IV. — Les vins artificiels
Nous avons signalé les vœux d'un grand nombre d'associations agricoles et de quelques Chambres de commerce relativement aux vins artificiels. Voici que le commerce des vins se préoccupe, à son tour, de la concurrence qui lui est faite par les fraudes commises avec ces produits. Voici le texte de la pétition que FUnion du commerce en gros des vins et spiritueux fait signer, en ce moment, par les commerçants en gros de Paris pour demander l'interdiction de la fabrication et de la circulation des vins factices :
« Considérant que le décret du 22 juillet 1885 a été rendu et la loi du 14 août 1889 votée à la suite des désastres causés par le phylloxéra pour remédier autant que possible à la disette des récoltes ; ^
« Que, depuis cette époque, grâce aux efforts et aux sacrifices incessants de la viticulture, la production des vins en France est devenue normale ;
« Que cette production, à laquelle viennent s'ajouter celle de l'Algérie et de la Tunisie, est suffisante pour répondre aux besoins de la consommation, et qu'en conséquence les lois et règlements d'exception n'ont plus Heu d'exister;
« Que sous le couvert de ces lois et décrets il se commet des fraudes considérables ;
« Considérant que les vins factices, piquettes, vins de raisins secs, etc., circulent pour la plus grande partie frauduleusement sous le nom et avec les titres de vins de vendange; qu'ils nuisent à la bonne renommée des vins français et menacent dans leur existence le viticulteur et le commerçant honnête ;
ce Les négociants soussignés, entrepositaires à Bercy, à l'entrepôt Saint-Bernard et dans la banlieue de Paris, ont l'honneur de demander à M. le président du Conseil la prohibition de la fabrication et de la circulation des vins factices. »
On trouvera plus loin (p. 984), sur le même sujet, une lettre très intéressante de M. Lugol, président de l'Union des associations agri-
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coles du Sud-Est. Cette lettre fait ressortir la nécessité absolue, au point de vue des intérêts de la production nationale, d'appliquer aux Tins artificiels le régime qui leur convient.
\. — Questions viticoles.
TVous recevons de la Société centrale d'agriculture de l'Hérault la note suivante sur les nouvelles expériences qu'elle a fait exécuter sur le traitement des vignes contre la chlorose par le procédé Rassiguier :
« M. Guillon, répétiteur de viticulture à l'Ecole nationale d'agriculture de Montpellier, a présenté à la Société centrale d'agriculture de l'Hérault dans sa séance du 8 juin, un deuxième rapport sur les expériences relatives au traitement de la chlorose et dont la Société lui avait confié la direction.
« Après avoir exposé le détail des méthodes d'application en examinant leurs conséquences au double point de vue pratique et scientifique, M. Guillon a donné de son rapport les conclusions suivantes :
ce 1" Sans tenir compte de la valeur de résistance au calcaire des différents porte-greffes, le badigeonnage complet des souches au sulfate de fer immédiatement après la taille suivant le procédé du docteur Rassiguier, continue à se montrer comme le traitement le plus énergique et le plus efficace pour combattre la chlorose de la vigne.
« 2° Le citrate de fer ammoniacal dont l'emploi ne peut être conseillé à cause de son prix élevé s'est montré cette année inférieur au sulfate de fer pour ce qui concerne le reverdissement des souches.
« 3° Les badigeonnages à l'acide sulfurique, même à la dose de 10 pour 100, n'ont pas d'effet marqué pour combattre la chlorose.
« 4° Les badigeonnages au sulfate de fer avant la taille ne produisent pas d'effet. Exécutés uniquement sur les coupes -ils donnent des résultats presque aussi bons que sur toute la souche, ce qui indique nettement qu'il faut avoir grand soin en pratiquant les badigeonnages de ne pas négliger les sections de taille.
ce 5" Les badigeonnages produisent des effets bien meilleurs lorsqu'ils ont été
firatiqués en automne que lorsque leur exécution a eu lieu au printemps. Dans es vignobles sains on pourra commencer fin octobre et commencement novembre. Pour les vignobles mal aoûtés il sera prudent de retarder cette époque jusqu'à la j&n de novembre, ceci pour la région méridionale.
ce 6° Si dans les vignes saines on peut employer sans inconvénient les doses de 40 pour 100, il sera bon de les réduire à 25 ou 30 pour 100 dans les vignobles oii l'aoûtemeut est incomplet par suite d'une maladie quelconque.
ce 1^ Le remède n'est pas toujours d'une efficacité complète la première année et même, s'il l'est en apparence, il est bon de pratiquer l'opération pendant plusieurs années consécutives. «
D'après une note que nous recevons de la Société d'agriculture de la Gironde, le concours de pulvérisateurs, organisé par cette Société, a donné les résultats les plus satisfaisants, car il a prouvé que tous les appareils à dos d'homme soumis aux épreuves répondaient bien aux besoins de la viticulture et faisaient un excellent travail. Voici le classement de ceux qui ont paru les plus complets, tant au point de vue de la construction qu'au point de vue delà pulvérisation :
ce P Appareils à acide carbonique, MM. Lasmolle, Fréchou et de La Faye, à Nérac.
ce 2" Appareils à seringue, MM, GirodoUe, Gretillat (le Rapide), à Bordeaux; Massé Marcelin (Le Bijou), à Ambarés.
ce 3° Appareils à pompe directe, MM. Fourcadet, à Gandrot ; Girodolle, à Bordeaux.
« 4" Appareils à pompe directe, à réservoir de verre, MM. Lasmolle, Fréchou et de La Faye, à Nérac.
ce 5" Appareils à air comprimé ; [a) à pompe attenante, MM. Loumaigne- Monserviez, à Bordeaux ; Gretillat (l'Unique), à Bordeaux; — (b) à pompe indépendante, MM. Girodolle, à Bordeaux; Thomas, à Vergèze-Nîmes (Gard).
a 6*^ Appareils sur roues, MM. Seilhan, à Gaillan-Médoc ; Foucaud, à Lugon (vignes hautes et basses).
« 7" Appareils à bât, M. Gazaubon (le Passe-partout), à Cadillac.
D'après une note de M. Frédéric Vassillière, professeur départemental d'agriculture de la Gironde, le black-rot s'est montré le 16 mai sur les rangs témoins du champ d'expériences d'Omet (Gironde) et dans les vignes voisines non défendues, en avance de dix-huit jours sur Tan dernier. Le 28, l'invasion était complète sur le plateau de Sainte-Radegonde, même au point culminant. On ne trouvait pas une tache sur les rangs traités du champ d'expérience, quelles que soient la nature et la dose, comprise entre 1 et 3 pour 100 du sel de cuivre, de]la préparation cuprique liquide employée; les taches se montraient sur les témoins non traités.
YI. — Le régime des sucres.
Les associations agricoles se préoccupent, à juste titre, des conséquences de la nouvelle législation sucrière adoptée en Allemagne. C'est ainsi que, dans sa dernière réunion, la Société des agriculteurs du Nord a été saisie par M. Florimond Desprez d'une proposition lui demandant d'étudier : 1" les moyens les plus propres à assurer à la culture et à l'industrie françaises un traitement aussi favorable que celui accordé par les législations étrangères et notamment par l'Allemagne ; 2° les moyens de permettre et d'encourager partout la culture des races de betteraves qui, suivant les sols différents, produisent le sucre à meilleur marché en tenant compte des frais de manipulation et d'extraction. Il n'est pas douteux que le Gouvernement se préoccupe des moyens de sauvegarder les intérêts de l'agriculture sans demander au Trésor des sacrifices qu'il ne pourrait pas supporter.
VIL — La police sanitaire sur les marchés. M. Méline, président du Conseil, Ministre de l'agriculture, vient d'adresser aux préfets une circulaire pour leur rappeler l'absolue nécessité d'assurer dans les foires et marchés aux bestiaux la surveillance prescrite par l'article 39 de la loi du 21 juillet 1881. Ce document, que nous publions (p. 990), fait ressortir les dangers que présentent les rassemblements d'animaux au point de vue du développement des épizooties; il suffit en effet d'un seul malade pour porter la contagion. Les préfets sont dès lors invités à ne prendre à l'avenir aucun arrêté portant création de foires et marchés aux bestiaux avant de s'être assurés au préalable que les municipalités intéressées se sont imposé les charges nécessaires pour subvenir aux frais de l'inspection sanitaire des animaux qui y sont amenés.
VIII. — Ecole pratique d agriculture des Trois-Croix.. L'examen d'admission des élèves à l'Ecole pratique d'agriculture des Trois-Croix, près Rennes (lUe-et- Vilaine), et le concours pour l'obtention des bourses sont fixés au samedi 11 juillet prochain. M. Hérissant, directeur de cette école, donnera aux parents des enfants qui se destinent à l'agriculture, tous les renseignements nécessaires. Six bourses sont accordées annuellement par l'Etat et deux par le département d'Ille-et-Vilaine. Le département des Côtes-du-Nord a également créé des bourses pour les candidats de ce département. L'âge
d'admission est de 13 à 18 ans. Les connaissances exigées sont équivalentes à celles du certificat d'études primaires. Les demandes doivent être adressées à l'Ecole avant le 3 juillet.
IX. — Ecole 'pratique d'agriculture et d'irrigation d'Avignon.
Un concours pour l'admission d'élèves à l'Ecole pratique d'agriculture et d'irrigation de Vaucluse aura lieu à Avignon, à la préfecture, le 15 septembre. L'Ecole reçoit des internes, des demi-pensionnaires et des externes. Le prix de la pension est de 450 fr. pour les internes, 250 fr. pour les demi-pensionnaires, 50 fr. pour les externes. La durée des études est de deux ans; les demandes d'admission, sur papier timbré, doivent être adressées à M. Allier, directeur de l'Ecole, et lui parvenir avant le 1^'' septembre, terme de rigueur. Les demandes de bourses doivent être présentées avant le 1 5 août.