SUR LES PLANTES FOURRAGÈRES D'AUTOMNE
La sécheresse qui se prolonge depuis de nombreuses semaines avec vent du nord, n'est pas sans causer d'assez vives inquiétudes sur la situation difficile dont elle pourrait être la cause. Nous avons encore tous présents à la mémoire les désastres dus à la sécheresse de 1893 et à la pénurie de fourrages qui en a été la conséquence. Très heureusement, en supposant même que la sécheresse de 1896 soit aussi longue que celle de 1893, il est permis de penser qu'elle ne pourrait avoir d'aussi déplorables effets. L'année 1893 succédait en effet à une année de faible production fourragère et de pénurie de paille; l'année 1895, au contraire, a produit d'excellents fourrages et de bonne paille, et pendant l'hiver clément que nous venons de passer, on a pu faire des réserves.
Il est incontestable cependant que la sécheresse continue du printemps et la persistance des vents du nord ont compromis la production herbacée des prairies naturelles et des herbages. La première coupe de luzerne fournira un rendement très peu élevé ; il importe donc d'être très circonspect dans l'alimentation des animaux. Il convient de prévoir l'avenir, et il est prudent de se créer des ressources nouvelles à l'aide des fourrages d'automne. Les principales plantes que l'on peut utiliser dans ce but, sont les suivantes :
Les Vesces et les Pois gris de printemps peuvent être cultivés seuls, ou mieux mélangés ensemble à la Féverole, plante rustique qui rame bien les légumineuses. On emploie environ 1 50 à 1 60 kilog. de semences par hectare.
Le Coha d hiver ^ associé au pois gris et à la féverole ou au sarrasin de ïartarie et semé en juin et juillet, donne en septembre et octobre un fourrage vert abondant et de bonne qualité.
Le Sarrasin de Tartarie est plus rustique et végète mieux sur les sols médiocres que le sarrasin ordinaire. 11 peut se semer seul, depuis le 15 mai jusqu'au 15 août, avec environ 80 kilog. de graines par hectare. On le mélange avantageusement avec la vesce et le pois gris de printemps, le maïs, le moha de Hongrie, etc.. Comme le sarrasin ordinaire, il germe en effet rapidement, ombrage promptement le sol, et produit ainsi un couvert qui favorise beaucoup la végétation des plantes qui lui ont été associées. Il fournit, en septembre ou octobre, un fourrage excellent et abondant.
VAlpiste est une graminée peu connue et cependant précieuse par son aptitude à végéter convenablement sur les sols secs, de médiocre fertilité. Elle atteint 0 m. 50 à 0 m. 60 de hauteur et se sème jusqu'à la fin de juin, à raison de 30 kilog. de semences par hectare.
La Spergule accomplit rapidement toutes ses phases de végétation ;