L'ÉCLAIRAGE ET LE CHAUFFAGE A L'ALCOOL
L'article de M. J. Domergue, paru dans la Réforme économique au mois de mars dernier au sujet de la possibilité d'utiliser l'alcool à l'éclairage et au chauffage, a produit une grande sensation dans toute la presse industrielle et agricole.
Aujourd'hui, l'impulsion est donnée. De tous côtés, en France comme à l'étranger, la question commence à passionner vivement l'opinion publique. On sait que le Syndicat des distilleries agricoles a décidé d'attribuer une prime de 500 francs à l'inventeur d'une lampe à alcool de construction pratique et destinée aux usages domestiques. La Société des agriculteurs du Nord, dont l'intelligente initiative s'est fait déjà remarquer tant de fois en matière de progrès industriel et agricole, a émis un vœu tendant à l'exemption complète des droits de consommation et de dénaturation sur l'alcool ; elle fait en ce moment les plus louables efforts auprès des pouvoirs publics pour arriver à réaliser ce desideratum. Partout, sociétés, syndicats, Conseils généraux, ne perdent aucune occasion d'appeler l'attention des pouvoirs publics sur la nécessité du dégrèvement et d'exprimer le désir de voir l'administration favoriser l'étude d'un nouveau mode d'éclairage et de chauffage par l'alcool. Des types de lampes, caractérisés pour la plupart par l'adoption du manclion à incandescence sont présentés par de nombreux inventeurs, et ne laissent aucun doute sur le succès final. Dans une des dernières séances de la Société nationale d'agriculture, M. Jules Bènard a présenté une lampe dont la consommation moyenne par heure en alcool dénaturé est de 83 grammes et dont lintensité lumineuse est de 46 bougies ou 4.6 carcels. Il a donné, à cet égard, des indications reproduites dans le Journal,
En Allemagne, la question semble avoir fait un plus grand pas qu'en France. Déjà le Ministre des finances a décrété que la vente de l'alcool