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syennes.
fr. 50 (
fr. 10 C.
fr. 85 c.
;entimes.
centimes.
2 fr.
15 juillet
V octobre... .,
Total
8 fr. . c.
Récavilulation.
7 fr.
Moyenne..
Années.
Total.
fr. 75^
Moyenne des douze années, 1 fr. 81 c, avec la nourriture et le logement.
Pendant les cinq premières années (1868-1872), la moyenne de la journée de travail a été de 1 franc 61 centimes; ce qui constitue une élévation de II centimes sur la moyenne de la première année de l'opération, l'année 1863.
Pour les cinq années suivantes, (1873-1878) la moyenne de la journée de travail s'est encore élevée; elle est de 1 fr. 97 centimes, soit une augmentation de 26 centimes.
Le prix de la main-d'œuvre agricole en Savoie a donc subi une augmentation de 30 centimes en dix années.
Les deux premières années de la troisième période quinquennale donnent une moyenne de l fr. 91 centimes, soit une augmentation de 11 centimes, et au total une augmentation de 41 centimes sur l'année 1868.
Du Rhône au Mont-Cenis, le prix de la journée de travail ne diffère pas sensiblement; il en est de même dans toute la Suisse Romande, dans le département de l'Ain et une partie de celui du Jura.
Récoltes. — En Savoie, la situation agricole, sans être absolument bonne, à cause de la trop grande humidité et du manque de chaleur, permet cependant de compter sur un rendement moyen de toutes les récoltes. Les blés et les avoines sont partout superbes. L'épi, constitué vigoureusement, a résisté à la violence de la bise (vent du nord). Le grain est bien nourri.
Les premières coupes fourragères ont trompé en mal, le rendement est moindre /{ue celui sur lequel on avait compté. Toutefois la qualité est très supérieure. Dans une étable de 12 vaches nourries avec du fourrage nouveau, le propriétaire a constaté une augmentation de poids, et les bêtes ont donné une plus grande quantité de lait.
La vigne est partout très belle. La floraison a eu lieu, cette année, d'une façon régulière ; tous les grains d'une même grappe se sont trouvés en fleur à la fois. C'est un signe certain de bonne qualité. Les vins sont extraordinairement rares et extraordinairement chers. Le prix moyen dépasse 55 fr. l'hectolitre, non compris les charges. Les fruits sout peu abondants, mais de bonne qualité. Les noix donneront une récolte supérieure à celle d'une année 'moyenne. Au total, si nous étions gratifiés de huit jours de bonne chaleur, nous commencerions la moisson.
L'ouverture prochaine du chemin de fer de Thonon à Gollonges transformera notre pays. Nous pourrons communiquer librement avec l'intérieur de la France sans emprunter le territoire étranger, et nous serons affranchis du transit onéreux et désespérant, que nous payons sans profit et sans compensation, aux douanes étrangères. Le jour de l'ouverture nous crierons avec un redoublement de satisfaction : Vive la France. F. Gassagnes.
Le Journal a. déjà appelé l'attenlion, l'année dernière, sur les macMnes à vapeur locomolDiles et les machines a battre introduites en France
par la maison Aultmann, de Canton, dans l'Ohio (Etats-Unis d'Amérique), en même temps que des faucheuses et des moissonneuses. Il est utile de revenir sur la description de ces machines, à la fois pour permettre aux agriculteurs de les apprécier à leur véritable valeur, et pour montrer sur quels points elles diffèrent du plus grand nombre de celles qui sont construites en France.
Voici d'abord la machine à vapeur locomobile (fig. 8), imaginée par l'ingénieur Miller. Elle est du type des machines verticales. Les appareils de transmission du mouvement sont fixés sur le côté de la chaudière et relient celle-ci à l'avant-train qui porte le siège du conduc-
Fig. 8. — Machine à vapeur locomobile de Aultmann.
teur. La fig. 9 montre la coupe verticale de la chaudière; il suffit de jeter un coup d'oeil sur la figure et sa légende pour en comprendre les dispositions. Au-dessus de la grille du foyer G, celui-ci se termine en dôme relié à la partie supérieure du générateur par deux tiges SB. La flamme monte par un des tuyaux F, dans la chambre -qui surmonte le générateur, et les produits de la combustion séchappent dans la cheminée, après avoir traversé un registre HD qu'on ouvre à volonté, suivant qu'on veut activer plus ou moins le tirage. L'eau WS entoure toute la partie supérieure du foyer, en même temps qu'elle s'élève dans le générateur aux trois quarts de la hauteur de celui ci; un tampon fusible SP, à la partie supérieure de la paroi du foyer, sert pour prévenir les explosions dans le cas où la chaudière serait insuffisamment alimentée. On voit en N l'ouverture du tuyau d'alimentation et en E celle du tuyau d'échappement de la vapeur. Les tuyaux de la machine, surtout ceux qui servent au passage de la flamme, sont d'une grande épaisseur; et ils sont fabriqués en fer d'excellente qualité et soudés à recouvrement.
Dans la machine, toutes les pièces qui travaillent, notamment
l'arbre moteur, la bielle, le piston et sa tig;e, sont en acier, de manière à présenter la plus grande résistance à l'usure. Toutes les pré-
mR
Fig. 9 . — Coupe verticale de la chaudière^
cautions ont été prises, dans la construction, afin d'éviter les chocs et les secousses qui sont si préjudiciables à la conservation des machines à vapeur. En même temps, les ors^anes ont été agencés avec la plus grande simplicité qu'il a été possible d'atteindre.
Le diamètre du cylindre, dans la machine de sept chevaux, est de 156 millimètres; la course du piston est de 182 millimètres. La hau-
teur de la chaudière est de 1™.74, et son diamètre de O^.Ql. La longueur des 60 tubes est de I'°.(i92. La surface totale de chauffe est de 1 1 mètres carrés 7053. Le poids de la machine est de 1,720 kilog. Son prix, à Paris, est de 4,950 fr. M. Aultmann construit aussi des machines plus puissantes, dont la force varie, suivant les modèles, de 9 à 1 8 chevaux-vapeur.
La plupart des agriculteurs savent que les batteuses américaines diffèrent notablement do celles construites en Europe. Les différences
principales consistent d'abord en ce que la plupart des machii^es, même les plus grandes, battent en bout; et ensuite en ce que le grain est séparé de la paille par une sorte de battage analogue à celui du fléau. La fig. 10 représente la batteuse Aultmann, destinée à être mue par une machine à vapeur, avec un élévateur de paille qui, dans le dessin, est replié. La gerbe entrant dans la machine, passe d'abord sur le cylindre-batteur dont la forme est donnée par la fig. 1 1 ; au lieu d'être muni de battes cannelées, il est à claire-voie et armé de
longues dents qui frappent les épis. Le contre-batteur consiste en une pièce concave également armé de dents A; quand il s'agit de battre le blé, cette pièce est munie d'une double rangée de dents (lig. 1 2) ; pour le battage du trètle, elle en a trois (fig. 13). Un levier qu'on voit sur la gauche de la fig. 1 1, permet de rapprocher ou d'éloigner cette pièce du cylindre; l'écartement minimum est de 7 centimètres. Après être
Fig. 11. — Cylindre batteur de la machine Aultmann.
passée sur le cylindre, la paille est entraînée sur un long tablier sans fin, où le grain en est séparé par un mouvement continu de va-et-vient. Delà, le grain est porté sur un second tablier formant crible, au-dessous duquel est disposé le ventilateur qui vanne d'une manière complète le grain, de quelque nature qu'il soit. Les grilles des tabliers sont très
Fig. 12. — Dents du contre-batteur pour battre le blé.
Fig. 13. — Forme des dents du contre-batteur pour battre le trèfle.
longues, de manière qu'il ne puisse s'échapper aucun grain de blé dans la menue paille.
La paille et les déchets sont amenés à un élévateur. Celui-ci est disposé de telle sorte que les personnes qui ne tiennent ni à la menue paille ni aux déchets peuvent les laisser partir sur la meule, sans qu'il y ait aucune autre issue pour les pailles courtes. Rien ne tombe sous la machine. Au contraire, si l'on veut séparer les menues pailles, il suffît d'ouvrir, dans le monte-paille, une portière qui est placée près du nettoyeur.
Le grain n'est pas cassé, dans la machine; après avoir été nettoyé.
il passe par un compteur qui le mesure avec exactitude. M. Jasselme, agriculteur à Villeneuve-Saint-Denis (Seine-et-Marne), qui a acheté une des premières batteuses introduites en France, affirme que son travail est très régulier et qu'elle livre le grain très bien nettoyé, sans le casser.
Le prix de la batteuse varie de 2,000 à 3,000 fr. sans élévateur, et de 2,275 à 3,325 avec l'élévateur de paille. L. de Sardriac.
COURRIER DU SUD-OUEST
Les travaux de la moisson, entamés depuis huit jours, poursuivent leurs mouvements, dans notre région, sous l'influence d'une bonne et chaude température.
La gerbe offre de grandes inégalités correspondantes à l'action des grands froids, qui ont gelé nombre de pieds à l'exposition du Nord, et à l'intensité des
Eluies et des brouillards qui ont touché à la floraison et provoqué l'avortement et i rouille des grains.
Comparée aux années précédentes, la récolte présente des éléments bien supérieurs en qualité et quantité. La zone du Sud-Ouest ayant bien moins souffert des intempéries et surtout du fléau des inondatioos, retrouve l'abondance et la rich sse dans la culture des céréales. Elle a sans doute éprouvé de graves déceptions dans le rendement des premières coupes de fourrages, et le prix des foins s'est ressenti de cette pénurie; mais la belle végétation des maïs et des prairies artificielles la dédommagera amplement de ces privations et relèvera l'élevage du bétail.
L'aspect des vignobles laisse apercevoir beaucoup trop de points noirs. L'inquiétude des viticulteurs n'a jamais été plus éveillée. — Une lutte sérieuse est engagée contre les agents de destruction avec les divers moyens préconisés pour arrêter la contagion.
L'essai des plants américains jouit d'une certaine vogue, d'une sorte d'engouement de nouveauté. D'après les observations des Comités d'étude et de vigilance, les greffes des cépages exotiques ont presque partout avorté en dehors des terrains sablonneux.
La formation de pépinières de plants résistant au phylloxéra est très encouragée par les Conseils départementaux. Des syndicats de propriétaires s'organisent sous les auspices du gouvernement et recherchent les meilleurs procédés de sauvetage.
Le procédé de M. Garros, propriétaire au château de Cantin, près Libourne, et dont le secret a été livré à la publicité, a donné de bons résultats.
Il se compose, comme vous le savez, de 700 kilog. de chaux vive ; 150 kilog. de sel marin dénaturé ; 10 kilog. de sulfate de cuivre mêlés ensemble.
Les viticuheurs du Sud-Ouest manipulent déjà le sulfate de cuivre (vitriol) dans la préparation de toutes leurs semences de blé. Ils ont confiance dans les propriétés de la formule Grarros et ils l'apphquent à raison de sa simplicité et de son économie. Jules Serret.
Il y a vingt-cinq ans, c'était en 1855, la ville antique de Carlisle toujours entourée de ses vieilles fortifications du moyen âge, lesquelles lui permetiaient de résister à ces terribles invasions des hommes du Nord, qui, sur toute la ligne des frontières northumbriennes, perpétuaient de générations en générations une guerre de clans et de race dont le pillage était presque toujours l'objet, la ville de Carlisle, dis-je, avait ouvert ses portes plus ou moins hospitalières aux membres de la Société royale d'agriculture de l'Angleterre, et aux nombreux visiteurs que ces assises déjà très célèbres y avaient attirés. Comme pendant la semaine qui vient de s'écouler, les travées éclatantes de blancheur, où s'abritent les machines les plus ingénieuses, et l'élite des troupeaux de la Grande-Bretagne, s'allongeaient en lignes serrées et
compactes sur la prairie que protègent de leur ombre et de leur intéressante vétusté les vieux remparts croulants et le vieux château fort encore solide et entier qui domine cette vaste plaine, en face des monts écossais qu'il semble toujours braver. Je n'oublierai jatnais cette grande solennité à laquelle j'assistais, car en jetant mes regards en arrière avec ce long souvenir d'un quart de siècle, je puis me faire une idée du chemin que la science de l'agriculture a parcouru en comparant l'exposition de 1880, avec celle qui, sur le même terrain, avait lieu sous les auspices de la même Société, bien que sous l'administration d'hommes en grande partie nouveaux, mais imbus du même esprit de progrès et suivant les mêmes règles, les tûêmes inspirations de haute sagesse, la même abnégation et le même dévouement.
Ce concours de la Société royale possède donc un intérêt tout particulier, en ce qu'il nous permet une comparaison de laquelle ressort un grand enseignement. A l'aide de cette comparaison nous pourrons mesurer le chemin parcouru depuis l'année 1855, et apprécier le progrès accompli.
En 1855 l'enceinte du concours couvrait bien moins de terrain que celle de 1880, ce qui démontre l'extension énorme que l'élevage du bétail et la fabrication des machines et instruments agricoles ont prise depuis 25 ans. Je me rappelle que c'est à ce premier concours de Carlisle, que parut la première exposition d'un engin de culture à vapeur. Il y avait même trois applications de la vapeur comme force riiotrice pour agir sur le sol; le système Firken avec ses poulies mues par des cordes en chanvre; le système Boy délie avec sa lourde piocheuse, machine informe, agissant directement sur la surface du sol avec des fourches bêchant la terre ; et puis la machine à drainer de Fowler. Tout cela était encore bien primitif et inefficace, au point que la Société royale ne crut point devoir décerner le prix qu'elle avait offert. Quelle différence avec les appareils exposés et expérimentés au concours de cette année, comme nous le verrons plus loin !
Il y avait aussi en 1855 un concours de moissonneuses, invention nouvelle alors, dont le public agricole commençait à se préoccuper. Parmi les concurrents, il y avait les frères Crosskill avec leur moissonneuse poussée par derrière par deux chevaux attelés à rebours. C'est la machine Mac Cormick fabriquée par la maison Burgess et Key qui obtint le premier prix. On se rappelle cette machine faisant très proprement l'andain avec un tablier muni de trois vis d'Archimède, sous forme de cylindres à diamètres inégaux auxquels la marche des roues imprimait un mouvement de rotation dans le sens horizontal, au moyen duquel 1 andain était mollement et régulièrement disposé sur le sol. Tout cela est bien loin de nous aujourd'hui, mais il n'en est pas moins vrai que cette machine fonctionnait admirablement.
Un grand nombre des exposants de 1855 se retrouvaient sur le même terrain en 1880. Mais quelle révolution de progrès s'est accomplie dans ce quart de siècle ! Les Fowler revenaient à Carlisle cette année avec leurs engins si perfectionnés; Firken lui-même reparaît avec un autre système. De nouveaux constructeurs ont surgi : voici les frères Hov^ard avec leur charrue et autres instruments à vapeur, admirablement simplifiés, et, chose étrange, voici une nouvelle piocheuse
rappelant un peu celle de 1855, mais infiniment supérieure comme on peut le deviner. Je reviendrai sur Je nouvel engin qui a fonctionné avec assez de perfection et d'efficacité pour mériter de la part de la Société royale une récompense exceptionnelle. D'ailleurs, les expériences faites avec tous ces engins ont donné lieu à des épreuves dynamométriques des plus intéressantes qu'il importe de signaler à nos lecteurs.
Au concours de 1 855, il n'y avait que peu de machines agricoles, en comparaison des autres concours de la Société royale ; cette année le même phénomène se produit, car il tient à la même cause. En effet Carlisle se trouve très éloigné des grands centres de la fabrication des machines et instruments agricoles, et les frais de transport sont assez considérables pour empêcher bon nombre d'exposants d'y expédier leurs produits; ceux qui exposent n'envoient que le strict nécessaire pour mettre en évidence les principaux produits de leur industrie spéciale. Cette circonstance a d'ailleurs un effet compensateur, car tout le monde a remarqué le caractère éminemment utile de l'exposition des machines au concours de Carlisle en 1855 et surtout en 1880. L'ensemble de l'exposition était strictement agricole, il y avait une absence presque totale de ces objets divers ne se rattachant à l'agriculture que par un tout petit côté ou même pas du tout, que Ton remarquait dans les autres concours.
Toutefois les grands fabricants de l'Angleterre n'ont point reculé devant les frais considérables qu'entraînent leurs expositions dans les concours de la Société royale et surtout lorsque le cycle de ces assises annuelles ramène l'exposition dans une localité aussi excentrique que le Cumberland, c'est-à-dire à la frontière même de l'Angleterre, sur le bord du cours d'eau qui la sépare de l'Ecosse. Ainsi, en entrant dans l'enceinte on remarque les splendides machines de Clayton et Shutlleworth, locomobiles et batteuses, lesquelles n'ont point de rivales au monde. Voici encore les frères Howard, de Bedford, avec la multitude d'instruments si simples, si utiles et si solides qui ont fait leur célébrité, — depuis leurs appareils de culture à vapeur, maintenant répandus dans le monde entier, — jusqu'à leurs charrues, extirpateurs, herses, etc., en passant par leurs moissonneuses et faucheuses, râteaux à cheval et faneuses. Voici encore la maison Burgess, autrefois Burgess et Key,avec leur nouvel appareil à lier les gerbes avec corde de chanvre, lequel appareil, étant mobile, s'attache aux moissonneuses ordinaires et s'en 'détache à volonté, ce qui fait de la moissonneuse Burgess une des meilleures et des plus complètes qui existent; — j'ai déjà remarqué qu'au concours de 1855, c'est cette maison qui gagna le 1" prix des moissonneuses. — Il faut la féliciter de n'être point restée en arrière.
Voici encore la maison Barford et Parkins, de Peterborough , àVec son nouveau système de culture à vapeur auquel la Société i-oyalte a donné une médaille d'argent, bien que cette année il n'y eût point de prix offerts pour cette catégorie de machines.
Parmi les grands exposants de machines, il ne faut point oublier les Ransome, Head et Sims, dont l'exposition est des plus complètes et des plus attrayantes.
À la suite on retrouve avec plaisir les frères Crosskill, avec leur célèbre rouleau et leurs élégants chariots agricoles, Samuelson avec
leurs célèbres moissonneuses et faucheuses, les Garrett, Hunt et Pawell, Hill et Smilli, et surtout la grande et illustre maison Fowler qui se maintient toujours à la tête de la fabrication des appareils de culture à vapeur. Tous ces noms sont familiers à Toreille des agriculteurs du monde entier, et ces maisons éminentes ne pouvaient manquer, malgré la distance, de venir rehausser l'éclat d'un concours organisé par une Société qui a tant contribué par les encouragements et les récompenses à l'établissement de leur célébrité.
Si, d'un côté, le concours de Garlisle était un peu faible par le nombre plutôt que par la qualité des machines et instruments exposés, il rachetait et bien au delà cette faiblesse relative par une des plus importantes expositions d'animaux qu'on ait encore vues. G était absolument la même chose en 1855. G'est que la ville de Garlisle est située dans un district où l'élevage est la principale industrie de l'agriculture. Tout près, se trouve l'Ecosse avec ses magnifiques races bovines et ovines. Attenant au comté de Gumberland, dont l'agriculture est principalement pastorale, sont les comtés de Northumberland, de Westmoreland, de Durham, de Yorkshire et de Lancashire dont l'agriculture possède le même caractère. G'est dans ces districts à vastes pâturages que fleurit surtout la race Durham, cette reine sans rivale de l'espèce bovine. G'est dans ces comtés septentrionaux de l'Angleterre que cette race a pris sa naissance et son développement. G'est là qu'elle règne absolument et exclusivement. G'est là que les éleveurs les plus éminents la cultivent avec cet enthousiasme qui fait le succès et avec ces soins intelligents et pratiques qui ont conservé à cette race toutes ses précieuses qualités rustiques et laitières, alliées à un grand développement, une merveilleuse précocité et un tempérament robuste et fécond.
Au concours de 1855, on avait déjà remarqué que l'exposition des animaux était la plus nombreuse qu'on eût encore vue, à l'exception du concours de Windsor, en 1 85 1 , oii le nombre des animaux exposés atteignit le chiffre de 988 têtes. A Garlisle, en 1855, on compta 808 têtes. A Birmingham, en 1876, les animaux étaient au nombre de 1,527; à Kilburn, l'année dernière, il y avait naturellement plus d'animaux, à cause du caractère international de celte exposition. Mais, on peut le dire, à l'exception du concours de Birmingham, en 1876, jamais on n'avait encore vu une si nombreuse collection d'animaux que celle de Garlisle en 1880, laquelle ne comptait pas moins de 1 ,526 têtes, dont 98 durhams.
Gette exposition de race Durham, ainsi que je le raconterai plus loin, était, d'après l'opinion unanime, honor et dccns du concours, comme du reste elle l'est de tous les concours, même de celui de Nevers oii, il ne faut pas l'oublier, les derrières cubiques ont victorieusement remporté la victoire sur les derrières sphériques, si chers au professeur fameux qui a fait la trouvaille merveilleuse des races d'Aquitaine et autres, qui enseigne que la vache durham, en général, a si peu de lait qu'elle ne peut nourrir son veau' !
Dans un prochain article je décrirai par le menu les faits saillants de ce magnifique concours de Garlisle, dont les résultats ont une portée des plus intéressantes à étudier et à constater.
Malheureusement, comme à Kilburn, l'année dernière, le temps a