFLUENCE DE LA FUMURE SUR LES POMMES DE TERRE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA FUMURE SUR LES POMMES DE TERRE

400 hectolitres de purin, 300 kilog. de nitrate, mais le blé de 1894 n'a pas eu d'engrais, pas plus que les pommes de terre. Il est donc probable que si la richesse en fécule s'élève déjà chez lui à 18.55, c'est que l'influence de la fumure azotée de 1893 a été détruite par deux années sans fumure.

Avec M. Mourmant, où la moyenne s'élève à 19.14, la fumure azotée domine encore, mais nous voyons apparaître les engrais potassiques. En 1893, le champ portait des féveroles avec fumier; en 1894, blé avec fumier et 900 kilog. de superphosphates; les pommes de terre de 1895 recevaient 6,000 kilog. d'un mélange de cendres de bois, de cendres de charbon et d'engrais de volailles, ainsi que 220 hectolitres de purin.

M. Hénart, du Neufpré, chez qui la moyenne s'élève à 20.60, avait en 1893 du trèfle, et en 1894, du blé avec 25,000 kilog. de fumier. Mais les pommes de terre de 1895 avaient reçu 25,000 kilog. de fumier avant thiver, 600 kilog. de superphosphates et 300 kilog. d'engrais phosphaté et potassique Georges Ville.

Chez MM. Maerens, nous constatons des procédé^} analogues : en 1893, blé avec 20,000 kilog. de fumier; en 1894, avoine avec superphosphates et nitrate, et en 1895, pommes de terre avec 850 kilog. d'engrais phosphaté et potassique Georges Ville. La richesse moyenne des quatre variétés est de 20.62.

Enfin, chez M. Dupont, de Wavrechain, nous arrivons à 20.82 de richesse moyenne en fécule; il y a lieu de supposer que ce résultat est dû également à des procédés analogues, car en 1893 le champ portait des pommes de terre avec 50,000 kilog. de fumier et 300 kilog. d'engrais phosphaté et potassique; l'avoine qui suivait ne reçut aucun engrais, et les pommes de terre de 1895 fumier, nitrate et engrais de superphosphate et de sels de potasse.

De cet exposé détaillé, il résulte que, d'une manière générale, l'emploi exclusif des fumures où l'azote domine est préjudiciable à l'élaboration de la fécule; l'emploi simultané de ces mêmes engrais azotés, avec les engrais phosphatés et potassiques, est au contraire favorable à l'obtention de tubercules d'une richesse élevée.

Si cette loi n'a qu'une importance relative pour la plupart de nos producteurs de pommes de terre, qui ne cultivent cette plante que pour leur consommation, ou pour celle des populations urbaines, il en est autrement pour ceux qui font de la pomme de terre industrielle, destinée à la production de la fécule ou de l'alcool.

Il est d'ailleurs facile de chiffrer cette importance ; en admettant qu'un hectare de pomme de terre industrielle donne une moyenne de 25,000 kilog. de tubercules, le gain de 3 pour 100 de fécule, par exemple, obtenu par l'application d'engrais phosphaté potassique en remplacement d'une partie d'engrais organique azoté, se traduit par un excédent de produit de près de 200 francs. Comon,

' Professeur d'agriculture du Nord

ÉTAT DES RECOLTES DANS LA DORDOGNE

Saint- Jean-d'Ataux, le 14 mai 1896.

La caractéristique du mois d'avril est de présenter des phases presque continues de basses températures avec sécheresse persistante. ,

ÉTAT DES RÉCOLTES DANS LA DORDOGNE. 819

La marche de la végétation, retenue par des nuits assez froides, a été lente à prendre son essor ; cependant on peut dès à présent prévoir que la récolte des arbres à fruit est sérieusement compromise et que les prairies naturelles donneront un faible rendement; quant aux fourrages artificiels, leur première coupe sera presque partout insignifiante.

L'arrivée de pluies abondantes avec une température élevée pourrait encore, en ce qui concerne les luzernes, trèfles et sainfoins, amener une seconde coupe satisfaisante ; pour les prairies naturelles, il est trop tard aujourd'hui pour qu'elles se relèvent, et nos cultivateurs feront prudemment de tabler sérieusement sur le repiquage des betteraves et les ensemencements de maïs-fourrage s'ils ne veulent être embarrassés pour nourrir leur bétail.

Quant à la vigne, elle a franchi sans péril la période des chevaliers de glace, ce qu'on appelle vulgairement la lune rousse, mais elle a encore tant de dangers à courir qu'il serait imprudent de tirer le moindre horoscope de son avenir, constatons cependant que les mannes sont plus nombreuses que l'an dernier et que les premières pulvérisations ont pu lui être données dans de très bonnes conditions. E. DE Lentilhac.

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