‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 674 sur 737 · LES MARCHÉS FICTIFS SUR LE BLE A L'ÉTRANGER · texte numérisé non relu

LES MARCHÉS FICTIFS SUR LE BLE A L'ÉTRANGER

Dans sa séance du 6 juin, le Reichstag allemand a adopté en troisième lecture la loi sur les opérations de bourse. J'attends le texte exact de cette résolution pour en apprécier la portée. Le Reichstag at-il persévéré dans sa décision de proscrire les marchés à terme? Comment organisera-t-on cette prohibition "et quelles en seront les conséquences?

De plus, il a voté un projet de résolution présenté par M. de Kanitz, l'agrarien bien connu, tendant à traiter avec les Etats-Unis où se font les opérations à terme sur les grains afin d'interdire ce trafic. M. de Kanitz a, en effet, le sentiment intime que cette prohibition doit être internationale. Fidèle à ma conviction qu'il ne faut pas proposer des choses d'une réalisation chimérique, je ne m'associe pas plus à cette proposition qu'à l'abolition de la spéculation à terme. Un de mes lecteurs m'a déjà fait remarquer que mes solutions seraient insuffisantes si elles n'étaient pas l'objet d'une entente internationale. Je ne vois pas cette nécessité pour le marché au blé, parce que je suis de plus en plus convaincu que non seulement nous n'avons pas besoin de blés de l'étranger pour notre consommation, mais que nous ne tarderons pas à devenir exportateurs ou en état d'exporter si nos blés trouvaient un prix suffisant. L'entente internationale n'est pas nécessaire à un autre point de vue, c'est que si les marchés fictifs sont ce que j'ai démontré qu'ils sont, ils seront abolis dans les états civilisés

du monde.

L'Amérique avait donné le bon exemple Souvent sujette à des résolutions peu pondérées, elle est revenue sur ses premières résolutions ; mais le bill contre « les options « sera un jour ou l'autre admis. Les sociétés agricoles d'Angleterre, sollicitées par notre bon ami Smith et lord Stanley d'Alderney, ne tarderont pas à revenir à la charge et le Parlement, inattentif jusqu'à ce jour à cette question, ne tardera pas à se rendre. L'Allemagne a fait le pas décisif, elle est allée trop loin ; mais les choses se mettront au point d'elles-mêmes. U'Aiitriche, incertaine, a d'abord supprimé son marché de Vienne, puis l'a

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rétabli, mais elle est travaillée dans le même sens etj'attends avec confiance sa prochaine législature. En France, un pas considérable a été fait. L'Association de l'industrie et de l'agriculture françaises, dans sa section agricole, a admis Texistence du mal et veut bien me demander de chercher d'autres remèdes plus énergiques que ceux que j'ai indiqués. La Société des agriculteurs de France a institué une commission qui demande à m'entendre. De l'Autriche, m'arrive, d'un partisan inconnu de nos doctrines, une brochure sur le projet de loi de création des sociétés professionnelles agricoles où je trouve de très intéressantes suggestions dont je ferai un jour plus ample communication aux lecteurs du Journal de l\ig7'iculture. En somme, cela va bien : on va d'abord, au congrès dePesth, traiter la question bimétallique qui est h plus urgente -^ pendant ce temps nos idées, si difficiles à saisir, vont s'insinuant dans les esprits, y déposent des germes précieux dont l'éclosion arrivera un jour ou l'autre. Le bon sens ne peut pas en fin de compte manquer de triompher. P. du Pré-Collot.

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