‹ Journal de l'agriculture (volume 4)Chapitre 99 sur 737 · I. — Les lois agricoles · texte numérisé non relu

I. — Les lois agricoles

La Chambre des députés a enfin abordé, dans sa séance du 28 janvier, la suite de la discussion du projet de loi sur le régime des amidons et des glucoses, qui était en suspens depuis quinze mois. Les conclusions proposées parla Commission des douanes ont été adoptées; on sait qu'il s'agit surtout de l'établissement d'un doit d'accise sur les amidines de maïs employées en glucoserie. C'était le moyen le plus pratique à adopter pour rendre son efficacité réelle au régime douanier des fécules. Ce n'est pas sans peine que ce résultat a été obtenu parles défenseurs des intérêts agricoles ; car il s'agit, avant tout, de la culture de la pomme de terre qui traverse une crise si pénible depuis quelques années. MM. Georges Graux, rapporteur delà Commission, Méline et Noël ont fait ressortir avec éloquence la légitimité des protestations des agriculteurs à cet égard ; M. Viger, ministre de l'agriculture, a apporté dans le débat l'appui du Gouvernement. A l'importante majorité de 343 voix contre 164, la Chambre a adopté l'ensemble de la proposition, après avoir repoussé les divers amendements présentés pour en fausser le sens et l'application. Ce vote est certainement d'un bon augure pour l'avenir. Il présente, en outre, une très grande importance, non seulement pour les cultivateurs des trente départements dans lesquels sont disséminées les féculeries, mais aussi pour tous les cultivateurs de pommes de terre ; car tout le monde sait que le prix payé pour les tubercules parlaféculeriesert de régulateur aux prix des pommes de terre. Depuis trois ans, et surtout cette année, les prix étaient descendus à des taux invraisemblables et désastreux ; on peut espérer désormais qu'ils remonteront à des proportions normales. En tout cas, il est nécessaire que la loi soit promulguée avant le printemps, pour que la nouvelle campagne ne soit pas perdue.

La Chambre des députés a commencé ensuite la discussion des propositions sur la répression des fraudes commises dans la vente des beurres. Il faut espérer qu'elle adoptera les conclusions qui lui sont présentées par sa commission et que l'agriculture attend avec impatience. Pour essayer de faire avorter cette réforme, on se servira des mêmes arguties qui ont été employées jusqu'ici ; on prétend, en effet, que la prospérité agricole est liée à celle de l'industrie de la margarine, parce que celle-ci utilise des déchets animaux. Mais ces sophismes ne sauraient prévaloir contre le bon sens. Il ne s'est jamais agi d'empêcher l'emploi légitime de la margarine sous son nom, mais d'enrayer les

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fraudes qu'elle sert à commettre et sous lesquelles on la cache pour la faire consommer comme beurre. C'est là ce qu'on ne saurait admettre

à aucun prix.

IL — Conseil supérieur de l'agriculture.

La Commission permanente du Conseil supérieur de l'agriculture est convoquée pour le mercredi 4 février, sous la présidence de M. Viger, ministre de l'agriculture. Dans cette réunion seront examinées les questions relatives à la police sanitaire à la frontière, à la tuberculose bovine et aux mélasses de distillerie.

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