La situation
Un changement complet est survenu dans les conditions climatériques depuis une dizaine de jours; des pluies sont signalées dans presque toutes les régions, et si elles n'ont pas été d'abord abondantes, elles se sont succédé pendant une assez longue période pour exercer une influence bienfaisante. On s'en réjouit à juste titre, car leur action sur toutes les récoltes ne peut être qu'avantageuse ; les betteraves, les pommes de terre, les avoines en profitent largement partout, de même que les blés dans les terres légères. Malheureusement, cette transformation des circonstances météorologiques ne vas pas sans quelques accidents; les orages, parfois trop violents, ont provoqué la verse dans des champs de blé dont la végétation luxuriante donnait de magnifiques promesses. Mais, jusqu'ici du moins, ces accidents sont locaux, et pour désagréables qu'ils soient, ils ne présentent pas un caractère de généralité qui soit de nature à inquiéter. Toutefois, on peut souhaiter que l'humidité ne persiste pas pendant trop longtemps, car elle gênerait considérablement les travaux de la fenaison ; si les foins sont peu abondants, il importe qu'ils soient rentrés dans de bonnes conditions. La persistance de la pluie serait également nuisible à la floraison de la vigne, dont elle provoquerait la coulure.
Les agriculteurs attendent avec confiance les mesures que le Gouvernement prendra en leur faveur; mais ils souhaitent ne pas attendre trop longtemps. Ils apprendront avec plaisir que la Commission permanente du Conseil supérieur de l'agriculture est convoquée pour le 15 juin, à l'efîet d'étudier un projet de décret sur l'admission temporaire des blés. On peut espérer que ce décret donnera satisfaction à leurs trop légitimes réclamations.