‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 667 sur 737 · AVANT LE SEMIS · texte numérisé non relu

AVANT LE SEMIS

A cette question nettement posée, nous répondrons de suite : non! il ne faut pas, du moins généralement, mouiller ou faire tremper dans l'eau les graines fourragères avant de les confier au sol. La raison de cette affirmation ne sera ni longue, ni difficile à saisir. Nous prendrons comme exemple les Mohas de Hongrie on de Californie. Que devient une graine de Moha qu'on aura fait macérer dans l'eau pendant vingt ou vingt-quatre heures, puis semée dans un sol aride, desséché par les haies des vents du iNord? Que devient-elle, même jetée dans une bonne terre ordinaire qu'une sécheresse prolongée aura rendue stérile et qui ne sera pas très prochainement arrosée par des pluies bienfaisantes? Eh bien! cette graine dont l'embryon déjà gonflé par l'eau est tout prêta sortir, ne trouve plus dans le sol la moindre humidité : le germe se dessèche et la graine est infailliblement perdue, car il ne peut plus y avoir de temps d'arrêt entre le moment où la semence est entrée en germination et celui où l'embryon, continuant à se développer, doit donner naissance à la jeune plante.

On pourra nous faire observer que le résultat sera le même avec des graines non trempées, semées dans le même sol aride soumis encore après le semis à une sécheresse persistante. En tout cas, entre confier à un sol rendu stérile par défaut complet d'humidité une graine gorgée d'eau, et semer une graine à son état normal, c'est-àdire sèche, dans les mêmes conditions de sécheresse du sol, l'hésitation n'est pas permise, parce que dans le premier cas, l'embryon sera bien vite desséché si des pluies ne viennent sans retard en favoriser le dé-

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