Profeslor Delbruck
OBSERVATiOixs. — Impercitor était assez gravement atteinte par la pourriture sèche tant à l'automme qu'après la conservation hivernale. Voici quelques remarques sur un certain nombre de variétés : Dakota red. — Tubercule à peau rose, chair blanche, développement foliacé peu abondant, mûrit en septembre, s'est toujours montré
productif et de bonne conservation, résistant à la maladie. Variété fourracjère à propager.
Œmiclien. — Variété cultivée depuis trois ans, promettait beaucoup l'année dernière, s'est montrée inférieure cette année. A étudier encore au champ d'étude.
Docteur Mocrcker, de Richter, paraît être une des meilleures nouveautés. Je la cultive depuis quatre ans et je crois qu'elle mérite de passer dans la grande culture Ses tubercules jaunes à chair blanche sont gros, ronds avec yeux moyens, de bonne conservation, tige vigoureuse, fleurissant longtemps, pas très tardive, riche en fécule.
Professor Kuhn, Scfioley et Triomphe de Bel fort. — Variétés dont les tubercules sont de même forme et de même apparence extérieure que Magnum Bonum, mais avec une productivité moindre que celle-ci. Je vais les abandonner.
Bismarck, toujours la plus riche en fécule des variétés connues, s'est montrée peu productive cette année. Ses tubercules sont petits et à peau rose rugueuse.
Juwel et Géante sans pareille. — Deux variétés très tardives et productives à gros tubercules. Géante sans pareille a la chair jaune.
Imperator, de Richter. — Est toujours ici dune conservation délicate.
Magnum Bonum et Canada continuent à se bien maintenir dans nos sols, elles se montrent inférieures dans les sols siliceux ou graveleux secs, ailleurs elles soutiennent à divers points de vue leur réputation de variété pratique. Canada est très recherchée par la culture, à cause de l'époque de sa maturité, courant de septembre, qui permet de semer le blé en saison convenable, et de ses qualités de grosseur et de rusticité.
J'ai souvent insisté dans mes comptes rendus annuels sur l'influence exercée par le poids du plant employé sur le produit brut, et dans des expériences nombreuses, dont les premières remontent à l'année 1870, répétées un certain nombre de fois, j'ai établi : que toutes choses égales d'ailleurs, le produit à Vhectare était en raison directe du poids du plant. J'ai également démontré que le poids du plant pouvait être fourni soit par de gros tubercules coupés, quand la variété supportait le fractionnement, soit par des tubercules moyens entiers, soit par de petits tubercules dont on mettait par poquet deux ou trois, pourvu toujours quil y ait le même poids de plant dans chaque poquet semblablement espacé des voisins. J'ai encore démontré que, si on plante par hectare un même poids de semence divisé en un plus grand nombre de poquets^ le poids total de la récolte est augmenté.
Je rappelle ces faits parce qu'ils expliquent les divergences de vue qui se sont produites récemment à la Société nationale d'agriculture entre MM. Aimé Girard et Allier. M. Aimé Girard recommande toujours et partout une plantation faite aux espacements de 0 m. 60 sur 0 m. 50; il considère que c'est la plantation idéale et il recommande d'employer des plants du poids de 80 à 120 grammes, soit environ 3,000 kiiog. à l'hectare. M. Allier dit que, en espaçant les lignes à 0 m. 60 pour laisser passage à la houe et en mettant des plants de 20 grammes environ, soit entiers, soit des fragments chaque 0 m. 10 dans la ligne, il obtient des rendements supérieurs à ceux donnés par
l'autre méthode. Mes expériences donnent raison à M. Allier, à condition toutefois que la variété cultivée supporte la fragmentation, ce qui n'est pas avec des variétés comme Imperator, Early rose et Red Skinned, par exemple. Avec les variétés non susceptibles d'être coupées, le mode de plantation préconisé par M. Allier ne conviendrait que pour l'emploi, quelquefois économique, parce qu'ils ne sont pas marchands, des petits tubercules du poids de 20 à 30 grammes; seulement, les binages sur la ligne ne sont pas faciles à exécuter, quand les poquets sont tellement rapprochés; de plus, les tubercules sont moins gros, ce qui est à prendre en considération, si on a pour but principal la vente pour la consommation. Pail Genay.
Président du Comice de Lunéville (Meurthe-et-Moselle).
m. Maladies cryptogamiques. — V C'est vers 1892 que le Trichosphxria sacchari {rintl funrjm) semble avoir fait son apparition dans les Antilles; on le signale presque simultanément à la Barbade, à Trinidad, à Antigue, à la Martinique. M. Bovell, directeur des champs d'expériences du pénitencier de Dodd, fit alors parvenir au Jardin de Kew des cannes diversement attaquées et M, Massée reconnut la présence d'une sphériacée présentant, selon les circonstances, divers modes de fructification. Une description très complète en a été donnée par M. Massée dans les AnnalsofBotany (décemhre 1893). Une description sommaire en a été donnée par M. Barber dans ses rapports sur les maladies de la canne à sucre aux Antilles. Les cannes atteintes présentent, au milieu ou à la base, des taches brunes et le tissu sous-jacent est également d'un rouge brun ; des cannes qui paraissaient saines sont souvent envahies bien avant leur maturité et de petites pustules noires crèvent l'épiderme. Ces taches apparaissent surtout autour ou au voisinage des trous de borer, principalement du Diatrxa ou moth horer. Au microscope, on voit un fin mycélium qui passe d'une cellule à l'autre en se rétrécissant beaucoup et se serait là, d'après M. Massée, un trait caractéristique de ce champignon, permettant de le reconnaître avant sa fructification. Il est donc facile de reconnaître sa présence au delà de l'aire où il se manifeste déjà à l'œil nu.
La forme conidiale apparaît sur les parties endommagées comme une masse veloutée fine, de couleur sombre. Le mycélium pénétre peu à peu à l'intérieur de la canne et y donne des conidies brunes. Plus tard et un peu plus loin, des chapelets de conidies noires, noyées dans une masse mucilagineuse, crèvent l'épiderme et sortent sous forme de petits filaments noirs; c'est la forme Melanconium. Enfin, sur les cannes mortes se forment des périthèces*.
On peut inoculer la maladie à de jeunes cannes, en déposant simplement les spores sur les feuilles; mais sur la canne adulte, le champignon ne peut pénétrer que par une blessure, un trou de borer, ou une feuille arrachée, ou la section même du plant quand on le met en terre. On ne peut songer, à cause du développement considérable des feuilles, à asperger un champ avec la bouillie bordelaise, mais il est prudent d'y plonger les plants avant de les mettre en terre, ou d'em-